‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français a l'usage des étudiants de première année (volume 3)Chapitre 183 sur 573 · Voyez ci-dessus, p. lo9. J · texte numérisé non relu

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l'église

mage proprement dit lorsque l'évêché représentait une seigneurie temporelle*. L'investiture permettait en réalité un contrôle assez sérieux du pouvoir séculier sur le recrutement du haut clergé ; c'était la garantie efficace des droits traditionnels qu^il exerçait à l'occasion de l'élection des évêques. C'était, on peut le dire, le dernier lien qui retenait encore FÉglise dans la dépendance de TElat, quoique bien afTaiblie. Aussi essayat-elle au xi* siècle de le rompre par un suprême elTort. Les investitures et le serment des évoques furent solennellement condamnés par les conciles de Rome (1078 et 1080)^, de Glermonl (1095), de Troyes (1107), de Reims (1119), et de là sortit la célèbre querelle des investitures, fertile en épisodes tragiques, qui divisa pendant cinquante ans la papauté et l'Empire. En France, la lutte n'eut point la même acuité. La papauté, dans la plupart des phases de cette querelle, fit au contraire alliance avec la monarchie capétienne, Le clergé français se plia, sans beaucoup de résistance, à l'investiture du temporel par la main royale : seules, certaines formes, la tradition par lacrosse et l'anneau, paraissent avoir excité de vives objections et furent mises de côté*.

Les droits qu'avait conservés le pouvoir civil quant aux élec tions épiscopales, droits de régale, cVassenszis^ d'investiture, s'étaient démembrés en France, comme les autres prérogatives du pouvoir royal. Ils étaient assez souvent exercés par de grands feudataires, ducs et comtes; nous les voyons ainsi revendiqués et possédés par îe duo de Bretagne, les comtes de Champagne, de Nevers etd'x\njou*. Cependant sur ce point la royauté s'était mieux défendue que sur d^autres ; elle exerçait ces droits non seulement sur ses domaines propres, mais souvent aussi en dehors, sur le domaine de plus d'un grand feudataire ^.

Pour les bénéfices réguliers, Tunité bénéficiale était Tabbaye, le monastère. L'abbé, conformément aux règles canoniques,

1. Esmeîn, La question des investitures^ p. 144, 174 et suiv.

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