‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français a l'usage des étudiants de première année (volume 3)Chapitre 528 sur 573 · Savigoy, op. cfk.^ Vï, p · texte numérisé non relu

Savigoy, op. cfk.^ Vï, p

2. On peut s'en apercevoir aux nombreuses citations que j'iû empruntées à la PracLica de Jacobi et aux: Institutes de Faber.

3. Par certaîDS passages d'auteurs littéraires, on peut constater quels étaient les romanistes les plus connus en France. Voyez le passage de Rabelais, plus haut cité, p. 765, note 2. On peut y joindre les passages suivants. Corneille, Le Menteury acte 1, scène vi : « Je sais le Gode entier avec les Authentiques^ — le Digeste nouveau, le vieux, Ylnfortiat^ — ce qu'en a dit Jason, Balde, Accurse, Alciat. » — Molière, M. de Pourceaugnac^ acte II, scèoe xiii : « Si vous consultez nos auteurs, — légishitours et glossateurs, — Justinian, Papinian, — Ulpian et Triboniao, — Fernand, Rebuffe, Jean Imole, — Paul Castre, Julian, Barlhole, — Jason, Alciat et Cujas. »

LA COUTUME ET LA Î.OI

de l'histoire et de Térudition. 2oElle tendit à faire ]a synthèse et le système du droit romain, ainsi reconstitué, pour dégager son esprit et sa philosophie*. En même temps, elle introduisit dans ces études, qui continuèrent à être exposées en langue latine, le latin poli et élégant des humanistes, au lieu de l'idiome barbare qu'avaient parlé les glossateurs et surtout les Bartolistes. Ce mouvement*, comme toute rénovation, eut ses précurseurs qui furent un Italien, Alciat, et un Français, Budée; elle eut son foyer principal dans la petite Université de Bourges*. Ses représentants les plus illustres, que je choisis au milieu d'une véritable pléïade, furent Cujas, Doneau et Jacques Godefroy-

Cujas (1S22-1590) * professa un peu partout dans les écoles de France, comme c'était alors l'usage pour les maîtres célèbres, mais surtout à Bourges. Il a laissé une œuvre d'une étendue et d'une richesse admirables. Il représente surtout^ dans Técole du xvr* siècle, la méthode historique etTérudition appliquées au droit romain, et jamais peut-être on n'en a tiré de plus féconds résultats. Ses principaux ouvrages sont : 1^ ses Observationes et emrndatumes^ en dix-huit livres, où il éclaire et souvent rétablit d'innombrables passages des lois et des auteurs latins; 2** ses Commentaires sur les fragmentsdes principaux ouvrages des grands jurisconsultes épars dans le Digeste. En rapprochant livre par livre les débris d'un même ouvrage, Cujas a essayé de leur rendre, dans la mesure du possible, leur phj^sionomie originale. C'est ainsi qu'il a reconstitué en partie Papinien, Paul, Julien et Modestin^. Cujas

1. Rabelais a dégagé nettement tous ces caractères, Pantagruel^ 1. II, ch. x. Voyez le fragineut cité plus haut, p. 765, note 2, et encore ce passage : « Davantage, veu que les loix sont extirpées du milieu de x>l3Liiosophie morale et naturelle, comment Teutendront ces folz, qui ont par Dieu moins estudié en philosophie que ma mulle. »

2. Sur ce qui suit, voyez Adolphe Tardif, Histoire des sources du droit français^ origines romaines^ ch. vi, p. 463 et suiv. ; — Slintzing, Geschichte der Deutschen Uechiswissenschafty 1S80, t. I, ch. x, p. 36T-385.

3. Voyez dans Rabelais, Pantagruel, 1. II, cti. v- le passage où Pantagruel visite successivement les diverses universités de France; en dernier lieu et Ainsi vint à Bourges, où estudia bien longtemps et profita beaucoup en la Faculté des loix. »

4. Berriat Saint-Prix, Histoire du droit romain suivie de Vhistoire de Cujas, Paris, 1821.

5. La meilleure édition des œuvres de Gnjas est celle de Is'aples en 11 volumes.

LA COUTUME ET LE DROIT ROMAIN

a suivi la méthode exégétique, tempérée par les reconstitutions dont il vient d*etre parlé. — Doneau représente surtout la synthèse du droit romain Né, en 1S27, à Ghâlon-sur-Saône, il étudia d'abord à Toulouse, puis à Bourges où il professa. Protestant, il dut fuir la France après la Saint-Barthélemy et se réfugia en Hollande, puis en Allemagne, où il mourut en 1591. Son principal ouvrage est intitulé Commentarii juris civiLiSy en vingt-huit livres. Les seize premiers livres parurent seuls de son vivant; les livres dix-sept à vingt-huit furent publiés après sa mort et sur ses notes par Scipio GenLilis. — Jacques Godefroy appartient à cette école, plutôt par sa filiation scientifique que par le temps où il écrivit. Il est en effet un auteur duxvii® siècle (1 382-1652). Il fut, pour le droit du Bas-Empire et surtout pour le droit public de cette époque, ce que Gujas avait été pour le droit privé. Son principal ouvrage, ses C ommentaires sur le Code ihéodosieriy garde aujourd'hui encore toute sa valeur*. Un autre Godefroy, Denys Godefroy, le père du précédent, doit être également cité, parce qu'il a donné au Corpus juris civilis une forme qui est restée classique dans les éditions françaises : il a ajouté aux documents, qu'y avaient joints les Bolonais, d'autres textes, publiés et traduits du grec au xvi® siècle, des constitutions buzantines et spécialement les Novelles de Léon le Philosophe. Les notes dont il avait accompagné les textes du Corpus juris civilis ont été longtemps renommées.

Cette grande Ecole française du xvi^ siècle exerça une immense influence scientifique sur le monde entier, et spécialement sur FAllemagne • ; mais son influence sur la pratique, sur rinterprétation du droit romain, tel qu'il était appliqué par les tribunaux, fut beaucoup moins considérable. Ceux-ci restèrent en grande partie fidèles aux doctrines qu'ils tenaient de l'École bartoliste. Gujas exerça sur le développement des

1. M. Ad. Tardif, op, cit.j p. 436, place Doneau parmi les Bartoliste?, comme « le plus émiaent représentant de l'École dogmatique ou bartoliste. » C'est là une erreur manifeste. Doneau fut, il est vrai, l'adversaire de Gujas à Bourges, mais pour des raisons personnelles. 11 est dogmatique, comme tous ceux qui synthétisent; mais sa méthode est aussi éloignée que possible de celle des Bartolistes ; voyez un exemple de la différence des procédés dans la Nouvelle Revue historique de droite 1888, pp. 342 et 345.

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