‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français a l'usage des étudiants de première année (volume 3)Chapitre 524 sur 573 · Goarat, Geschichte der Quellen^ I, p. 65 et suiv · texte numérisé non relu

Goarat, Geschichte der Quellen^ I, p. 65 et suiv

2. Gonrat, op. cit,^ p. 74 et suiv., d'après les recherches de JMommsen, dont es résultats soat exposés dans sa grande édition du Digeste, I, p. 13 et suiv

ïl est vrai que le texte dont se servaient les Bolonais, contenu dans un grand nombre de manuscrits du xi» et du xir siècles et que l'on appelle la littera vulgata ou vulgate, présente, par rapport à la Florentine, des variantes, parfois heureuses. M. Mommsen explique ce fait par l'hypothèse, fortement établie, que les Bolonais auraient corrigé leur texte, dérivé d'un manuscrit copié sur la Florentine, par la collation avec un autre manuscrit indépendant, aujourd'hui perdu; cf. Girard, Manuel, p. 77.

3. G. Pescatore, Die Glossen des Irnerius, Greifswald, 1888. Un grand nombre de gloses inédites d'Iraerius viennent d'être publiées par M. E. Besta dans le second voln»ne de son consciencieux travail : L'opéra d^Irnerio, continbuto alla sto7^ia del dirilto italiano, Turin, 1896.

LA GOUTUMli ET LE DROIT ROUMAIN

leurs éditeurs*. Si celte attribution est pour la plupart de ces écrits fort couteslable, elle me paraît devoir être maintenue en ce qui concerne une Sttmrna Codicis^ publiée par M. Filting : c'est une œuvre fort remarquable et importante, et qui a sans doute servi de modèle et, en partie, de matériaux aux Sommes du même genre qui furent plus tard composées dans l'Ecole Bolonaise. De cet ensemble de recherches se dégage une double conclusion. D'un côté, Irnerius n'a point créé luimême toute sa science du droit romain. 11 Ta reçue en partie des écoles antérieures; cela résulte de ce que, sur diverses questions, il cite l'opinion d'autres juriconsultes, nécessairement contemporains ou antérieurs. Mais, d'autre part, il a vraiment donné à l'enseignement du droit romain sa forme et sa direction; c'est de lui que procède toute l'Ecole Bolonaise. Souvent en efTet on retrouve, chez les docteurs qui Tout suivi, ses idées propres, sesexplications, sa terminologie et jusqu'aux transitions par lesquelles il passait, dans son commentaire, d'un titre du Gode à un autre titre, fidèlement et traditionnel^ lement reproduites. Il fut donc vraiment un homme de génie, dans sa sphère propre^ un véritable créateur; mais il le fut dans des conditions ordinaires et naturelles. Ce qui paraît avoir fait surtout sa force, c'est la pleine possession des textes, l'art de les rapprocher et d'en tirer des conséquences : il put ainsi fondre en un système des connaissances éparses avant lui et restées souvent sans portée.

1. M. Fittiag a édité deux ouvrages quMl attribue à Irnerius, une Summa codicis et des Quaesliojies de juris subtilitafej déjà cités ci-dessus p, 760, not^ s 1 et 4, et page 765, note 3. Il le croit aussi l'auteur d'une Summa legi.^ Longobardorum publiée en 1870 par M, Anscliulz. De son coté, M. Palmieri lui attribue un Forrnularium tahellionum^ qu'il a publié, 2« édit. Bologne, 1893, mais qui ne saurait lui appartenir, comme je crois l'avoir démontré dans l'article plus haut cité que j'ai donné au Moyefi âge, La publication de ces textes, surtout de ceux édités par M. Fitting, a donné lieu d'ailleurs à de nombreuses et intéressantes controverses. Il en résulte, qu'aucune des œuvres attribuées à Irnerius, en dehors des glose?, et d'une partie des Authentiques, ne peut lui être attribuée avec certitude, pas même la Summa codicis. Pour plusieurs on discute môme sur le point de savoir si elles sont antérieures ou postérieures à la renaissance Irnérienne. On trouvera un exposé résumant le débat et faisant connaître les divers opinions produites, dans E. Besta, Uopera dirnerio t. I. Voyez aussi l'intéressant article de notre collègue M. Me^-nial, Encore Irnerius^ dans la Nouvelle Revue histoj^ique de droit français et étranger^ maijuin 1897, p. 339.

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