Scriptum contra Boiiifacium^ art
LE POUVOIR ROYAL ET LES CULTES
ser VI Cia, il partie au trésor papal et partie aux cardinaux*.
Tous les évêchés et couvents étaient taxés à cet efTet à la curie. Toutes ces impositions, différentes par leur origine et leur quotité, étaient désignées sous le nom générique d'a/inates.
Ces progrès du pouvoir pontifical ne s'étaient point produits sans soulever des résistances dans la chrétienté et particulièrement en France. Un acte, qui porte la date de 1268 et qui est célèbre sous le nom de Pragmatique sanction de saint Louis ^ rétablit expressément le droit des collateurs ordinaires et la liberté des élections ecclésiastiques* ; il réprouve et prohibe les exactions et les lourdes charges pécuniaires imposées par la papauté aux églises du royaume*. Mais c'est un texte dont Tauthenticité n'est point certaine*. La mesure en elle-même n'a rien que de vraisemblable. Une bonne partie des théories, par lesquelles la papauté étendait sa puissance, remontent au xiii® sièclCj et nous avons les preuves de tentatives particulières faites par elle, en 122o, pour s'attribuer le profit de deux prébendes dans toutes les églises cathédrales et collégiales*. Mais, outre que le style de la pièce présente des singularités qui peuvent faire croire qu'elle a été fabriquée après coup, un fait surtout la rend suspecte : elle ne fut pas invoquée dans la querelle entre Philippe le Bel et Boniface VIII, où ces questions tenaient une place importante; on n'en fit usage qu'au XV* siècle. Sous Philippe le Bel, sûrement lesempiétements de îa papauté s'exerçaient en France, car c^était là l^'un des griefs du roi, signalé dans la lettre que le clergé de France adressa au pape, en 1302*; de même que l'un des griefs du pape contre le roi était les impôts levés sur les ecclésiastiques\ Enfin, une réaction des plus vives se produisit à la lin du
1. Sur les aanates, voyez Marca, De concordia sacerdotii et impeyni, 1. VI, ch. X et suiv.