LA JURIDICTION ECCLÉSIASTIQUE
On a vu précédemment* quelle immense étendue avait acquise dans la société féodale la cômpétcnce des juridictions ecclésiastiques. Cela devait fatalement amener des résistances et une réaction de la part des seigneurs, et, en effet, elle se produisit d'assez bonne heure. Une des premières ordonnances, rendue par Philippe-Auguste sur la demande des barons, et, d'accord avec eux, ajustement pour objet de supprimer les excès les plus intolérables de la juridiction ecclésiastique ^. Les réclamations des justiciers se reproduisirent, et le conflit continua, particulièrement sous le règne de saint Louis ^ et sous Philippe le Hardi. Mais les seigneurs ne luttaient contre la juridiction ecclésiastique que dans la mesure où leurs intérêts féodaux et pécuniaires se trouvaient compromis par son action envahissante. C'est, en réalité, seulement à partir du xiv^ siècle que la monarchie entreprendra la lutto pour son propre compte avec un esprit de suite qui ne se démentira pas. Ce sera TEtat reconquérant peu à peu ses attributions essentielles, usurpées par FÉglise. C'est avec le règne de Philippe le Bel que commence cette action décisive de la royauté; on trouve, sous ce régime, une enquête générale sur les juridictions ecclésiastiques en Languedoc* et de nombreuses ordonnances ou mandements, mais vagues ou timides encore, sur la juridiction de TÉglise'^. Sous le règne de Philippe de