‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 107 sur 142 · MÉTHODE NATURELLE · texte numérisé non relu

MÉTHODE NATURELLE

tard proposa Antoine-Laurent de Jussieu, neveu de Hernard; car après qu'eût paru (en 1789) l'ouvrage fondamental où il exposait les caractères de tous les genres alors connus, disposés en familles naturelles, la classiGcation nouvelle qui s'y trouvait établie et expliquée s'étendit dans le monde savant par un progrès lent et continu^ et se substitua peu à peu aux systèmes antérieurement suivis. Ce fut pour la méthode naturelle un code de lois claires et précises, au lieu des oracles un peu vagues et incompris auxquels s'étaient aiTètés Linné et Bernard ; et l'assentiment général leur donna une sanction qui a toujours manqué à celles d'Adanson. Expliquons-en la cause.

A.-L. de Jussieu admit, comme Adanson, que Fexamen de toutes les parties d'une plante est nécessaire pour la classer ; mais, tout en poursuivant cet examen complet, il ne chercha pas à en déduire théoriquement la coordination des genres, et pour les grouper en familles, il imita les procédés suivis pour la formation des genres eux-mêmes. Les botanistes, frappés par la ressemblance complète et constante de certains individus^ les avaient réunis en espèces; puis,'d'après une ressemblance également constante, mais beaucoup moins complète, avaient réuni les espèces en genres. Les caractèi*es qui peuvent varier dans une même *pèce doivent dépendre de causes placées hors de la plante et non en elle-même, par exemple sa taille, sa consistance, certaines modifications de forme et de couleursy etc., qu'on voit changer avec le sol, le climat, et sous d'autres influences purement circonstancielles. Les caractères spéciGques, au contraire, ceux que doit présenter tout individu pour être rapporté à certaine espèce, quelles que soient les circonstances où il se trouve, doivent tenir à la nature même de la plante. Parmi ces caractères, il y en a plusieurs plus solides encore que les autres, moins sujets à varier d'une plante à une autre : ce sont ceux qui, se retrouvant dans un certaiu nombre d'espèces, leur impriment une ressemblance assez frappante pour qu'on en constitue un genre. Ceux-là auront donc par leur généralité plus de valeur que lesspécitiques, et les spécifiques plus que les individuels. Mais comment est-on parvenu à estimer ces différentes valeurs? La nature ellemême avait indiqué à l'observateur les espèces et beaucoup de genres par les traits de ressemblance dont elle marque certains végétaux ; mais au delà des genres ce fll conductem* manquait^ puisque tous les botanistes, à peu près d*accord jusqu'à ce point, se séparaient plus loin pour suivre chacun une route différente. Cependant il y a plusieurs grands groupes de végétaux liés entre eux parles traits d'une ressemblance tellement évidente, qu'elle n'avait échappé à aucun et qu'il n'est pas besoin d'être botaniste pour la

3« nOTANlyt'F.

reconnallre. Outre «» Iraits cninniiiii!' h tomes le» i*s(4«m è'm lif ces groupe», ily Ënti(|miiesontCommunsqn'à un certaïnnunitn' d'entre elles, de telle sorte qtL'il peut Ôlre subdlTi»^ en nngnnt noulu-c de groupes seuoudiiîrcs. Ceux-ci ax'aicnt été samcw csifimegeiires parles bolanisles.ODavaJIdouird^jàqucliiutscofln'' tionsde genres év idem ment plus «eniLlaliles entre coiqulkir l'étaient à ceux de tout autre groupe, ou, en d'autres leniiu,<)>)rl ijucs ramilles inconleslablcntcnt unturelles. Jussicu jwnMqnrti clerde la mélhodc naturelle était là: puisqu'cn comparant lâ« ractères d'onedc ces ramilles à ceui des (;enrt?s qui la compoimtjl obtiendrait la relation des uns aux autres ; qu'en en corapanni |4i>sicurs entre elles, il verrait qu«ls caractères, cominiiiui tUtle^b^ plantes d'une même famille, varient de l'une h l'autre ;<jTrd«n> verait aitisi à l'appritciation de la valeur de chaque canîdèrF.ii que cette valeur, une Tois ainsi détcrmindc au moyen deceigna pes si clairement dessines par la nature, pourrait (Ire à son imr appliquée à la délerminalion de ceux auxquels elle n'a pu <ih"i nettement imprimé ce cachet de ramille.ct ijuiëlaieutles incnniMn decegrandprotilèmË. 11 choisit donc sept familles uni versclleiw^ admises : celles qu'on connaît sous les iinms de Graininëes, Utiict^cs, Labiées, Composées,* Ombellirtres, Crucifères et Lf^nii neuses. Il reconnut que la structure de l'embryon est idealiqi r' dans toules les plantes d'une de ces familles ; qu'il est muiuo'l'- Iddoné dans les Graminées et les Liliacécs, dicotylédonë duM kt cinq autres ; que la structure de la graine est identique nbîi . l'embryon mnnocotylédoné, placé dans l'axe d'uu fÈrisçenn charnu cheï les Liriaeées, sur le côté d'un pt'rispcmie («nne» chei les Graminées ; l'embryon dicotylédoné, au sommet d'un {■ rispcriue dur et corné chez les OmlKlIiEcres, dépourvu de ^n sperme chcE les trois autres; que les élamines, qui peuvent Tin. I parleur nombre dans une Lncme famille, les Graminéc». p' cïemple,ne vorienipas en gênerai par leur mode d'insertion. hjp gyne dans les Graminées, dans les Cmcifëres; sur la cotvIIf Âji les Labiées et les Composes ; sur un disque épigynique im» !>- Ombcllitères. Il obtenait ainsi la valeur de certains caraclrm 4' i nedc'iient pas varier dans une môme famille naturelle. Hai«ii.dessous de ceux-là s'en trouvaient d'autres plus variable* q» i chercha à apprécier de même, soll par l'élude d'autres Ikmillrindiquées par la nature même, soit dans celles qu'il forawln appliquant ces premières rcglcs et plusieurs autres égaknwM fondées sur l'observation Nous ne pouiTion» le suivre ici dan» to détails de ce long travail, duquel résulta l'établissement de ccn; familles comprenani tous les végétaux alors connus.

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g 515. On voit dans tout ce qui précède l'emploi d'un principe qui avait échappé à Adanson : celui de la subordination des caractères, qn\y dans la méthode de Jussieu, sont, suivant sa propre expression, pesés et non comptés. Us sont considérés comme ayant des valeurs tout à fait inégaies : de telle sorte qu'un caractère du premier ordre équivaut à plusieurs du second, un de ceux*ci àplu* sieurs du troisième, et ainsi de suite. Cette valeur est déterminée par l'observation et rexpérienee ; et, à mesure qu'elle s'abaisse, elle est de moins en moins fixe. Pour me servii* d'une compai*aison fiimitière employée plus haut, celle de monnaiesde métal différent avec les divers caractères qui doivent par leur réunion composer ime certaine somme de rapports entre les plantes d'une même famille^les pièces d'or auraient un taux invariable, plus que celles d'argent ; et celles de cuivre vaudraient un peu plus ici, là un peu moins, destinées en quelque sorte à fournir l'appoint da cette somme où la monnaie d'un métal plus précieux forme le principal et est seule rigoureusenient contrôlée.

§ 546. L'importance de la subordination des caractères résulte surtout d'une considération que nous n'avons pas fait valoir encore, mais qui ressort nécessairement de cette combinaison de plusieurs caractères dans chaque famille. C'est ^u'un caractère d'un ordre supérieur en entraîne à sa suite un certain nombre d'un ordre différent, et en exclut, au contraire, im certain nombre d'autres; de sorte que renonciation pure et simple du premier sufût pour faire préjuger la coexistence ou l'absence de ces autres, et qu'une partie de l'organisation d'une plante est annoncée d'avance par un seul point qu'on a su constater, ce qui abrège et simplifie merveilleusement les recherches et le langage. Ainsi, par exemple, nous avons YVL, presque à chaque chapitre de cet ouvrage, que l'absence ou la pit^sence des cotylédons, leur unité ou leur pluralité se manifestent presque dans toutes les parties de la plante, qui présentent des différences profondes et frappantes suivant que son premier germe s'est montré différemment constitué sous ce rapport. Lorsque nous disons qu'une plante est monocotylédonée ou dicotylédonée, ce n'est donc pas ce simple fait que nous énonçons, mais un ensemble de faits; nous avons une idée de l'agencement général des organes élémentaires dans ses tissus, de la manière dont elle germe et se ramifie, de la structure et la nervation de ses feuilles, de la symétrie de ses ficurs, etc., etc. De tel caractère secondaire, nous pouvons de même en déduire plusieurs autres d'un ordre supérieur, égal ou inférieur : dire que la coroHe est monopétale, c'est dire que la plante qui en est pourvue est dicotylédonée, que les étamines sont insérées sur la corolle en nombre défini égal ou

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inforicnr à celui de ses divisions. La connaissance de tous ces mpporinoonstants entre les différentes parties^ qui permet de conduru dHtjMkrtie au tout comme du tout à la partie^ est la base de la tÉltllJMe naturelle ; et, si cette connaissance était parfaite, on pctttfVait dire que la méthode est la science elle-même, puisque la place ^'eHe assignerait à chaque plante résumerait son organisation, et que de son organisation dépend toute sa manière de vivre. Aussi Toyons-nous qu'en général dansunefamille vraimentnaturelle règne un grand accord de propriétés économiques ou médicales entre les plantes qui la composent : ce qui doit peu étonner^ puisque la similitude d'organes doit y entraîner celle des produits. Celle vérité donne à la méthode naturelle un grand avantage spus le point de vue d'utilité pratique. î-

§ 517. Classes. — Les familles. une fois constituées, il,s'agissait de les coordonner entre elles de manière à rapprocher à lem* tour celles qui se ressemblent le plus et éloigner celles qui se ressemblent le moins. Le procédé suivi pour le groupement des genres s'offrait naturellement ; les caractères communs à plusieurs familles à la fois permettaient d'en réunir plusieurs en groupes plus élevés, et la subordination des caractères établie indiquait dans quel ordre ils devaient êlre*employés. Celui de l'embryon marchait évidemment en avant de tous les autres, et partageait le règne végétal en trois grands embranchements : Acotylédonées, Monocotylédonées et Dicotylédonées. Après ce caractère fondamental, mais bien au-dessous de lui, A.-L. de Jussieu plaça Finsertion des étamines, hypogyne, périgyne ou cpigyne. Mais, dans les Dicotylédonées, ces étamines se soudent par leurs filets avec la coroUe lorsqu'elle est monopétale; de manière que dans ce cas leur insertion, au lieu d'avoir lieu immédiatement sur le tonis, sur le calice ou sur l'ovaire, ne s'y fait que par l'intermédiaire de la corolle, naissant à l'un de ces trois points. Le caractère de la corolle ainsi lié à celui de l'insertion marche de pair avec lui L'insertion n'est que l'expression de la situation relative des deux ordres d'organes delà fleur, des étamines, par rapport au pistil, dans une môme enveloppe. Mais, s'ils sont séparés sur des ûenrs différentes, cette relation n'a pas lieu, et c'est le fait même de leur séparation qu'il faut exprimer Telles sont les principales considérations d'après lesquelles les familles furent distribuées en 15 classes que voici résurnées par un tableau qui les fera plus facilement comprendre. Les termes employés dans les premières colonnes ont été précédemment définis (§§ 299, 308, 309) ; ceux de la dernière ont été proposés à une époque plus récente, pour pouvoir désigner chaque classe plus commodément.

MÉTHODE DE JUSSIEU. «î)5

CLEF DE LA MÉTHODE D'A. L. DE JUSSIEU. v^vai^j.

AcoTiLBDo:«B8 1 acotyléd(

( bypogynes. . . 2 mnnnhyp

MoNOcoTKLBooNis.. Étamines { périgynes 3 mouopérl^^es/Eây>S04

( épigynes ... 4 monQ>é]^iff|iies/iPi^513

{épines 5 épistammdes /bylSO.

périgynes 6 péristaminées /«r{8S8-564.

liypogynes ........... 7 hypostaminées JMr. 567.

ihypogynes '. . 8 hypocoroUées i^. 6^8. périgyûes ..'•... 9 péricorollées /tj/r. 678. / soudées i lOépicorollées syiianlhcrcs épigynes. 1 entre elles. | ^. 682.

Anthères j ^ i i épicoroUées chorUan- . \ distinctes / thères fig, 667.

(épigynes 12 épipétalées fig, 624.

hypogynes 13 hyiMopétalées fig, 586-594, périgynes 14 péripétalées ng. 615.

vdicUnes i5diclines fig, 514-543.

§ 518. Il y a donc deux parties distinctes à considérer dans la méthode de Jussieu : i^ le groupement des genres en familles ; 2* ]a coordination de ces familles eif classes et leur série. Cest presque toujoui*s cette division en classes, telle qu'elle est indiquée par le tableau précédent, que les livres élémentaires se contentent de présenter sous le nom de cette méthode, quoiqu'elle ne soit seulement que la partie la moins importante de ce grand travail. Le grand pas vers rétablissement de la classiûcation naturelle, c'était celui de familles qui méritassent ce nom, et c'est ce qu'exécuta A. L. de Jussieu. 11 semble lui-même avoir signalé cette distinction dont nous parlons pai* le titre de son ouvrage, qui annonce les genres disposés en familles naturelles suivant une méthode employée au jardin de Paris (Gênera p/anforum secundùm ordines naturales juxta methodum in horto regio Parisiensi exaratam). Il appliquait Tépithète aux familles et non à la méthode tout entière. Mais en exposant le premier les grands principes qui doivent présider à la classification non-seulement des plantes, mais de tous les êtres organisés; en donnant, par les familles dans lesquelles il distribuait tous les végétaux, une base solide en même temps qu'un modèle à la science, il avait fait assez pour qu'on pût dater de ce moment la fondation de la méthode naturelle, qui des lors ne fut plus à découvrir, mais à perfectionner.

Ses familles ont été toutes conservées, avec les seuls change menls qu'amène nécessairement le progrès de la science, soit en apprenant à cunnaitrc à fond d»»s plantes oui n'claient connues

UOTAMQUE.

qu'impaifailemeut.soiten en faisanl découvrir un grandal nouveUcs, pour lesquclle? il faut ou Tormcr des cadres uouti élargir les anciens. Hais, dans ces cas, si les limita ~

lionnelles changciil, les rapports réels ne changent |

plus, par exemple, que ceux de divers points dans une étente* pays qui, de province unique, serait scindée en plusieurs djftf' iements.

Quant à la coordination des familles, elle a été souvent atUfoii et inodiliée, non pas dans sa division Tond aniett taie, «dmise aaitdsellcment, mais dans ses divisions secondaires, tirées de lloMrlM) des élamines. On leur a reproché d'admcllrc beaucoup d'tutf tions, de contrarier plusieurs rapprochenients oalur«î^«td'i« amener qui ne le sont pas. Ces reproches sont souvent }ialû» ; wb cepcndant.quaiqueplusd'undcmi-sièclc sesoit écoulé dejitAaRF dassificnliun, et que bien des casais aient été tent(!s pour tnnWtuer une meilleure, nom ne voyons pas qu'on ait jusqu'iti Iwht.' Iicaucoup mieux, rien du moins que jusiifie l'adoption de la grai ralité des botanistes.

g SID.DeCandolle, qui aie premier appliqué ta méthode lultrclle à l'ensemble des plantes d'un grand pays, la France, et.Hit tard, à l'universalité des espèces végétales, a suivi, dant U «m (les ramilles, un ordre qui ne s'éloigne pas essentiellement dr tchu de Jussieu. En elTel, séparant les Dicotylèdonées en lAatoni/Inn i[ui répondent pivcisément aux hjpopétalées ; catyeipom, ^k- [wndent aux péripétalécs ; coroiiipores, qui répondent sut nxMiopttales, et monochlamydérs, qui répondent aux apétales, il Mtiwn avoir suivi les règles tirées de la corolle et de sesinsvflHNif,elM dilH'i'e qu'en ce que les deux dernières de ces grandes tiaûetn comprennent chacune plusieurs.

§520. D'autres auteurs se sont élolg^i^s davantage decetCtdR. Mais tous, du moins tous ceux qui méritent quelque autorité ihI d'accord sur la première division du régne végétal « gtinfr (groupes dont la structure de l'embryon résume les caraotiits, d h peu près sur la dernière division en ces groupes plus patils^ nous avons nommés ramilles. Ce n'est que sur les divûiaai Inkimédiairesque portent les dissidonct». Nous n'avons pa« à dmuhi occuper jusqu'à ce qu'elles cessent, et que, soit par la i iiinniwitfT d'iïléments qui nous manquent encore, s»il pnr quol<]iie heueni ofTort d'un génie auquel se découvre une base jiniqu'ici inoomne. nous vovions s'établir une classilicationqui rallie tottlcs leuopiaHW cl commande les convictions. Elle sera |Hiiir la conrdinaliun d» l.imlllei: entre elles ce qu'a élé rétiililiswmeiit des fainilli-- cllc»mêuies pour la «.'jordi nation des Konic». Ce sera lu second cl ifcT-

nier grand pas dans la marche de la méthode naturelle appliquée au règne végétal.

Mais le premier était peut-être de beaucoup le plus important ; car, malgré la multiplication des familles, leur nombre n'est pas Id que la mémoire ne puisse retenir leurs traits distinctifs, surtout par le secours qu'elle reçoit de leur première division en trois grands embranchements. Le but évident de la méthode est de nous faciliter la reconnaissance complète des végétaux divers, en substituant à. ces unités naturelles, qu'on appelle espèces ou genres, et qui dans leur multitude ne peuvent être toutes à la fois présentes à la mémoire la plus heureusement douée, d'autres unités d'un ordre phis élevé, en nombre assez limité pour que leur connaissance ûmuUanée n'excède pas les forces de l'esprit humain. C'est ce qu'a fait l'établissement des familles. Sachant qu'une plante appartient à telle ou telle famille, nous avons déjà des notions sur tous les principaux points de son organisation et sur ses rapports avec le reste des végétaux. Toutes les fois que nous avons besoin d'en trouver de plus étendus, nos recherches, ainsi resserrées dans un cercle plus étroit, deviennent plus promptes et plus facile^ ; de là les progrès incontestables qu'a faits la botanique depuis que les familles ont remplacé d'autres systèmes dont leiPgroupes secondaires, l'cunissant des végétaux par un seul point de leur organisation, n'en représentaient qu'un seul trait souvent insignifiant. De là cette assertion émise plus haut : que le grand pas vers la découverte de la méthode naturelle a été l'établissement de familles dignes de ce nom et du principe de la subordination des caractères.

En constatant ce titre de gloire du nom que j'ai l'honneur de porter, je crois avoir été mû par le sentiment de la justice autant que par un sentiment filial. 11 importait d'ailleurs de bien pénétrer l*esprit des élèves de cette vérité : que l'œuvre de Jussieu n'est pas dans le court tableau qu'on leur présente comme son rédumé ; qu'elle resterait intacte même en le réformant ou en le rejetant ^ et que, tout en se le rendant familier, ils doivent aller au delà s'ils veiûent avoir une idée nette de la méthode naturelle. La connaissance des familles est sans doute trop vaste et demande une trop longue étude pour qu'ils puissent l'acquérir complètement ; mais il est bon qu'ils en étudient quclques-^mes avec soin, qu'ils se pénètrent bien de cet ensemble de caractères qui les constitue. Alors ils pourront, par analogie, juger des autres, et comprendre nettement ce qu'on entend par famille.

§ 521. Les boi'nes de cet ouvrage ne nous permettent pas de les oxposer toutes, même brièvement. Nous nous coutenlcroiis donc d'uue suite de tableaux propi'cs à faire saisir lems piincipaux ca-

raclcrcs. Mais parmi toutes ces familles , nous en choisirons, en outre, quelques-unes que nous décrirons avec un peu plus de détail, quoique le. plus succinctement possible. Ce seront les plus importantes ou celles qui, présentant quelque point d'organîsatioD peu commun ou exceptionnel, nous donneront Toccasion, en ks signalant, de compléter les notions plus générales auxquelles nous avons dû nous borner dans le cours de l'exposition précédente. Nous entrerons aussi dans quelques détails sur celles qui se font remarquer par quelques propriétés particulières^ par des produits soit utiles à Tindustrie, à Téconomie ou à la médecine, soit au contraire nuisibles.

§ 522. D'après toutes les considérations qui ont été présentées plus haut, dans l'exposition des familles du règne végétal, nous adopterons encore les grandes divisions établies par A.-L. de lussieu, de {M'éférâbce à celles qu'on a plus récemment proposées, parce que cellea-d ne reposent pas encore sur des règles fixes, et que, malgré le mérite qu'elles peuvent avoir si on les considère une à une, il manque encore à leur ensemble ce lien systématique au moyen duquel le commençant peut les comprendre facilement et les fixer dans sa mémoire. Nous ne croyons pas néanmoins devoir suivre strictement Tcdre suivant lequel elles ont été primitivement rangées, et il nous reste à expliquer les considérations nouvelles d'après lesquelles cet ordre nous semble devoir être interverti dans quelques-unes de ses parties.

Jussieu, dans l'exposition de ses familles, a sagement procède du simple au composé, commençant parles Âcotylcdonëes et finissant par les Dicotylédonces. La vérité de cette progression a clé généralement admise, non parce que la duplicité de cotylédons est pluscomplexequel'unité, et leur unité que leur absence complète, mais parce que, considérés dans toutes leurs parties, les végétaux acotylédonés sont évidemment plus simples que les cotylédonés, les monocotylcdonés que les dicotylédones : c'est ce qui ressort de l'examen de tous les organes, et nous n'avons pas besoin d'en don* ner ici les preuves, qui ne seraient que des répétitions de ce que nous avons eu l'occasion d'exposer déjà à Tarticle de chacun de ces organes. Cet ordre ne peut donc jusqu'à présent être sujet à aucune objection. Les Dicotylédonées étaient partagées en apétales^ monopétales, polypétales et diclines ; c'est à cette série que nous croyons devoir substituer la suivante : 1" diclines, 2" apétales, 3* polypetalcs, 4* mcnopétalcs. Nous allons examiner en quoi les dernières nous paraissent offrir un degré de composition supérieur aux pn^ cédcntes, et mériter en conséquence cette nouvelle place que nous leui* assignons.

§ 523. Tout êlrc organisé Test à un degré d'autant plus élevé que sa vie résulte d'un plus grand nombre de fonctions^ exécutées par lin plus grand nombre d'organes. L'organe végétal le p1us.«imple est évidemment une cellule^ puisque c'est le premier état de tous les autres. Une plante qui serait réduite à une cellule, ou à un petit nombre de cellules identiques entre elles, serait donc sans contredit la plus simple entre les plantes. Or, nous observons ce degré de réduction dan s -certaines Algues, qui, par conséquent, doivent occuper la première place dans une série procédant du simple au composé. Chaque cellule, en se séparant des autres, est ici également propre à propager la plante : il y a donc confasion complète des organes de la végétation et de ceux de la reproduction.

§ 524. Nous trouvons ensuite d'autres végétaux, dont le corps forme une masse uniforme sans distinction nette'de parties, mais dont cependant le tissu n'est pas aussi parfaitement homogène ; car parmi les celluWs qui le composent, quelques-unes prennent par leiu: forme et leur contenu im développement un peu différent des autres, et les premières sont plus propres à reproduire le végétal que les secondes. Il y a donc déjà des fonctions diffcrentes exercées par ces organes encore si simples; celles de reproduction se trouvent confondues encore avec c^les de végétation, si Ton n'a égard qu'à la masse indivise qui constitue le végétal ; elles se séparent si l'on a égard aux divers points de cette masse, puisqu'elles se localisent sur plusieurs d'entre eux.

§ 525. D'autres végétaux plus composés commencent à nous montrer dans leur corps la distinction de certaines parties de ces oi'ganes que nous avons appelés fondamentaux, l'une centrale ou axe, les autres latérales ou feuilles. La végétation n'est pas identique dans les imes et les autres, et devient plus compliquée lorsqvm, dans le tissu jusqu'ici exclusivement cellulaire, viennent se former diverses modifications de vaisseaux : voilà donc une fonction exercée par un plus grand nombre d'organes différents. Ceux de la reproduction se sont séparés de plus en plus nettement ; ilsisc sont en général associés aux organes latéraux, dont ils semblent encore faire partie dans beaucoup de cas (dans les Fougères, par exemple) : mais, dans tous les cas, ces organes ne consistent encore qu'en une portion de tissu cellulaire modifiée d'une manière particulière, telle que dans certainiBS cellules s'en forment plusieurs autres que nous avons nommées spores (§ 497).

§ 526. De cet examen rapide des Cryjptoganics, nous pouvons conclure que le degré de confusion entre les organes de la végétation et ceux de la propagation est la mesure du degré de simplicité du végétal tout entier ; que leui' distinction de plus eu plus

nette exprime^ en général^ une organisation de plus en plus composée^ comme le prouve le perfectionnement des organes fondamentaux^ qu'on voit se compliquer suivant la même progression.

§ 527. Arrives aux plantes cotylédonées ou phanérogames, nous voyons les organes de la reproduction prendre une fKHrme nouvelle et double, celle d'anthère et d'ovule ; et l'action réciproque de ces deux organes est nécessaire pour que la fonction s'exerce. Cette nécessité de leur concours constate un degré plu: élevé de dignité dans la fonction, qui prend un nop nouveau : celui de fécondation. Elle établit un rapport entre le règne végétal et le règne animal, qui, sans contestation, jonit d'une organisation beaucoup plus élevée. 11 ne peut donc y avoir de doute que les plantes phanérogames ne soient plus organisées que les cryptogames. Il reste à rechercher comment, dans les premières, on peut établir cette gradation, que nous avops essayé de faire reconnaître dans les secondes.

§ 528. Les organes de la végétation sont dans les Phanérogame^^ comme dans les Cryptogames les plus élevées, des axes et des feuilles ; ceux de la reproduction sont compris sous le nom général de fleur, et nous avon|. vu qu'on s'accorde généralement, aujourd'hui, à considérer les différentes parties de la fleur comme autant de feuilles plus ou moins profondément modifiées. Plus la métamorphose des unes dans les autres sera complète, plus ladistinction entre les organes de la végétation et ceux de la reproduction sera large et nette, moins, si la règle que nous avons posée plus haut est vraie, le végétal sera simple.

§ 529. La modification est toujours profonde et complète dam les organes essentiels de la fécondation, l'anthère et l'ovule. L'anthère, dont toutes les cellules en produisent à leur intérieur plusieurs autres d'une nature particulière, agents immédiats de la fonction (grains de pollen], offre, par ce point de son organisation, un rapport évident avec les feuilles sporifères des Cryptogames ; mais la feuille, dans celles-ci, n'est métamorphosée qu'incomplètement et exerce encore, dans une partie plus ou moins grande de son étendue, ses fonctions végétatives : dans l'anthère, elle s'est, par une complète métamorphose, exclusivement vouée à la fonction reproductive, et par cette distinction nette de forme et d'action, elle constate déjà une organisation plus élevée. L'ovule, avec sa structure si compliquée, parait moins une seule feuille qu'ua petit amas de feuilles ; mais ce n'est guère que par le raisonnement ot l'analogie qu'on est conduit à lui assigner cette origine. Si ce suntcnorTct des feuilles, elles sont entièrement méconnaissables et c&erccnt d'ailleurs des fonctions entièrement difréreiiles. Lcsovulc^,

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de (dus, sont généralement caches sous une envclo|(pe que foitnc une autre feuille modifiée elle-même^ quoiqu'à un moindre degré (le tarpelle) ; de sorte qu'on pourrait dire qu'ici la métamorphose s'est élevée à sa seconde puissance. Rien d'exactement comparable dans les Cryptogames.

§ 530. Mais nous avons vu que très-souvent d'autres feuilles voisines^ dépouillant les apparences et les fonctions foliaires, prennent part à ce déguisement pour former les enveloppes de la fleur: elles isolent encore plus les étamines et les carpelles des organes végétatifs^ et forment avec eux un système plus composé et plus distinct. L'accession de ces parties nouvelles aux organes de la reproduction parait donc accuser un nouveau degré d'organisation.

§ 531. Cependant ces diverses parties de la fleur retiennent encore souvent quelques vestiges de leur nature foliaire^ sans lesquels on ne fût pas parvenu à la reconnaître : c'est surtout lorsque^ indépendantes les unes des autres, elles conservent sur l'a^e raccourci qui les porte les positions relatives qu'on est accoutumé avoir entre les feuilles. Ce caractère de la situation, bien plus tenace que celui de la forme, de la structure et, par suite, de la fonction, est le dernier qui s'efface ; mais, s'il s'eflàce lui-même, on peut dire que la métamorphose atteindra son maximifin. Or, c'est ce qui alieupar suite des adhérences entre les divers organes floraux. 11 est clair que, dans un calice ou ime corolle à cinq dents, dans un tube formé par la soudure de cinq anthères, dans un ovaire quinquéloculaire siàtnonté d'un style simple, il était bien plus difficile de reconnaître cinq feuilles que dans autant de sépales, de pétales, d'étamines et de carpelles entièrement distincts ; que, dans des étamines régulièrement disposées en spirale sur un toinis aplati ou surtout cylindrique (comme chez les Magnoliacées), on pouvait présumer des feuilles modifiées, pliitôt que dans ces mêmes étamines partant du tube du calice ou de la corolle, ou surtout d'un disque tapissant le sommet d'un ovaire confondu avec le calice. Qu'on combine ensemble, dans une fleur, ces divers degrés d'adhérence des diverses parties, et l'on arrivera à un ensemble où tout observateur, s'il n'est pas averti d'avance, ne poun'a soupçonner >une succession de feuilles et oïl les organes de la reproduction seront devenus aussi distincts qu'ils peuvent l'être de ceux de la fécondation, en perdant leurs derniers rapports, ceux de position^

§ 532. On concevra maintenant pourquoi nous avons placé les Monopétalées au-dessus des Polypétalées, contre l'usage universellement reçu. D'ailleurs si, d'après un autre principe généralement admis, on estime la valeur des caractères parleur constance, on verra que celui de la corolle monopétale, surtout liéeàl'insertion médiate

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des ëtamincs^ admet beaucoup moins d'exceptions que celui de la corolle poly pétale. La plupart des familles polypctalces renferment quelques genres apétales, et plusieurs offrent une afGnité évidente avec d'autres familles entièrement dépourvues de corolle. C'est un point si bien reconnu, que plusieurs auteurs proposent de les mêler dans une grande classe commune, comme Ta fait, par exemple, M. Adolphe Brongniart dans l'ordre qu'il a adopté pour l'école botanique du Jardin des Plantes de Paris.

§ 533. Les Monocotylédonées peuvent offrir, dans la composition de leurs fleurs, divers degrés, comme les Dicotylédonées, et même arriver, par les adhérences de leurs parties, à un état de complication presque aussi remarquable que celui des Synanthérées que nous avons placées au dernier et plus haut point delà série végétale: les Orchidées en ofirent un exemple. On ne voit donc pas pourquoi, sous ce rapport, elles seraient considérées comme inférieures en organisation ; car si leurs enveloppes sont toujours bornées à un périanthe simple, c'est aussi le cas pour les fleurs de beaucoup de Dicotylédonées, et même, parmi celles-ci, on en trouve qui, réduites à un ovule nu, présentent encore un plus grand degré de simplicité. Ces deux gran(|g embranchements, considérés par rapport aux organes de la fécondation, marchent donc suivant deux lignes parallèles plutôt que sur une seule et même ligne, Tun en arrière et à la suite de l'antre. Mais en recourant alors à la comparaison des organes delà végétation, l'égalité disparaît : les Monocotylédonées offrent une structure plus simple, un tissu beaucoup plus uniforme.

§ 534. Nous avons cherché des principes d'après lesquels puisse être établie la série des végétaux, des plus simples aux plus composés; mais nous avons vu, par les divergences des botanistes, la difliculté d'en trouver une qui puisse satisfaire parfaitement à cette condition et placer toutes les plantes dans leurs véritables rapports les unes relativement aux autres. Ces rapports, en effet, sontmultiplesdans la nature. Toute espèce outoutpautre collection de plantes (genre, famille, etc.) se rapproche de plusieurs autres à la fois par des rapports d'une valeur égale ou presque égale, et dans toute série elle ne peut être rapprochée que de deux, celle qui la précède et celle qui la suit ; ce qui rompt nécessairement d'autres rapports souvent aussi intimes. Linné a ingénieusement comparé le tableau du règne végétal à une carte géographique où chaque pays en toii^cbe à la fois plusieurs dont il est environné : qu'on tire une ligne continue de l'un à l'autre, elle ne passera que par un certain nombre de pays A en laissera un plus grand nombre à droite et à gauche. La série des familles est cette ligne, et nous ne pouvons les y placer

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toutes qu'en en transportant beaucoup hors de leur place naturelle. i. R. Brown a expliqué cette vérité avec autant de bonheur que l'exactitude en disant que le lien des êtres organisés est un réseau ît non une chaîne.

Une troisième comparaison, que nous emprunterons au règne végétal même, aidera à comprendre comment cette multiplicité le rapports n'exclut pas l'idée d'une série générale, et comment :és lignes dirigées et entre-croisées en tous sens peuvent se coorlonner en une seule ligne continue. Les familles sont comme les turanches d'un grand arbre nées sur un tronc commun, dont chanine dans son développement en touche plusieurs autres à la fois si peut môme les croiser, dont quelques-imes peuvent en dépasser d'autres nées au-dessus d'elles; mais, malgré cette divergence lansun sens et cette confusion apparente, elles convergent toutes rers le tronc et en partent l'une après l'autre sur une seule ligne léroulée de bas en haut. On conçoit sans plus de détails comment ia métaphore peut se continuer et comment la ramification diver- {ement modifiée, avec ses divisions de tout ordre et de toute grosseur, peut représenter toutes celles qu'on voudra admettre lanis la classification. . ^

§ 535. Les rameaux, nés sur les branches qui figurent les fanilles, figureront eux-mêmes des genres. Or, ils peuvent naître xms successivement l'un après l'autre sur une branche simple, m bien plusieurs ensemble vers une même hautëiur sur une bran- :he elle-même ramifiée ; formant ainsi dans le premier cas une iérie, un groupe dans le second. Cette double modification s'observe également dans l'arrangement des genres d'une même Ikmille. 11 y a des familles par groupes, dont tous les genres trèsr (assemblants entre eux, chacun touchant à plusieurs autres à la bis, s'agglomèrent dans une certaine confusion. 11 y a des /ami7- 'esparenchainement, dont les genres, liant chacun celui qui le suit ivec celui qui le précède, fornient une véritable série dans laquelle edernier ne se rattache au premier que par cette suite de chaînons utermédiaires et peut quelquefois lui ressembler assez peu. Les )remières sont nécessairement plus naturelles que les secondes.

Avant de connnencer le tableau et l'exposition des familles, lous devons encore ajouter quelques notions.

§ 536. !"> Har leur nom. — Plusieurs des plus anciennement »l plus universellement reconnues le tirent de qiielques-uns de eurs traits les plus saillants : comme les Ombellifères et les Corymiifères, de leur mode d'inflorescence ; les Légumineuses et les Conifères, de leur fruit; les Labiées et les Crucifères, de la forme de eur corolle ; les Palmiers, les Graminées, de rensemble de la

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plante, etc. Mais, quant, aux autres, on est convenu, en gjénéral, de désigner chaque famille par le nom d'un de ses principaux genres, celui qu'on peut considérer comme le type autour duquel viennent se rallier tous les autres, et la désinence du nom latin de ce genre est changée en une autre : acées (comme dans Rubiacéen), inées (comme dans Laurinées), idées (comme dans Capparidées], ariées (comme dans Onagrariées), C'est la première de ces terminaisons, celle en acées, qui est le plus généralement employée, et quelques auteurs, avec raison peut-être, s'en servent ezdùsivement. On est convenu de réserver en général la simple désinence en ées, que beaucoup de noms de familles {Joncées, Polyg(mies,e\c,) prenaient autrefois, pour désigner des divisions d'un ordre inférieur. En effets certaines famUles sont susceptibles d'être partagées en plusieiu^ groupes secondaires unis par des caractères qu'on ne regarde pas encore comme assez, importants pour les élever eux-mêmes à la dignité de familles : on les appelle desfrt6tif. Ainsi les Méliacées forment une famille dont tous les genres sont réunis autour du genre Melia par certains caractères communs, mais il y a d'autres caractères qui ne sont pas communs à tous les genres de la famille, et ceuvlà offrent deux combinaisons: Tune, qu'on retrouve das& le Melia et quelques autres genres ; l'autre , qu'on observe dans le reste et notamment dans le genre Trickilia, On pourra donc partager les Méliacées en deux tribus, Méliées et Trichiliées. Les tribus doivent composer des groupes naturels, et ce sont par conséquent conome de petites familles, susceptibles d'être un jour élevées à ce rang, s'il wrive que, par la découverte d'un assez grand nombre de plantes nouvelles, la famille dont elles font partie vienne à prendre dk» même assez d'étendue et d'importance pour justiGer ce démembrement. La plupart des tribus établies primitivement sous le nom de sections par Jussieu, dans ses familles, en sont devenues plus tard elles-mêmes. On doit donc peu s'inquiéter si un groupe est famille ou tribu, pourvu qu'il soit bien naturel, d'autant phu que toutes les familles sont loin d'avoir une importance égisde, ou par le nombre des plantes qui s'y rattachent, ou par la valeur des caractères qui les distinguent. Dans l'énumération qui suit, nous avons trop peu d'espace pour descendre jusqu'aux tribus, que nous indiquerons seulement dans quelques cas, lorsque les caractères employés par nos tableaux, écartant un peu l'une de l'autre deux tribus d'une même famille, nous y conduiront séparément. Nous emploierons aussi indifféremment les différentes désinences que nous venons d'indiquer, choisissant de préférence pour chaque (Emilie celle du nom sous lequel elle est plus vulgairement con-

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