Ci-dessus, pp
4. Gesckickte des rômischen Rechts iyn Mitielalter, 2^ édit., Heidelberg, 1850, traduite en français par Guénoux.
LA COUTUME ET LA LOI
tique conlemporaine n'a fait que confirmer, en les précisant et en les complétant, les résultats qu'il avait obtenus ^ Mais un autre problème s'est posé, aujourd'hui vivement débattu : renseignement du droit romain s'est-il perpétué sans interruption depuis la chute de l'Empire d'Occident^ quoique bien amoindri aux ix^ et x° siècles, ou la renaissance dont nous allons parler, et qui se produisit au cours du xi®, fut-elle vraimont la résurrection d^une science morte, qui avait totalement cessé d'être enseignée ^ ? Ce n'est pas ici le lieu de discuter cette question : voici ce qui se dégage des recherches et des polémiques. L'enseignement élémentaire du droit romain parait avoir toujours persisté dans les écoles d^arts libéraux, spécialement dans celles établies près des églises ou des^ couvents. Il se rattachait comme complément à l'étude de la rhétorique et à Va?^^ dictaminis, c'est-à-dire à l'art de rédiger les actes en forme; il servait aussi de préparation à l'étude du droit canonique. Mais il est plus difficile de déterminer s'il exista avant le xi"" siècle, soit en Italie, soit en France, de véritables écoles de droit spécialement consacrées à cet enseignement. Cependant, il y eut anciennement à Rome une école de ce genre, remontant aux temps de l'Empire, et qui parait être restée en activité ininterrompue et exister encore dans la seconde moitié du xi' siècle''. Dans la seconde moitié
1. Voyez Touvrage de Max Courat, Geschichte cler Quellen und Litlcratur des rômischen Rechls im fruheren MittelalLev^ erster Baud, Leipzig, 1889-1891. Tous les renseignements y sont réunis et appréciés avec un soin et une critique qui ne laissent rien à désirer.
2. Dans le sens de la continuité, voyez surtout les travaux de M. Fitting^ et spécialement Les commencements de VÉcole de droit de Boulogne (traduction Paul Leseur), Paris, 188S; et sur des études plus récentes du même auteur, M. Georges Blondel, dans la Nouvelle Revue historique du droit, 1892, p. 238. — En sens contraire, M. Max Gonrat, op. cit,^ et M. Flach, Études critiques sur rhlsloire du droit romain au moyen âge, Paris, 1890; j'ai donné un compte rendu de ce dernier ouvrage dans la Nouvelle Revue historique^ 1890, p. 654.
3. M. Fitting me paraît avoir démontré récemment que Rome possédait daus la seconde moitié du xi' siècle une école où le droit romain était enseigné d'après les textes de la compilation de Justiuien, et il a par là même rendu très vraisemblable Texistence antérieure et ininterrompue de cette école ; Fitting, Questiones de juris subtilitate des Irnerius, Berlin^ 1S94, Einleituug, n» 14, p. 38 et suiv. Dans cette publication, M. Fitting reproduit un vieux et curieux ouvrage de droit romain qui sûrement a été composé à Rome vers la fin du xi^ siècle et qu'il attribue à Irnerius. Sur ce dernier point seulement, je me séparerai du savant allemand.
LA goutomp: kt le droit romain
de ce même siècle, Pavie possédait une école pleinement florissante où Ton enseignait principalement le droit lombard % mais aussi, semble-t-il, le droit romain. Unpeu plus tard, Ravenne en avait également une, dont les docteurs, consultés par les Florentins sur une question délicate, avaient une connaissance assez familière du droit romain^. Mais partout Télude de ce droit était seulement Taccessoire de quelque autre élude, et Ton peut affirmer que l'enseignement en était donné d'après les résumés traditionnels, et non par Tinterprétation directe des textes.
Dans la seconde moitié du xi^ siècle, une renaissance marquée se produisit : elle eut deux phases distinctes. Dans la première, le mouvement paraît s'être développé parallèlement dans les écoles de France et d'Italie. Il est difficile de déterminer exactement l'individualité et l'activité particulière de ces écoles ; mais nous avons deux ouvrages qui assurément procèdent de quelqu'une d'entre elles et qui ne sontpas sans valeur: Tun a reçu le titre de Brachylogits jitris civilis l'autre s^'appelle Pétri exceptiones legiim Romaiiarum^ et il s'est composé lui-même par la fusion de deux recueils antérieurs*. Dans la seconde phase, le mouvement se concentra dans une seule école, celle qui fut fondée dans le dernier tiers du xi*^ siècle àBologne, en Italie. Bologne possédait àcette époque, et depuis longtemps, une de ces écoles cYai^tes libérales^ dont il a été parlé plus haut, et par un phénomène naturel l'enseignement du droit romain se constitua à côté d'elle. En 1076, un maître, nommé Pepo, y donnait cet enseignement, mais il ne put le fonder définitivement. Après une interruption, l'œuvre fut