‹ Cours élémentaire d'Écriture SainteChapitre 82 sur 89 · III · texte numérisé non relu

III

Marie. L'Église et les interprètes qui ont ainsi entendu ce symbole ont divisé les applications : celle ,de la gloire à la Conception immaculée, et celle des douleurs à la Compassion mystérieuse. — b) Mais le sens vrai, proposé par la tradition des Pères, est que cette femme symbolisait l'Église illuminée par la gloire de Jésus-Christ et reine du monde. — c) Les douleurs indiquent peut-être, et d'une manière générale, ce que l'Église souffre dans la suite des âges pour la conservation et la propagation de la foi catholique. Sa fécondité spirituelle est accrue par les persécutions mêmes qui s'efforcent de la perdre. — d) Dans le symbole de l'enfant mis au monde de sérieux exégètes ont vu particulièrement le peuple juif, dont la conversion occasionnera une recrudescence de persécutions contre l'Église, persécutions qui s'étendront aux fidèles des autres nations. Cette explication paraît assez vraisemblable et liée avec l'ensemble de la vision ^

'2.° Le dragon. — a) Il porte trois sortes d'attributs: sept têtes, dix cornes et sept diadèmes. Nous en expliquerons le symbolisme à propos de la bête, en qui nous les retrouverons. — b) Le combat de saint Michel contre le dragon est une allusion à la révolte de Satan, mais non la description de ce fait. Saint Jean voit un événement futur, une tentative désespérée de Satan pour s'arroger les honneurs divins et obtenir une domination souveraine sur l'univers. Nous savons par les Écritures que Dieu laisse au démon certaine liberté de circuler dans les airs, d'agir sur les éléments, et même de se présenter devant son trône (cfr Job, i ; Is., xiv). La tentative vue par saint Jean aura pour cause un accès de fureur diabolique, excité par la conversion des Juifs. Le diable s'efforcera de l'empêcher ; mais, n'y pouvant réussir, il n'en persécutera les fidèles qu'avec plus de violence. Ce sens s'accorde mieux que tout autre avec le contexte, principalement avec les versets 10-12.

1 Gfr Drach, m h. l.

3" La fuite de la femyne. — a) Cette action symbolique est certainement le signe d'une protection singulière de Dieu, qui conservera son Église au milieu de la plus cruelle tribulation. — h) Peut-on dire que cette Église disparaîtra momentanément, comme au temps de Dioctétien, où cet empereur se flatta d'avoir exterminé le nom chrétien? Nous ne saurions l'affirmer, puisque l'Église ne cessera jamais d'être catholique, ni d'avoir une organisation sociale, extérieure et visible. Toutefois il pourra se faire que son chef, en qui elle se personnifie, soit réduit à l'impuissance de gouverner, exilé, sans communication avec le corps, et c'est ce que la vision actuelle prophétiserait.

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