Ci-dessus, p
3. Sur ceUe loi, voir surtout Brunner, Deutsche Rechtsgeschichle, § 44.
4. « Vir gloriosissinius Guudebaldus, rex Burgundionum. Cum de pareutum no8lriâ(|ue coDslitutiouibus pru quicte et utilitate populi impeusius ccgjlcremu... mausuris in œvum icgibiis sumpsiuius statuta prescribi. n
tutioniim doit avoir été rédigé dans les dernières années du V* siècle. Mais le texte que nous possédons contient quelque chose de plus : il renferme, en effet, des constitutions postérieures, dont quelques-unes son^ datées et qui émanent soit de Gondebaud lui-même, soit de son fils et successeur Sigismond. On comprend très bien que la rédaction du code de Gondebaud n'ait pas arrêté la production législative; mais comment ces additions y ont-elles été introduites? Selon les uns, il y aurait eu des revisions successives de la Lex^ l'une par Gondebaud, une autre par Sigismond en l'année 517. Mais cela est fort douteux : il est plus vraisemblable que ce sont les copistes qui ont intercalé dans le texte ceslois postérieures à côté ou à la place de celles qu'elles modifiaient. Quant au fond, la Lex Burgundionum porte dans une large mesure la trace de l'influence romaine ; colle-ci est particulièrement sensible en ce qui concerne la terminologie légale et la forme des actes écrits. Mais, d'autre part, cette loi présente très net le système de preuves qui caractérise la coutume germanique, l'exclusion du témoignage en matière pénale, le serment purgatoire, les cojiirantes et spécialement un large emploi du duel judiciaire*.
Isidore de Séville (f 636) constate que le roi Euric (466- 484.) a, le premier, donné des lois écrites aux Wisigoths, qui vivaient jusque-là sous l'empire de la seule coutume'. Le même chroniqueur rapporte aussi qu'au vi* siècle, alors que la monarchie wisigothe était transportée en Espagne, le roi Léovigilde (569-586) revisa la loi d'Euric*.Mais ces deux premières rédactions sont perdues, ou, du moins, nous n'enpos-
1. C'est ce qui est spécialement relevé par Agobard, Liber adversus legem Gundobadi, c. vi, vn, x. Les meilleures éditions de la Lex Burgundionum ont été données par Bhilime, dans les Monumenta Germanise hislorica, et par Binding, dans les Fontes rerum Bernensium (1880). Une nouvelle édition en a été donnée dans les Monumenta en 1893 par M. de Salis. Jl. Valentin Smith a publié en France de 1889 à 1890, en 14 fascicules, les divers textes conservés de la loi : La loi Go?nbette, reproduction intégrale de tous les manuscrits connus.
2. Historia seu Chronicon Gothorum : « Sub hoc rege Gothi legum instituta scriptis habere cœperunt ; nam antea tantum moribus et consuetudine tcnebantur. »
3. CI In legibus quoque (Leuvigildus) ea quse ab Eurico incondite constituta videbantur correxit, plurimas leges prsetermissas adjiciens, plerasque superfluas auferens. »
LES INSTITUTIONS De LA MONARCHIE FRANQUE 107
séclons que des fragments, dont môme l'identité n'est pas sûrement déterminée. D'une pari, on a trouvé dans un palimpseste de Paris, un fragmisnt important d'une rédaction ancienne do la loi des Wisigoths que Bluhme a publié en 1847sous le nom d'Aniiqîia^. Depuis lors, M. Gaudeazi a découvert et publié successivement en 1886* et en 1888^ deux séries de fragments juridiques, dont la seconde au moins appartient à une rédaction de la loi des Wisigoths. Mais les auteurs sont partagés quant à l'attribution de ces divers textes. M. Gaudenzi, et je me range à son avis S voit, dans les textes qu'il a publiés, des fragments de l'édit même d'Euric, et, dans VAntiqua do Bluhme , un morceau du texte revisé par Léovigilde. Mais M. Brunner, reprenant une opinion anciennement émise, juge ({[xa VAntiqua de Bluhme, que ce dernier, de son côté, attribuait au roi Reccarède I" ^, n'est pas autre chose que Tédit même d'Euric; quant aux textes publiés par M. Gaudenzi, il les attribue aune compilation privée, composée pour compléter et élucider VAntiqua àQ Bluhme \
Quoi qu'il en soit.laiLe^ Wisigothoriim devait encore passer parles mains de plusieurs rois avant d'arriver à sa forme dernière'. Elle paraît avoir certainement été retouchée par Reccarède I^"", le premier roi catholique des Wisigolhs. Mais ce furent surtout les rois Chindaswind (641-6S2) et son fils Receswind (649-672) qui imprimèrent une nouvelle direction à
1. Die viestgotldsche Antiqua oder das GeselzbucliEeccai-eds des ersten, UiUe,
2. Vn anliqua compilazionedidirittoromano euisigoto, con alcuni framjnenli délie leggi di Eurico, traita da un manoscrilto délia biblioteca di Holkkam, Bologiia, 1886. Ces textes sont reproduits dans la Nouvelle revue historique de droit, 1886, p. 525 et suiv.
3. Nuovi frummenti dell' edillo di Eurico, Roma, 1888, reproduits dans la Nouvelle revue historique de droit, 1889, p. 430 et sui^.