‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français à l'usage des étudiants de première année (volume 5)Chapitre 143 sur 545 · LES NOBLES · texte numérisé non relu

LES NOBLES

Dans la monarchie franque, où avaient disparu, à la fois, la noblesse romaine et la noblesse germanique^ nous avons vu une nouvelle noblesse en voie do formation. Elle S^t toute formée dans la société féodale ; elle a été créée par la coutume, e t^0.lllde v^nusjiah^^ qni^ nn pli^^Jorh rlp, T/ijrgrpiiip ^

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eij£iurâ..^cli^^ Gela supposait en eux deux choses, le courage et la fortune, c'est-à-dire la possession de la terre, qui représentait alors presque la seule richesse. La noblesse féodale a conservé de cette origine deux traits distinctifs : elle est

1. Ces droits originairement n'avaient eu aucune raison d'être pour la suc cession allodiale ; Lt droit et lis cous tûmes de Champaigne et de Brie (xiii® siècle), ch. VIII : « Et d'échanse qui niueve d'aluef ou de censives, une suers prent contre un frère. » /

LA SOCIÉTÉ FÉODALE

à la fois terrienne et militaire, et cela se voit bien par ses deux principales manifestations.

Elle se manifestait d'abord par la possession des fiefs. ^< Les fiefs doivent estre as gentix homes par ancienne coutume », dit Beaumanoir\ En effet, les services qu'ils emportent sont nobles : c'est^ avant tout, le service militaire, et^ par le fief, le noble tient à la terre en même temps qu^au métier des armes.

La noblesse se manifestait en second lieu par l'entrée dans la clievalerie. La chevalerie est Tune des institutions les plus importantes du moyen âge : elle a son côté juridique, comme son aspect politique et religieux ^. Elle représentait une vaste confrérie, sans cadres fixes et sans organisation précise, mais avec des régies de conduite et des devoirs professionnels ; en d'autres termes, c'était la noblesse féodale considérée dans l'accomplissement de ses devoirs militaires. Dans le latin du moyen âge, le mot miles, signifie à la fois noble et chevalier, attestant ainsi la correspondance exacte de ces deux qualités. Tout noble était naturellement destiné à entrer dans la chevalerie, et c'était une nécessité juridique pour le mâle, qui, mineur, avait hérité d'un iief, lorsqu'il arrivait à la majorité féodale^. C'était pour le noble-vassal ce que la prise de la toge virile était jadis pour les fils des patriciens romains ; plus encore, la constatation de son aptitude à remplir les devoirs de son élat. On n'arrivait normalement à la chevalerie qu'après un long stage, après une éducation toute particulière, qui se donnait dans le monde des châteaux féodaux, qui prenait Tenfant de bonne heure et le gardait longtemps stagiaire.

La noblesse féodale était héréditaire; elle se transmettait du père aux enfants*; mais, sauf exception, la noblesse mater-

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