Gi-dessus, p
4. Grand coutumier de Normandie^ ch. 44, ci-dessus, p. 342. — Cf. Lettres de Louis VII à l'abbé de Tournus, a. 1171 {Ord., XI, 205), art. 3 : « Si abbas ad nos venerit pro expeditione aut pro regnli nostro recipiendo... secundum
LE DÉVELOPPEMENT I/U POUVOIR ROYAL
une atteinte aux principes féodaux ; c'était le roi passant par dessus ]a tête des seigneurs pour commander à leurs sujets. Néanmoins, malgré des résistances, saint Louis, Philippe le Hardie tPhilippe le Bel levèrent dans ces conditions Taide féodale sur les sujets des seigneurs épars dans leur domaine, mais non point, semble-t-il, sur les sujets des grands vassaux Ils lalevèrent égalementsur les villes privilégiées, et même, quoique avec difficulté, sur celles qui n'étaient pas enclavées dans le domaine royal*. Dans la seconde moitié du xiv" siècle, il fut fait de ce principe uneapplication bien plus importante par les conséquences qu'elle entraîna: c'est en l'invoquant que furent établies^ en 1360, sans vote ni octroi, les impositions destinées à payer la rançon du roi Jean^.
Le pouvoir royal se rattacha enfin à un autre principe pour imposer d'autorité : ce fut la conversion du service militaire en argent. Le service était dû au roi, d'après les règles féodales, par ses hommes de fief et aussi par les villes et même par les roturiers des campagnes, làoiiil exerçait la haute justice*. Au lieu d'exiger d'eux le service militaire, le roi se crut autorisé, en cas de guerre, à exiger d'eux de l'argent : c'est ce que fit à plusieurs reprises Philippe le Bel*. En même temps, l'idée se dégageait (sans avoir jamais complètement disparu) qu'en cas de péril national le roi pouvait appeler à prendre les armes tous les habitants du royaume ; c'^est ce qu'on appela Farrière-ban et ce fut un prétexte pour édicter, au lieu d'une
qualitatem et quantitatem negocii quaeret auxilium et capiet ab hommibus suis. »