‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français à l'usage des étudiants de première année \ (volume 4)Chapitre 512 sur 533 · Conrat, op. cit., p · texte numérisé non relu

Conrat, op. cit., p

2. Le dictum qui suit le chap. xxxr, G. u. qu. 6, contient une formule de procédure portant la date de MCV. Mais les glossateurs anciens fai^ôdent remarquer eux-mêmes que l'ouvrage ne pouvait être aussi ancien. C'est ce que remarquait déjà le decr^tiste Huguccio (Savigny, Geschichie des rom. Rechls, §43); c'est ce que répète après lui la glose ordinaire : « Dicit Hug (utio) quod hic est falsa littera, quia non sunt tôt anni quod liber !?te compositus fuit. » Elle lui donne même la date précise de 1150 : '< et fuit anno domini MCL ut ex chronicis patet. » M. Maassen [Pancapalea, p. 474-478) lui attribue égaJemeot la date de 1130 ou 1151. M. Schulte, Geschichie der Quel/en und Lilleratur des canonichen Rechls, § 13, t. 1, p. 48) place la rédaction entre 1139 et iH4, d'après de bons arguments.

En premier lieu, il contenait un élément vraiment nouveau. Ce n'était pas seulement un recueil de textes faisant autorité et mélhodiquemenl disposés, de manière à former un corps de doctrine; il contenait une partie dogmatique toute d'exposition et de discussion. Elle avait surtout pour but, comme l'indiquait le titre original, de concilier les autorités en apparence contraires [discordantes cano?ies). Pour cela, l'auteur posait la question à laquelle se référaient les aucloritates qu'il allait rapporter; puis il disposait celles-ci de façon à présenter lepour et le contre, à la manière scolastique, et enfin il indiquait la conciliation. On donne à celte partie, propre à son auteur, le nom de Dicta Gratiani^ et par là Gratien accomplissaitpourle droit canoniquece que Pierre Lombard faisait à la même époque pour la tbéologie'. — D'autre part, l'ouvrage de Gratien tomba dans un milieu essentiellement juridique. Composé sans doute à Bologne même, l'École de droit qui fleurissait dans cette ville s'en empara, lui appliqua la même méthode qu'aux textes de la compilation de Justinien, et construisit vraiment sur cette base le système du droit canonique. Les Sentences de Pierre Lombard, plus spécialement consacrées au dogme et à la théologie, furent au contraire adoptées par la grande école de théologie parisienne ; et ces deux ouvrages, soit parleur disposition propre, soit par le milieu dan lequel ils furent d'abord étudiés, contribuèrent puissamment à faire deux sciences distinctes de la théologie et du droit canonique, qui, jusque-là, avaient été mal séparés.

Le Dccret de Gratien est divisé en trois parties. La première se divise elle-même en Distinctions, subdivisées en chapitres ou canons^ La seconde contient uu certain nombre de Cai/se^, subdivisées en questions, qui comprennent elles-mêmes un certain nombre de canons ^ La troisième se divise en distinctions et

i. Les Sententias de Pierre Lombard et le Décret de Gratien ont certaines parties communes dans lesquelles sûrement l'un des livres procède de l'autre. Je crois, mais cela est discuté, que Pierre Lombard représente l'original et Gratien la copie; voj'ez mon Mariage en di' oit canonique, t. I, p. 56 et suiv., p. 311, note 4.

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