Auger, Traité sur les tailles, I, p. cclix et suiv
5. Vauban, Diriie royale, l" partie : « (Les tailles) sont assises sans proportion, non seulement en gros de paroisse à paroisse, mais encore de particulier à particulier; en un mot, elles sont devenues arbitraires. De laboureur à laboureur, ou de paysan à paysan, le plus fort accable le plus faible... Toutes ces animosités et ces haines invétérées se perpétuent dans les familles des paysans à cause des impositions non proportionnées de la taille, dont ils se surchargent chacun à leur tour, » Cf. d'Arbois de Jubainviile, L'adniinistration des intendants, p. 27 et suiv. et p. 47; cet auteur signale aussi le droit qu'avait le receveur des tailles « d'exercer la contrainte par corps contre les habitants les plus riches de la paroisse, qui, après avoir payé leur quote part de l'imposition, pouvaient être ainsi forcés à faire l'avance de l'imposition des autres contribuables, lorsqu'il y avait retard de la part de ceux-ci. Cette solidarité subsista jusqu'à la Déclaration du 3 janvier 1775 ».
de la faire rentrer et d'en rendre compte. Ils étaient, à ce point de vue, responsables de leur négligence et de leurs fautes*, et Jacques Godefroy les comparait aux malheureux curiales du Bas-Empire, chargés delà perception de la capitalio. Les collecteurs portaientleurs recettes à la caisse d'un trésorier particulier, qui résidait au chef-lieu de l'élection; les receveurs particuliers versaient à leur tour dans la caisse du receveur général au chef-lieu de la généralité. La taille, surtout la taille personnelle, était, on le voit, un impôt mal équilibré^ écrasant pour le peuple des campagnes, et maintes fois ses vices furent signalés dans l'ancien régime; ce furent eux surtout qui inspirèrent à Vauban la dîme royale. Elle subsista néanmoins jusqu'au bout. On se contenta seulement d'en atténuer quelque peu les inconvénients. Les intendants des provinces prirent souvent la direction de sa répartition, comme on le verra plus loin, nommèrent des commissaires, pour assister à la confection des rôles dans les paroisses, et y introduisirent ainsi la justice et l'impartialité*. D'autre part, au lieu d'estimer en bloc le revenu du contribuable, on fit des revenus, d'après leur source, plusieurs catégories, de manière à arriver, par cette décomposition, à une appréciation plus exacte et plus équitable ^
Les litiges auxquels la taille pouvait donner lieu étaient jugés en première instance par les officiers des élections, en appel et en dernier ressort par la cour des aides.
D'autres impôts directs furent créés, aux xvii* et xvni^ siècles, sous la monarchie absolue. Inspirés en partie parles propositions des écrivains qui demandaient l'abolition de la taille
1. Auger, Traité des tailles, I, p. cclxxxiii; oa en était venu à établir pour la désignation des collecteurs un rouieuiect entre les principaux habitants [ibid., I, p. ceux et suiv.).