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INTRODUCTION AU LIVRE DES ACTES

la seconde partie de l'Évangile de saint Luc et il est aussi dédié à Théophile (Act., i, 1). « Le troisième « Évangile et les Actes^ dit M. Renan ', forment un « ouvrage très bien rédigé..., écrit d'une même main « et d'après un plan suivi. » Il est hors de doute, selon lui, que l'auteur du troisième Évangile &\. ùq?, Actes est saint Luc. Telle est d'ailleurs la tradition constante et universelle dé l'Église. Les Pères des premiers siècles ont fait à ce livre de fréquentes allusions, et les Pères des âges suivants l'ont attribué expressément à saint Luc ^ Son authencité est donc absolument certaine; et M. Guizot ^ a pu dire avec vérité que les temps anciens nous ont laissé peu d'ouvrages dont l'authenticité soit aussi bien constatée.

On n'a jamais douté non plus dans l'Église de son autorité; et si elle a été méconnue par quelques anciens hérétiques, les Ébionites, les Marcionites et les Manichéens, c'estparce qu'elle était incompatible avec leurs systèmes *.

III. Epoque de sa composition. — Suivant le sentiment de saint Jérôme ^ qui est aussi le plus commun *, saint Luc a composé ce nouvel ouvrage à Rome-, oîi il venait d'arriver avec saint Paul, o Ainsi s'expliquent la fraî- « cheur et la vivacité d'impressions qu'on remarque « dans le récit des derniers événements : la scène de « Césarée, la description du voyage par mer, la ren- « contre des fidèles romains sur la.voie Appienne, la « conférence de Paul avec les Juifs après son ar- « rivée "^ . » La manière brusque et laconique dont l'au-

1 Renan, les Apôires, p. x et xviii.

2 Cfr Beelen, loc.cit., prolegom., § 2, p. i-vin; M. Crampon, l'ie. cit., mlrod., p. 3-21 ; de Valroger, t. II, p. 146 ; l'abbé Gill.y, /oc. cit., 248.

3 Hist. de la décad. de l'empire romain. Il est cité par M. Nicolas, Etud, philoscph., t. IV, p. 110.

4 Cfr de Valroger, loc. cit., p. 148.

■^ De Script, ecclesiast., VII.

•^ Cfr le P. Mertian, Éludes relit), des PP. Jésuites, août 1864. ' L'abbé Crantipon, loc. cit., intr.d., p. 25.

teur termine son récit (Act., xxviii, 30, 31) prouve de plus que ce livre a été composé non seulement avant le martyre, mais même avant la mise en liberté de saint Paul : autrement on ne s'expliquerait pas comment, après avoir annoncé la captivité de son maître, saint Luc n'aurait rien dit de sa délivrance '.

IV. But de rautPAir. — Saint Luc semble avoir eu pour but, dans la rédaction des Actes comme dans la composition de son Évangile, de confirmer les chrétiens dans la vraie foi par l'exposition, sinon complète, au moins exacte des faits. En effet, il a plutôt esquissé que raconté la vie de saint Pierre pendant le séjour de cet Apôtre en Palestine, et celle de saint Paul. Il paraît s'être appliqué surtout à faire ressortir la marche progressive de l'Évangile, soit qu'il le montre s'élevant au-dessus du mosaïsme et se dégageant de la loi ancienne, soit qu'il décrive sa propagation en Judée, dans la Samarie et la Galilée, puis enfin dans le monde entier.

On a prêté à l'historien sacré diverses autres intentions : on a cru, en particulier, qu'il avait voulu mettre en relief l'autorité apostolique de saint Paul ou le caractère d'universalité du Christianisme. Mais ce ne sont là que desimpies hypothèses qui ne reposent sur rien et rétrécissent arbitrairement le but de saint Luc -.

V. Sa véracité. — Aucun historien n'a été mieux placé que saint Luc pour connaître exactement les choses dont il parle. Il y en a, en effet, une grande partie, environ un tiers, dont il a été lui-même témoin, et il a pu apprendre le reste, soit de saint Paul, qu'il a accompagné pendant plus de dix ans (32-63), soit d'autres témoins oculaires, par exemple, de saint Pierre,

1 Cfr de Valroger, t. II, p. 157. Cette phrase est à ses yeux une sorte de post-scriptum ajouté par saint Luc deux ans après son arrivée à Rome et quand il allait repartir pour l'Orient, avant que le sort de saint Paul eût encore été décidé.

2 Cfr de Valroger, loc. cit., p. i50 et 155; l'abbé Crampon, p. 26 et suiv.

de saint Jacques ou de saint Barnabe, qu'il avait rencontrés quelquefois dans ses voyages. Il existait aussi déjà sans doute des écrits dignes de foi sur des points spéciaux, ou des documents officiels, qu'il a pu consulter: par exemple, le discours de saint Etienne (Act., VIT, 2-53), ceux de saint Pierre et de saint Paul, la lettre du chapitre xv,-23-29, et celle du chapitre xxiii, 26-30 *.

VI. Division des Actes. — Ce livre embrasse une période d'environ trente-quatre ans (29-63), et peut se diviser en deux parties :

La première (i-xii) est l'exposé succinct des premiers travaux des Apôtres, et en particulier de saint Pierre, principalement en Judée.

La. deuxième partie (xiii-xxviii) est consacrée presque exclusivement à saint Paul : elle raconte ses différentes missions, les persécutions dont il est l'objet de la part des Juifs, son emprisonnement à Jérusalem et son voyage à Rome, où il reste deux ans captif.

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