‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français à l'usage des étudiants de première année (volume 5)Chapitre 281 sur 545 · LES MINISTRES · texte numérisé non relu

LES MINISTRES

I. — Grands officiers de la couronne^ . La monarchie capétienne, continuant sans interruption la

1. Sur les grands officiers de la couronne, voyez Du Tillet, Recueil des rois de Finance, p. 268 et saiv.; — Loyseau, Traité des offices^ l. IV, ch. ii et m; —

452 LE DÉVELOPPEiVIENT DU POUVOIR ROYAL

monarchie carolingienne, le monarque capétien eut autour de lui, comme organes de son g-ouvernement, les mêmes of{iciers qui avaient entoure et assisté les derniers Carolingiens, et, s'il créa des offices nouveaux, ils furent façonnés sur le modèle des anciens. Ces officiers présentaient, on Ta vu*, ce caractère notable qu'ils étaient à la fois chargés d'un service domestique dans le palais du roi, et d'un service public dans le gouvernement; ce sont les principaux d'entre eux qui recevront le litre de grands officiers de la couronne. Les plus importants dans la monarchie féodale étaient au nombre de cinq : le sénéchal, le connétable, le bouteiller, le grand chambrier et le chancelier.

Le sénéchal [se/iesca/lus, dapî fer) étail^ an début, le plus puissant de tous. Outre ses fonctions domestiques, qui faisaient de lui l'intendant de la maison et le chef du service de table, il dirigeait la guerre et la justice. Son autorité même était telle que, lorsque la royauté sentit ses forces, elle se débarrassa de ce serviteur trop puissant. En 1 191^ le poste étant devenu vacant par la mort du titulaire, Philippe-Auguste résolut de ne plus le remplir, et cette décision fut maintenue sous ses successeurs : à partir de cette époque, le sénéchal disparut et ses attributions passèrent en partie au connétable et en partie au chancelier.

Le connétable, comme l'indique son nom latin, cornes stabuli, avait pour service domestique la direction de l'écurie royale. Il hérita des attributions militaires du sénéchal et acquit, peu à peu, comme prérogative, le commandement de l'armée royale ^ , Mais ce commandement en chef ne lui appartenait

De Luçay, Les secrétaires d'État depuis leur institution jusqu'à la mort de Louis XV; et, pour la période féodale, Luchaire, Manuel des iustitutions françaisesy p. 518 et suiv.

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