‹ Cours élémentaire d'Écriture SainteChapitre 83 sur 89 · Scène deuxième : la Bête (xiii · texte numérisé non relu

Scène deuxième : la Bête (xiii

I. Exposition. — 1°. Sous l'influence du dragon, une bête horrible monte de la mer; elle porte sept tètes, dix cornes et dix diadèmes, avec des noms de blasphème. Le dragon lui donne sa puissance ; elle profère des paroles et opère des choses prodigieuses qui lui gagnent des adorateurs ; elle persécute les saints et assujettit les hommes à son empire (1-10).

2° Une autre bête monte de la terre. Elle n'a que deux cornes, comme celles d'un agneau, mais une puissance également prodigieuse, qu'elle emploie, à séduire les hommes, à propager le culte de la première bête, à faire adorer même les images de celle-ci.

3° Le dernier trait de ce tableau est que tous ceux qui ne portent pas le caractère de la bête sont mis à mort, que nul ne peut trafiquer s'il ne l'a pas inscrit au front ou dans la main. Et ce caractère mystérieux est le nombre six cent soixante-six.

IL Ex [Ai cations. — 1° La première bète. Le symbolisme des têtes, des cornes et des diadèmes sera expliqué au chapitre xvii. Nous ferons seulement trois observations : a) dans la tradition des Pères cette bête est l'Antéchrist, un homme probablement, plutôt qu'une cité ou un empire, l'homnae de péché, devenu

49G COURS d'écriture sainte

maître du monde. Plusieurs, il est vrai, ont appliqué CG symbole à quelques empereurs romains célèbres par leurs cruautés, tels que Néron, Dioclétien, etc.; mais cette application, quoique juste à certains égards, est incomplète, et d'ailleurs ces princes furent eux-mêmes (les figures de l'Antéchrist, conformément à ces paroles de saint Jean : « Nunc Antichristi multi facti sunt (1 Joan., II, 18; iv, 3). Cet ennemi de Dieu devait avoir des précurseurs dans les chefs de Rome idolâtre, dont il rétablira la religion impie. — b) Les noms de blasphème que porte la bête et ceux qu'elle profère sont f^xpliqués par l'Écriture, où nous voyons le titre de l.la^phémaleur attribué à quiconque usurpe le nom et l(îs honneurs divins (cfr Marc, n, 7; Joan., x, 33). ) /Antéchrist aura donc l'audace de se proclamer Dieu et, d'exiger les adorations des hommes. — c) Il est ;issez difficile de dire ce que symbolise la tête frappée à r/îort et guérie soudainement, au point d'exciter r.idmiration universelle. Cela concerne peut-être l'un des sept rois qui aideront aux entreprises de l'Antéciirist, et signifie une défaite partielle et momentanée de la puissance impie. En tout cas, ce sera une des merveilles séductrices opposées par la bête.

2° La seconde bête. Cette bête subsistera en même temps que la première, dont elle sera le prophète, ainsi que saint Jean Tinsinue plus loin (xix, 20). Ses cornes d'agneau indiquent peut-être une domination incomplète et une puissance qui s'exercera par la séduction, les artifices, la magie plutôt que par la force violente.

3° Le caractère de la bête. — a) Saint Jean déclare que c'est une chose mystérieuse, et en effet la sagacité humaine s'est vainement exercée à la découvrir. Le sens est que les lettres dont se composera le nom de la bête, additionnées selon la valeur numérale que l'usage leur attribue, donneront le nombre six cent soixante-six. — b) Déjà dans les temps anciens plusieurs interprétations ont été proprosées , plus ou

moins ingénieuses. Quelques-unes sont remarquables, mais on ne saurait dire si elles sont exactes, autrement qu'en considérant les personnages comme précurseurs et figures de l'Antéchrist. Voici les principales : A«Tctvoj ou TetTKv proposé par Irénée ; à7roo-TaT>3?, surnom de l'empereur Julien ; DIoCLes aVgVstVs adopté par Bossuet.

Page 1