‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français à l'usage des étudiants de première année (volume 5)Chapitre 1 sur 545 · PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

ï.e présent ouvrage est destiné à l'enseignement; il s'adresse non aux savants mais aux étudiants de bonne volonté. Voici ce qu'il contient et en môme temps ce qu'il ne faut pas y chercher.

Ce n'est pas, sous une forme abrégée, une histoire complète du droit français : il ne comprend en effet ni Thistoire de toutes les périodes, ni celle de toutes les institutions. J'ai laissé absolument de côté les institutions de la Gaule indépendante; c'est matière d'érudition pure, et l'on ne peut démontrer presque sur aucun point Tinfluence persistante de ces vieilles coutumes dans le développement du droit postérieur. Je ne présente pas non pkis le régime de la Gaule romaine pendant les trois premiers siècles de Tère chrétienne : il appartient beaucoup plus à l'histoire du droit romain qu'à celle du droit français, et on en trouve le tableau dans les divers manuels des institutions romaines. Je commence mon exposition par l'étude des institutions romaines, telles qu'on les constate en Gaule aux iv"* et siècles ; ce sont celles avec lesquelles les barbares devaient se trouver en contact.

Pour les périodes qu'il embrasse, ce cours ne comprend pas rhistoi'^e de toutes les branches du droit. De parti pris, j'ai laissé de côté l'histoire interne du droit privé, ou plutôt je n'en ai retenu que deux chapitres, qui jusqu'à la Révolution appartiennent autant au droit public qu'au droit

PRÉFACE DF LA. PREMIÈRE FPTTroX

pi*iv6 : l'étal des personnes et le régime de la propriété foncière. La raison est que le cours d'histoire du droit, auquel correspond ce livre, est placé en première année dans les Facultés de droit : il s'adresse à des élèves qui suivraient difficilement, dans les détails techniques et nécessaires, l'histoire de la famille, des contrats et des successions en droit français ; ils peuvent, au contraire, parfaitement saisir dans les grandes lignes l'histoire du droit public et l'histoire des sources, et c'est à cet objet que le cours a été limité. Le but principal de cet enseignement me paraît être de dégager, par la méthode historique, la notion de l'État et ses attributs essentiels.

Étant donnée cette conception, il semble que j'aurais dû comprendre dans mon exposition le droit delà Révolution française, car c'est lui qui véritablement a créé l'État moderne, le droit ancien n'en est que la préparation. Cependant je ne l'ai pas fait ; je n'ai pas dépassé l'ancien régime et me suis arrêté en 1788. C'est que je crois le droit de la Révolution trop important pour la place nécessairement restreinte que j'aurais pu lui consacrer ici. J'espère d'ailleurs pouvoir un peu plus tard combler cette lacune. Le cours d'histoire du droit, en première année, est suivi d'un cours élémentaire de droit constitutionnel, que j'ai l'honneur de professer. Je compte publier, le plus tôt qu'il me sera possible^ des Eléments du droit constitutionnel^ cl là^ j^aurai nécessairement Toccasion d'exposer les principes essentiels introduits dans le droit pnblicpar la Révolution- Plus tard enfin, si ce n'est pas former de trop vastes projets, je voudrais relier en quelque sorte ces deux ouvrages par un troisième, une histoire élémentaire du droit public en France, depuis la Révolulion jusqu'à la chute du second Empire.

En terminant, j'adresse une prière au lecteur. Je lui demande de juger les tableaux successif > que contient ce

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