ÉTUDE DOCTRINALE DES ACTES
1res qui en ont été témoins, et des Prophètes qui l'avaient prédite (Act., xiii, lG-41 ; xvii, 2, 3 ; xvii, 22- 31 ; XXV, 19; xxvi, 1-32; xxviii, 31).
Saint Jean Chrysostome a donc pu dire avec vérité que ce livre est surtout une démonslrationde la résurrection de Jésus-Christ, qui, dit-il, une fois crue, entraîne tout le reste : « H'tc quippè liber in primis est (( resurrectionis demonstratio, quâ crédita, cœtera facile « succedimt K » Et c'est pour cela, remarquent les Pères ^, qu'on a coutume de le lire dans l'église après la céléhration des mystères de la mort et de la résurrection du Sauveur.
On trouve dans ce livre un grand nombre d'autres vérités très importantes, telles que : le dogme fondamental de la création du monde (Act,, xvii, 24, '25);
— celui de l'unité humaine, de la providence, de l'immensité de Dieu et de la fin de l'homme {f. 2G-29) ;
— la divinité du Saint-Esprit (Act., v, 3-5) ; l'existence des bons et des mauvais anges (Act., i, 10; xix, 13), des anges gardiens (Act., xii, 15) et des démons ; la primauté de saint Pierre (Act., i, 15 ; ii, 14 ; xv, 7-12);
— et tous les caractères essentiels de l'Eglise : son unité, sa catholicité, son indépendance et son autorité doctrinale et législative. — 11 n'y a pas jusqu'à son culte extérieur et aux cérémonies de la sainte messe dont on ne retrouve çà et là les traces visibles (Act., II, 42-47; XX, 8).
2° L'^çons de morale. — Il n'y a rien de plus propre à allumer dans les cœurs l'amour de Dieu et de la vertu que la lecture de ce livre : « Quoique sainte « Jeanne de Chantai lût avec le respect le plus profond «■ tous les livres de la sainte Ecriture, dit son histo- « rien ^ nul ne lui plaisait comme le livre des Actes des « Apôtres. Ces [ .iges héroïques, où éclatent à chaque « instant la foi de saint Pierre, l'ardeur de saint Paul,
1 Comm. in Act. Apost., homil. i, n. 2.
- S. August., in Joan., tract. VI, c. xviii, Op., III. col. 1747,
^ M. l'abbé Bougaud, Vie de sainte Chantai, t. II, p. 428.
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« et qui sont toutes pleines des triomphes de l'Eglise « naissante, enflammaient sa grande âme. Elle en par- « lait avec enthousiasme. Quand elle avait fini sa lec- « ture, elle disait en baisant le livre : Credo et confiteo7\ « je crois de cœur et je confesse de bouche, avec une « énergie qui ravissait tous ceux qui la voyaient, w
Le P. Lacordaire a écrit* de son côté : « Les Actes « des Apôtres m'émeuvent plus que l'Evangile. En « celui-ci tout est trop divin, si l'on peut parler de la « sorte; en ceux-là l'homme paraît, mais en quel mort ment et sous quel souffle!... Les voilà seuls en face « de l'univers, qui ne croit rien de ce qu'ils croient, (( qui n'en sait même rien encore, et qu'ils doivent « convertir à leur foi du pied de la croix qui a vu périr « leur Maître. Y eut-il jamais pour des hommes un « pareil moment? Et quels hommes? Des artisans, « des pêcheurs... Toutes les origines et toute l'élo- « quence du Christianisme sont dans ces courtes <( pages où saint Paul, qui n'avait pas vu le Christ et « qui le persécutait, se lève à côté de saint Pierre, (( désormais inséparable de lui, moins grand par l'au- « torilé, plus éclatant par la parole, égaux tous les « deux en trois choses, leur amour, leur supplice, « leur tombeau. »
Les scènes les plus belles, les plus instructives et les plus touchantes remplissent ce livre et se succèdent presque sans interruption. En effet, qu'y voyonsnous? L'accomplissement des promesses du Sauveur; la descente du Saint-Esprit ; l'Eglise, encore à son berceau, commençant contre le monde cette lutte acharnée qui se continuera jusqu'à la fin des siècles, et préludant, par de premières victoires, aux triomphes éclatants qui devaient lui assurer la conquête de l'univers ; les Apôtres, naguère faibles, timides, lâches même, devenus tout à coup des héros, grandissant au milieu des persécutions, faisant trembler la Synagogue
^Deuxième lettre à. un jeune homme, p. 81.