V. Les Dix Vierges {Mditth., xxv
1. Le sujet de cette parabole est pris des cérémonies usitées chez les Juifs dans la célébration des noces, où la fiancée, escortée de ses compagnes, attendait, chez ses parents, que son fiancé vînt la quérir et emmener en sa demeure. Cet acte était celui qui donnait au mariage son existence officielle : ratum faciebat.
2. Jésus-Christ a manifesté l'intention de sa parabole dans la conclusion : « Viyilate. » Le temps de la nuit n'est point proposé arbitrairement, car c'est à ce moment que les Juifs célébraient leurs noces; mais c'est à dessein que Jésus-Christ a introduit un retard dans l'arrivée de l'époux : son but et la force de la conclusion morale le demandaient.
3. Le sens et l'application de la parabole conviennent principalement aux temps chrétiens. Jésus-Christ ne met plus en alternative la docilité à l'appel de Dieu ou la réprobation, car il présente les personnages tout dévoués à la cause de l'époux ; c'est la négligence des œuvres destinées à compléter la vocation et à en assurer le succès qui devient cause de répro-
EXPLICATION DOCTRINALE DE l'ÉVANGILE 231
balion. A la fin des temps, au moment que la sagesse divine connaît seule, il viendra chercher son Église en ce monde, où elle l'attend, et l'emmener en son palais éternel. Mais le bonheur de l'accompagner ne sera donné qu'aux âmes vigilantes qui se trouveront prêtes. Outre ce sens général, on peut faire application du discours à chaque âme chrétienne arrivée à l'heure de sa mort.
4, Ajoutons quelques notes explicatives, a) Decem virgines. Le nombre et la qualité des personnes sont conformes sans doute à ce qu'exigeaient les usages : mais ils indiquent aussi l'intégrité de la foi catholique et la soumission de l'esprit aux révélations divines. C'est le sens adopté par saint Augustin et saint Jérôme. — b) « Oleum secum... in vasis suis cum lampadibus. » Comme les lampes en usage étaient petites, une provision d'huile était nécessaire pour leur entretien. Dans ces lampes les Pères ont vu le symbole de la foi, et dans Vhuile celui de la charité et des bonnes œuvres qui entretiennent la vie de la foi. — c) « Exierunt obviàm sponso et sponsx. » Les mots et sponsœ ne sont pas dans la plupart des manuscrits grecs. C'est à la rencontre du fiancé seulement qu'il fallait aller, et les dix vierges s'y disposèrent en quittant leurs demeures pour se rendre chez la fiancée. — c?) « Dormitaverunt et dormierunt. » On ne saurait dire avec précision ce que signifie ce sommeil : image de la mort, selon les uns; figure des fautes vénielles, selon d'autres ; peut-être un simple indice de la sécurité où sont les dix vierges qui pensent n'avoir plus de préparatifs à faire. — e) « Ne forte non sufficiat nobis et vobis, ite potiiis ad vendentes, » La dureté des vierges sages qui refusèrent de partager leur provision d'huile est nécessitée par le but de la parabole, Jésus-Christ voulant montrer où conduit la négligence des œuvres. Elle insinue en outre une vérité importante : c'est que les mérites, comme les œuvres, sont un bien personnel et qu'ils ne peuvent être transférés d'une
232 COURS d'écriture sainte
personne à une autre. La communication des biens spirituels se fait par voie de suffrage.
VI. Les Talents (Matth., xxv, 14-30), les Dix Mines (Luc, XIX, 11-27).
1. Ces deux paraboles se ressemblent par le sujet et le fond des idées, mais diffèrent notablement dans les détails, a) Dans l'une, c'est un homme riche qui, partant pour un lointain voyage, confie à des serviteurs la gestion de sa fortune, et leur distribue ses biens en proportion' de leur habileté. Dans l'autre, c'est un prince qui s'en va recevoir l'investiture d'un royaume échu en héritage ^ Avant de partir, il remet aussi à des serviteurs le soin de ses affaires, mais il donne à chacun la même quantité d'argent.
b) La même différence existe dans la gestion des bons serviteurs. Ceux qui ont reçu les talents se contentent de doubler la somme, et leur maître promet seulement une belle récompense, sans la spécifier ; ceux qui ont les mines multiplient beaucoup plus leurs bénéfices, et la récompense leur est donnée égale à la somme des intérêts acquis. Seuls les serviteurs négligents se ressemblent.
c) Enfin saint Luc ajoute un détail significatif. Les habitants du nouveau royaume ont refusé de se soumettre au jeune prince, et par là se sont attiré un châtiment exemplaire. Cette circonstance indique le but particulier de la parabole des mines : Jésus-Christ avait en vue le peuple juif, où il avait prêché avant de remonter au ciel pour y exercer sa puissance. Un grand nombre refusèrent de le reconnaître, mais leur rébellion n'empêcha point le succès de l'entreprise, et ne causa que leur perte. Quant aux serviteurs, ce sont les mêmes Juifs à qui la mission était confiée de préparer l'œuvre du Messie et de la rendre prospère. Quelques-uns agirent en conscience et se distinguèrent
1 CeUe circonstance est expliquée par l'obligation où étaient les princes de l'empire romain d'aller à Rome soUiciter auprès de Césur la possession de leurs royaumes.
EXPLICATION DOCTRINALE DE l'ÉVANGILE 233
par leur ferveur, ce qui leur valut une place élevée dans le royaume de Jésus-Christ; mais le peuple, en masse, négligea son devoir et Jésus-Christ le réprouva.
2. A part ces différences, les deux paraboles s'expliquent par les mêmes idées : a) obligation étroite de faire bon usage des dons de Dieu, dans l'ordre natuturel et dans l'ordre surnaturel. Cette obligation est mesurée par la capacité de chaque individu, et la fidélité à s'en acquitter est une condition de la dernière grâce.
b) Sévérité du compte que Dieu demandera à tous ses serviteurs sans distinction. Il les examinera et les jugera selon leurs œuvres et leurs mérites, et la négligence du travail sera, elle seule, une cause de punition.
c) Dans le ciel, Dieu augmentera la félicité de ses fidèles serviteurs en leur donnant la jouissance du bonheur préparé aux réprouvés,
YII. — Nous terminons ces explications par celle d'une sentence dont il importe de connaître le vrai sens. C'est la maxime : Multi sunt vocati, pauci verô electi.
On la trouve dans saint Matthieu en deux endroits.
Le premier est à la fin de la parabole des ouvriers envoyés à la vigne. Notre-Seigneur conclut ainsi : « Sic erunt novissimi primi et primi novissimi : multi « em'm sunt vocati, pauci verà electi (Matth., xx, 16). » On ne voit pas bien d'abord la liaison de ces paroles avec le sens de la parabole, dont on est porté à les regarder comme le résumé. Elles semblent même le contredire, puisque tous les ouvriers, et non pas un petit nombre, ont été récompensés. Mais ces paroles ne sont là que pour expliquer celles qui précèdent : « Sic erunt novissimi primi, et primi novissimi. » Tous ceux qui avaient répondu à l'appel du père de famille et travaillé à la vigne n'avaient pas tous reçu une
Cfr Cornel. à Lap. in h. l.
égale récompense, parce qu'ils n'avaient pas travaillé, sans doute, avec une égale ardeur. uSic eruntnovissimi « prwii, dit Notre-Seigneur, et primi novissimi. » Et cela, ajouta-t-il, par la raison qui fait que, bien que tous soient appelés, un petit nombre cependant seront sauvés, parce qu'il n'y en aura qu'un petit nombre à répondre à l'appel de Dieu. « Sicut hoc condgit, dit saint « Jean Cbrysostome % sic et illud continget. »
Le second endroit où l'on trouve cette parole est le festin des noces (Matth., xxn, 14). L'application n'en paraît pas plus exacte : de tous ceux qui étaient entrés dans la salle du festin, il ne s'en trouva en effet qu'un seul qui ne fût pas revêtu de la robe nuptiale. Mais cette maxime se rapporte peut-être seulement à la première partie de la parabole : beaucoup avaient été invités, très peu étaient venus. — Il faut remarquer aussi que dans cette maxime le mot élus [electi) est entendu de différentes manières. Il n'est pas certain qu'il veuille dire ici sauvés. Le P. Berruyer a même été condamné pour avoir soutenu qu'on ne pouvait l'entendre autrement.
Quant à la question du petit nombre des élus, elle appartient à la théologie. Nous dirons toutefois que dans les circonstances où Jésus-Christ en a parlé, son discours paraît avoir eu pour objet premier le peuple juif en masse.
Cfr Bourdaloue, Pensées, le Salut, n" 10; Bossuet, Méditât, sur TÉvang., xxxiv® jour.
N° IV
Discours de Jésus-Christ sur la ruine de Jérusalem et la un du monde. (Matth., xxiv, xxv ; Marc, xiii; Luc., xxi, 5-38).
I. — Ce discours peut être divisé en trois parties : 1. L'annonce ou les signes avant-coureurs de la fin du monde, de la ruine du temple, et du second avènement de Jésus-Christ (xxiv, l-3o), conformément à la
1 Homil. 64, al. 65, n» 4.
EXPLICATION DOCTRINALE DE l'ÉVANGILE 235
triple question que les Apôtres lui avaient adressée : « Dicentes : die nobis quando hœc erunt, et quod signum « adventûs tui et consumma/ionis saeculi *. » — 2. La nécessité d'être toujours prêt et de toujours veiller, puisqu'on ignore l'époque précise oii arriveront ces événements (Matlh,, xxiv, 36 ; xxv, 1-30). — 3. La peinture du jugement dernier (Matth., xxv, 31-46).
II. — Plusieurs endroits demandent des explications particulières.
\° a Et respondens Jésus dixit... (Matth., xxiv, 4). » La réponse est comme la demande : «( Respondit Chris- (( tus confuse, dit Maldonat ^, sicut confuse Apostoli intérim rogaverant. » Ils lui demandaient trois choses ; et il répond à toutes les trois en même temps. C'est au lecteur intelligent à distinguer ce qui, dans laréponse du Sauveur, se rapporte à chacune des questions qu'on lui avait adressées. « Qui legit, intelligat, » dit saint Marc (xiii, 14). Jésus-Christ étant Dieu, il convenait à sa divinité de prédire, à sa miséricorde d'avertir et d'indiquer certains signes ; mais il convenait à sa sagesse de laisser ignorer l'heure et la proximité de l'heure, afin que les hommes, l'attendant toujours, se tinssent toujours prêts ^
Il est cependant probable que Notre-Seigneur a interverti l'ordre des questions (v. 3) et satisfait d'abord à la troisième (Matth., xxiv, 4-14), puis à la première (y. 15-22), et enfin à la seconde (^ 23-3o). Cette division est celle du P. Patrizi, et on peut la suivre.
2° « Et prœdicabitur hoc Evangelium regni in uni- « verso orbe, in testimonium omnibus gentibus : et tune « veniet consummatio (Matth., xxiv, 14). n C'est-à-dire: El l'Évangile sera prêché dans tout l'univers, àla honte et à la condamnation de tous les Gentils qui ne le recevront pas : « in testimonium omnibus gentibus. » Alors viendra la fin du monde : « et tune veniet consummatio, »
' Cfr le P. Patrizi, Comm. in Marc, xiii.
2 Comm. in Matth., hoc loc.
' Cfr Louis Veuillot, Vie de N.-S. J.-C, p. 368.
236 COURS d'écriture sainte
au sujet de laquelle on venait de l'interroger : « Quod « signum consummationis sœculi{'ji. 3)? »
3° Parmi les signes avant-coureurs de la ruine du Temple, Jésus-Christ m^i T abomination de la désolation dans le lieu saint : « Cùm videritis abominationem deso- (( lationis, qux dicta est à. Daniele prophète, stantem in « loco sancto (Matth., xxrv, 15). » Ce qui, dit Corneille Lapierre \ doit s'entendre de la présence des armées romaines sous les murs de Jérusalem et des profanations exercées dans le temple, à la même époque, par une faction de Juifs qui s'intitulaient les Vengeurs de la loi et de la liberté. Bossuet - entend aussi ces paroles de la présence des troupes romaines dans la Judée et dans le voisinage de Jérusalem ; mais il les explique d'une manière différente : il rappelle que, selon le langage de l'Écriture, Vabomination signifie des idoles. « L abomination de la désolation, dit-il, ce sont donc « des idoles désolantes, tant à cause de l'affliction « qu'elles causent par leur seul aspect au peuple de « Dieu, qu'à cause de la dernière désolation dont elles « lui étaient un présage. Or on sait que les armées ro- « maines portaient dans leurs étendards les idoles de « leurs dieux, celles de leurs empereurs ; l'aigle ro- « maine était consacrée avec des cérémonies qui la « faisaient adorer elle-même. Ainsi, investir Jérusa- « lem d'une armée romaine et en porter les étendards « aux environs de cette ville, c'était mettre des idoles « dans le lieu saint ; aux environs de Jérusalem, qui « était la ville sainte ; auprès du Temple, qui était « appelé par excellence le lieu saint; dans la Judée, « dont la terre était consacrée à Dieu, sanctifiée par « tant de miracles et pour cela appelée la Terre « sainte. »
4° «... Et Jérusalem calcabitur à gentibus , donec « impleantur lempora nationnm (Luc, xxi, 24). » Que
* Comm. in Matth., hoc toc.
î Médit, sur l'Evang., Lxx'jour, p. 326.
EXPLICATION DOCTRINALE DE l'ÉVANGILE 237
faut-il entendre par ces paroles : « Donec impleantur temporanationum? )) C'est-à-dire, suivant Corneille Lapierre S jusqu'à ce que les Gentils soient entrés dans l'Église de Jésus-Christ : car alors tous les Juifs se convertiront, ce qui aura lieu à la fin du monde. Jérusalem resterajusque-là dans la désolation ; elle tombera en la puissance des païens, puis des chrétiens, puis enfin des Sarrasins, a iJti jam est idque ad finem « 7)iundi, quàndù Antickristus, Rex et Messias Judœoimm, « Hierosolymx sedem regni sui constituet, ut patet- Apoc, « XI, 8 ; tumque Elias et Henoch, Antichristo resistentes, « multos Judœorum ad Christum convertent : occiso verà « Antichristo, Judœi omnes per asseclas Eliœ et Henoch « ad Christum traducentur, publicèque Christum Hïero- « solymœ colent, ut satïs coUigitur ex Apocalypsi, xx, 8. » — Mais si, comme on semble le supposer dans cette explication, la conversion de tous les Gentils doit précéder le retour des Juifs à Dieu, comment ce retour est-il présenté ailleurs comme devant être l'occasion et le moyen de la conversion du monde entier (Rom., XI, 11-15)? Il faut donc chercher une autre explication de ces paroles : « donec impleantur tempora nationum. » Depuis que les Juifs ont été réprouvés, leur temps, leur règne, pour ainsi dire, est passé ; c'est le temps ou le règne des Gentils. Mais ce temps cessera lui-même {implebuntur tempora), quand les Juifs, revenus sincèrement à Dieu, seront entre ses mains l'instrument principal de la conversion du monde entier. Alors Jérusalem ne sera plus dans la désolation, elle séchera ses larmes et se relèvera de ses ruines plus belle que jamais.
5° « Statim autem post tribulationem dierum illorum « sol obscur abitur,... et stelke cadent de cœlo, et virtutes « cœloi'um commocebuntur {^isiiih., xxiv,29). »
« Stellœ cadent de cœlo. » Comment les étoiles pourront-elles tomber? Cette question a toujours embar-
> Comm. in Mullh. xxi\, 21.
238 COURS d'écriture sainte
rassé les commentateurs '. Maldonat 2, ne pouvant donner une solution qui lui parût satisfaisante, s'en tenait néanmoins très sagement à la parole de Notre- Seigneur : « Après tout, disait-il, mieux vaut croire à (( Jésus-Christ qui l'affirme, qu'à Aristote qui le nie. « Je crois, pour moi, que cela est possible. » Une explication scientifique de ce texte n'est pas d'ailleurs nécessaire, Notre-Seigneur ayant voulu simplement faire comprendre à ses Apôtres que le jugement dernier , à la fin des temps, serait précédé de grands bouleversements dans l'ordre de la nature et dans le cours des astres.
Observons toutefois trois choses : a) l'exemple est pris du phénomène connu sous \& nom à.' étoiles filantes, lesquelles paraissent tomber, quoiqu'en réalité elles ne tombent pas toujours. Saint Augustin a pensé que Jésus-Christ annonce ici une pluie effroyable de ces astéroïdes enflammés.
b) Le moistella n'a pas dans le latin le sens précis que les savants lui attribuent, et signifiait chez les anciens tout phénomène lumineux qui paraissait dans le ciel.
c) Les astronomes ont constaté qu'il y a dans les profondeurs célestes des nébuleuses en spirale, c'est-àdire des amas d'étoiles dont les mouvements sont uniformément dirigés vers un centre commun, ce qui constitue une véritable chute ^.
« Et virtutes cœlorum commovebuntur . » C'est-àdire que toutes les forces créées, soit physiques, soit spirituelles, et en particulier les forces sidérales, seront troublées, et qu'elles passeront par une espèce d'évanouissement pour être ensuite transformées et glorifiées.
6*> « Non prœteribit generatio hœc, donec omnia hœc fiant (Matth., xxiv, 34). » — « Generatio hœc, » c'est-
1 Cfr Corneille Lapierre, hoc loc.
2 Comm. in Matth.
3 Cfr Gratry, Crise de la foi, lr= confér., p. 49-53; Comm. sur CEv., t. II, p. 125.
EXPLICATION DOCTRINALE DE l'ÉVANGILE 239
à-dire le monde, appelé ailleurs creatuïm : « qui totus. creatus, dit Maldonnat ', (otus genitus. » Tel est, probablement, le sens de cette expression, entendue en effet par saint Jérôme - du genre humain tout entier, et par saint Jean Chrysostome de la génération des saints qui doivent exister jusqu'à la fln du monde. Saint Jérôme ajoute que cette expression pourrait aussi s'entendre des Juifs. Elle impliquerait, par conséquent, la perpétuité de ce peuple jusqu'à la fm du monde et renfermerait une véritable prophétie.
7° — « De die autem illâ... nemo scit, neque angeli « cœlorum, nisi solus Pater ( Matth., xxiv, 36). » Saint Marc excepte même le Fils : « neque Filins, nisi Pater (xiii, 32). » Notre-Seigneur ignorait-il donc le jour du jugement?
Pép. — Non. Il a dit qu'il ne ne le connaissait pas, comme il a dit ailleurs : « Sedere autem ad dexteram et « sinistram, non est meumdare vobis, sed quitus paratum « est à Pâtre rneo. » Il connaît ce jour comme Dieu et comme homme ; mais, comme homme, il ne lui appartient pas de le révéler, il n'a pas mission pour cela. C'est un secret dont son Père s'est réservé la manifestation. Interrogez un ambassadeur, même sur ce qu'il sait parfaitement; s'il n'a pas mission de le dire, il pourra répondre : « Je n'en sais rien. » Ce qui veut dire : 11 n'entre pas dans mes instructions de vous faire connaître ces choses. Bossuet ^explique merveilleusement cette parole de Jésus-Christ.
1 Cnmm. in Malth., hoc loc.
2 Comm. in Matih., xxiv, 34.
3 Méditât, sur rÉvang., I" partie, Lxxvi'jour.
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