‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français à l'usage des étudiants de première année (volume 5)Chapitre 42 sur 545 · Gei'm · texte numérisé non relu

Gei'm

LES BARBARES ET LEURS COUTUMES

imposées parla coutume*. Telle était l'organisation politique de la civùas germanique; mais, à côté des autorités régulièrement constituées qu'elle comprenait, elle en connaissait d'autres, ex traordinaires ou supplémentaires, pour ainsi dire.

C'était d'abord un chef militaire ou duXj, qui était élu en temps de guerre, et dont les pouvoirs, d'ailleurs restreints, devaientcesseravecrexpéditionpour laquelle il avait été choisi ^ ; c'était, en second lieu, l'institution du comitatns. Celle-ci, dont l'influence devait être considérable dans Thistoire de l'Europe occidentale, et où Ton voit l'un des précédents lointains de la féodalité, est nettement décrite par Tacite. C'était une association d'une nature particulière qui intervenait entre un j^rincep^ et un certain nombre de membres de la civitas. Ceux-ci, qui se faisaient individuellement agréer par lui, étaient dits ses coinites, et lui devaient un dévouement com})let, spécialement dansla gjierre. Le chef , de son côté, leur donnait un cheval de guerre et des armes^ les gratifiait selon leurs mérites, et les entretenait dans une chère abondante^. Il semble, d'ailleurs, qne ces comijcs se soient recrutés seulement parmi les iiojljlgs, surtout parmi les plus jeunes, et constituassent une classe qui, repoussant les travaux de Tagriculture, ne voulait vivre que de guerre et de butin \ Il semble enfin^ lorsque la peuplade était en paix, que ces associations, ou leurs membres individuellement, pouvaient se mettre au service d'une autre peuplade. Comment expliquer leur existence? Comment un Etat organisé pouvait-il admettre, à côté des cadres arrêtés et des autorités constituées^ ces groupements facultatifs et ces autorités librement choisies ? C'est que, dans les sociétés primitives, pendant longtemps l'État, encore peu développé, n'est point jaloux ni exclusif. Investi de fort peu d'attributions, il ne réclame pas sans partage le droit de commander aux hommes.

1. Germ., 15 : « Mos est civitatibus ultro ac viritiiii couferre principibus vel armentorum vel fragam quod, pro honore acceptuiu, etiam iiecessitatibus subvenit. »

Page 1