Germ
4. Dans César {B . G., VI, 23), le comitatus n^apparaît pas comme un groupement permanent; c'est un recrutement volontaire en vue d'une expédition déterminée .
LES ORIGINES
D'ailleurs dans les civitates, une certaine régularisation de ces formations hors cadre paraît s'être introduite : seuls possédaient le droit d'avoir un comitatus, de se faire les chefs d'un de ces groupes, le roi, le dux et lés pi^încipes^ c^est-à-dire de3 magistrats élus par la nalion\ Cette institution du comitatus a été souvent présentée comme propre aux Germains. Je crois, au contraire, qu'une semblable organisation se présente naturellement flans les sociétés qui ne sont pas encore pleinement tassées, où la constitution politique est encore flottante, si ce n'est sur quelques points essentiels. Les ambacti. les devoti ou soldurii^ que César décrit chez les Gaulois% semblent les proches parents des comités que Tacite trouve chez les Germains. Les sTaïpc'. des peuplades grecques^ dont il est si souvent question dans les poèmes homériques, me paraissent aussi représenter une association similaire et les compagnons d'Ulysse se rapprocher des comités germains. Ce qui distingue le comitatus germanique, c'est qu'il persiste, en se régularisant, à un âge où la civitas a déjà une constitution arrêtée.
La constitution que j'ai décrite avait subi chez un assez grand nombre de peuplades, à l'époque de Tacite, une modification importante : la forme républicaine avait disparu chez elles et la monarchie^ s'y était introduite. Mais cela n'avait point amené des changements profonds et fondamentaux. La royauté s'était superposée à l'ancienne constitution républicaine^ sans la détruire ni même la modifier profondément. Le pouvoir souverain résidait toujours dans le conciliiim qui conservait ses anciennes attributions; \q^^ principes étaient toujours les chefs élus des centaines. Les droîTs^t prérogatives de la puissance royale étaient donc fort restreints'. Outre l'ascendant moral qu'il exerçait, le roi paraît avoir eu seule-
1. Dans ce sens, Stubbs, Constitulional Hislory^ c. ii ; — Schroder, op. cil,^ 2e édit., p. 33 ; il justifie cela par cette idée que, dans d'autres conditions, cet assujettissement du cornes eût été, dans les idées des Germains, incompatible avec la qualité dhomme libre. — M. Siegel {Deustche RechtsgeschicIiLe^ p. 140) montre aussi le droit d'avoir un comitatus comme un privilège dix p?'lnceps; d'après lui, Je comitatus ne se composait, d'ailleurs, que de jeunes gens, non encore établis comme chefs de famille et, par suite, non astreints au service militaire.