‹ Cours élémentaire d'histoire du droit français à l'usage des étudiants de première année (volume 5)Chapitre 59 sur 545 · Schroder, op. cit., 2^ édit., p · texte numérisé non relu

Schroder, op. cit., 2^ édit., p

LES INSTITUTIONS DE LA MONARCHIE FRANQUE

Mais le monarque franc, comme d'ailleurs les autres rois barbares établis en Gaule, en conquérant des pays romains habités ^diV les provinciales de Tempire, acquit, par cela même, une nouvelle qualité et des pouvoirs nouveaux. A Tégard de cette classe de sujels il succédait aux droits de Tempereur romain, à la toute-puissance impériale et aux prérogatives nombreuses et savamment régularisées qui en découlaient. De là, un élargissement du pouvoir royal. D'ailleurs, il n'y eut point, en principe, quant au droit public, deux classes de sujets distinctes auxquelles le roi commandait en vertu de principes différents : tous étaient, au même titre, les sujets du loi, et celui-ci prétendait à Tégard de tous exercer les mêmes droits. La monarchie franque, dans ses jours de force,- tendit h devenir une monarchie absolue et administrative, sur le type de l'empire romain. Mais, jamais, elle n'arriva à ce résultat. Elle se heurta constamment à une aristocratie de fait, très puissante, à cqs poteiites dont nous avons déjà signalé l'apparition dans Tempire d'Occident. D'autre part^ le monarque franc ne put jamais ramener à une véritable unité les deux qualités distinctes qu'ail réunissait en lui. Certaines prérogatives de l'empereur romain, telles que l'impôt direct et permanent, ne purent efficacement s'exercer à l'égard des hommes de race germanique et finirent par se perdre à l'égard de tous. A rinverse, certaines manifestations de la royauté germanique, peu compatibles avec un Etat régulier, persistèrent dans Ja monarchie franque, par exemple l'habitude pour le roi de prendre sous sa protection spéciale certaines personnes ou certains établissements ^ et c'est la vieille coutume du couiitatits germanique qui produira l'antrustionat, puis le séniorat et la vassalité. Mais Télément le plus dissolvant fut une conception sur la nature même du pouvoir royal que les rois barbares apportèrent avec eux.

Quelle qu'eût été la toute-puissance de l'empereur romain, elle avait été dominée par l'idée de TÉtat. L'empereur n'était que le représentant de l'Etat; c'était au nom et dans l'intérêt de rÉtat, c'est-à-dire de tous, qu'il possédait et exerçait le pouvoir. Le roi barbare, au contraire, le monarque franc, con-

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