Kuhu, op. cU.,\', p. 197 et suiv
LES INSTITUTIONS ROMAINES EN GAULE â
presque de castes, de façon que tous les services, nécessaires ou utiles à la vie sociale, eussent toujours un personnel suffisant. Elle s'ingénia à maintenir d'autorité chaque homme dans la fonction ou la profession qu'il avait adoptée ou pour laquelle il était désig^né par sa condition sociale, sa fortune' ou son éducation*, et, par une conséquence naturelle, elle tendit à rendre les fonctions et professions légalement héréditaires, en forçant les fils à continuer celles de leurs pères*. Sans doute, ce système, dont les origines premières et la formation successive n'apparaissent pas avec une clarté parfaite, n'arriva jamais à une application générale ; mais nous en trouvons des applications partielles et très importantes. C'est ainsi que les décurions, membres des sénats municipaux, étaient attachés à leur fonction, et que leurs fils étaient nécessairement décurions à leur tour; les fils des vétérans et soldats étaient tenus d'entrer dans Tarmée '; les officiales^ c'est-à-dire les employés des bureaux des fonctionnairessupérieurs, étaient rivés à leur emploi*, et, souvent, leurs fils devaient suivre la môme carrière «. D'autre part, les colons étaient attachés, à perpétuelle demeure, à la terre qu'ils cultivaient, et leur condition était héréditaire; les ouvriers et artisans des villes étaient, au moins pour certaines professions, attachés de la iriême manière à leur métier, et, en général, les marchands et artisans étaient enrégimentés sous l'autorité et la surveillance de l'administration. Celle-ci, on le voit, réglementait la production des richesses.
Cette vaste machine administrative ne fonctionnait point sans nécessiter d'immenses dépenses. De là des impôts très lourds, qui écrasaient la population, en même temps que la production décroissait sous la double influence de la réglementation à outrance et du travail servile, peu productif de sa nature.
L'administration qui régissait l'empire s'était constituée peu à peu, entraînant une centralisation progressive ; elle avait
K. Kuliu, op. cit. y passim, et, spécialement, If, p. 147.
2. Novelles de Majorieu, tit. Vil, § 7 : « Obviandura est eorum dolis quinoluut esse quod nati suut. »
3. L. 8, G. Th., VII, 1 ; L. 7, 9, G. Th., VU, 22; — Kuhu, op. cit., II, p. 148.