Voyez le règlement du 18 mars
LE DÉVELOPPEMENT DU POUVOIR ROYAL
trôleur des finances. Sachez que ce royaume de France est g^ouverné par trente inteadants. Vous n'avez ni parlements, ni Elals, ni g^ouverneurs. Ce sont trente maîtres des requête? commis aux provinces de qui dépendent le malheur ou le bonheur de ces provinces^ leur abondance ou leur stérilité*. » L'intendant ne concentrait pas seulement radminislration entière dans une seule main, il la rattachait en même temps par un lien étroit au gouvernement central. Les intendants étaient ordinairement des maîtres des requêtes, c'est-à-dire, des membres détachés du conseil du roi; dans tous les cas, ils étaient en communication constante avec les secrétaires d'Elal, le contrôleur général et le conseil des JépêchesA Ils demandaient et recevaient des instructions pour chaque affaire délicate; s'^ils entraient en conflit avec les autorités locales ou les particuliers, le litige était toujours évoqué devant le conseil du roi, qui statuait aussi comme juge d'appel sur les arrêtés qu'ils rendaient : ainsi se préparait, dès l'ancien régime, la séparation des autorités administrative et judiciaire, que devaient proclamer les lois de la Révolution^. Tel fut le rôle historique et politique des int<mdanls* : il faut dire maintenant quelle fut leur origine et quels étaient leurs pouvoirs.
On a souvent attribué à Richelieu la création des intendants*. En effet, un édit de 1635 institua des officiers de ce nom"; mais, en réaiité, il n'y a de commun que le nom. Les fonctionnaires établis en 163o sont tout simplement des présidents des bureaux des finances, érigés en titre d'office. Les intendants proprement dits sont plus anciens; il en existe dès
1. De Tocqueville, L'ancien régime et la Révolution^ 1. H, ch. ii, CEavres complètes^ t. IV, p. 54.
2. Cf. Lebret, De la souveraineté, 1. IV, ch. iv, p. 139 : « On doit tenir... pour les autres droits du roi... que la connaissance en appartient à ses officiers selon Tattribulion qui leur est faite par les édits et ordoLinances, en quoi Ton ne doit pas comprendre les choses qui concernent l'administration et le gouvernement de TÉtat, dont la connoissance est réservée à la seule personne du roi, sans qu'aucun autre s'en puisse entremettre que par sou ordre et commission. »
3. Sur ce poiut, consulter l'ouvrage cité de Tocqueville, L'ancien régime et la Révolution, passim.
4. Sur Torigine des iutendants, voir Hanotaux, Origines de l iîistitulioïi des intendants des provinces. — D'Arbois de JuDain ville, U administration des in~ tefidants^ p. 4-25.