Roth, Feudalilul, p
LES ORIGINES
par leurs conseils et leurs actes*; le roi devait seulement ne les employer qu*à des actes compatibles avec leur qualité et leur capacité. On s'est demandé souvent, en particulier, si leur oblig-ation de vassal comprenait le service militaire. La ques< tion me paraît mal po«ée : tous les hommes libres devaient c€ service (sauf les atténuations apportées par Ja législation de Charlemagne en faveur des plus pauvres) ; il n'y avait donc pas besoin d'une obligation particulière pour que les vassi regales en fussent tenus. Mais, d'aulre part, ils devaient être les premiers à prendre les armes pour être fidèles à leur serment, et conduire avec eux leurs hommes, comme on le verra bientôt; aussi sont-ils souvent visés en première ligne pour ce service. Il pouvait se faire, au contraire, que, servant le roi dans quelque autre emploi, ils fussent dispensés par cela même de se rendre à Tarmée*. En retour de leurs obligations, les vassi obtenaient la protection spéciale du roi; mais on ne peut affirmer qu'ils eussent droit au Ivijïle wer g eld des antrustions*, ni qu'ils fussent en droit soustraits à la juridiction des comtes, bien que leurs procès fussent en fait portés au tribunal du roi. IjQs vassi dominici carolingiens sont-ils les successeurs, les continuateurs, sous un autre nom, des antrustions mérovingiens? On Ta soutenu avec beaucoup de force*, et il est tout au moins vraisemblable qu'il n'y a point eu de solution de continuité entre les deux institutions. Mais, en sens contraire, on prétend que les vassin oni rien de commun avec les antrustions, qu'il faut voir en eux simplement une application spéciale d'une institution plus générale dont il va être question, la recommandation et le séniorat, laquelle s'est développée dans la monarchie franque, indépendamment des traditions du comitatiis Ce que Ton peut affirmer, c'est que
1. Le serment que Charles le Chauve exigea d'Hincoaar de Reims doitreprockiire le serment du vassal, j3uisqu'il est prêté au roi en tant que senior. Or, voici comment il débute {llincmari Opeva^ édit. Sirmond, II, p. 834) : w Sic promitto ego quia de isto die in antea isti seuiori ïneo, quamdiu vixero, fidejis < t obediens et adjutor, quantocunqne plus et melius sciero et potuero, et consilio et auxilio secundum meum viinisierium in omnibus ero. »>
2. Cap.^ 811, De rébus exercitalibus^ c. vin (ï, p. 16o): Cap. Bonon., 8il, c. vn (h i67).
3. Pour l'affirmative, Roth, Beneficia^wesen^p,2S2. — En sens contraire, Waitz, op. ciLj n, 1, p, 251.