Flach, Les origines, H, p
3. Ordonnances, I, p. 428 : a Ne aliqui cujascunque sint conditionis, vel ministerii aut status in villa nostra predicta, ultra quinque insimul, per diem vel noctem, palam vel occulte congregationes aliquas sub quibuscunque forma, modo vel simulacione de cetero facere présumant. »
LE DÉVELOPPEMENT DU POUVOIR ROYAL
accorda en 1309 la même autorisation aux drapiers ; sous Philippe le Long d'autres corporations furent aussi remises dans leur ancienne liberté % et les confréries reprirent comme par le passé. Au xvi®, siècle nous les voyons cependant supprimées à nouveau par mesure générale dans TOrdonnance de Villers-Cotterets (art. 183 et suiv.). Mais cela fut encore une mesure transitoire. C'étaient là des actes politiques, à des époques où ces associations pouvaient facilement devenir séditieuses ; mais les communautés formées par jurandes et maîtrises n'en conservaient pas moins leur organisation et leur existence^.
Les corps de métiers ne représentaient que la petite industrie, la seule qui fût connue au moyen âge. Lorsque naquit la grande industrie des fabriques, spécialement sous la protection de Sully et de Golbert, naturellement elle fut soumise à un autre régime, mais ce ne fut pas non plus celui de la liberté ; tout au contraire, ce fut le monopole.
Pour créer une fabrique, il fallut des lettres patentes du roi, autorisant la fondation, et, en même temps, elles attribuaient au concessionnaire un droit exclusif de fabrication, dans une région déterminée; elles fixaient souvent aussi les conditions de la fabrication ou même de la vente.
Ce régime fut vivement attaqué par les publicistes et économistes du xviri^ siècle; et il suffisait de ses exagérations dernières pour en sentir Tabsurdité. Comment justifier que les bouquetières, les fruitières et les perruquiers, par exemple, dussent faire le stage professionnel et subir l'examen pour exercer leur métier? Turgot, arrivé au ministère^ résolut d'appliquer les doctrines de Técole à laquelle il appartenait^ et il fit adopter par le roi, au mois de février 1776, un édit supprimant les jurandes et communautés de commerce, arts et métier 3 : le préambule contient un intéressant exposé sur
1. Sur ces actes du xiv^ siècle, voyez Hegel, Slddte und Gilden, II, p. 98 et suiv.