Liichaire, Manuel, p. 534, o."i
4. Par exemple : Rigord, Histoire de Philippe-Auguste, ad. an. 1183 : « Idem rex ad preoes muitoruui et maxime ad suggeslioiiem cujusdaraservieutis qui 60 tempore fidelissimus in negoliis regiis pertractandis esse videbalur. »
5 Luchairc, Manuel, p. S5S et suiv.
3"2 Lfe DÉVELOPPEMENT DU POUVOIR ROYAL
savante, plus difficile à comprendre à ceux qui ne sont point des hommes de métier*. Mais le fait qui devait donner véritablement une direction nouvelle»à l'institution fut la création des baillis, avec les conséquences qu'elle entraîna. Comme on le verra plus loin, les baillis devinrent juges d'appel par rapport aux prévôts et aux justices seigneuriales, et la cour du roi devint juge d'appel par rapport aux baillis. La cour du roi, qui jusque-là n'avait été qu'un tribunal sans compétence bien déterminée, jugeant en première et dernière instance un petit nombre de procès', devint par là même une cour d'appel souveraine, ay\nt un ressort très étendu, largement alimentée par les appels intentés contre les baillis. Pour accomplir la lâche, tâche lourde et toujours renaissante, qu'elle avait désormais à remplir, elle dut prendre une activité régulière, tenir des sessions périodiquement fixes, puis devenir enfin permanente; il lui fallut un personnel assuré, qui, lui aussi, lendit naturellement à lapermanence \ En même temps il était naturel qu'elle devînt sédentaire, et il était inévitable qu'elle acquît une autorité propre, déléguée une fois pour toutes par le roi, au lieu de constituer le simple conseil du souverain, qui ne
1. Luchaire, Histoire des instilulions, I, ch. m, {i. 310 et suiv.