NOTIONS
SUA QUELQUES-UNES DES PRINCIPALES FAMILLES DU RÉGNE VÉGÉTAL j CONSIDÉRÉES COMME EXEMPLES DE LA MÉTHODE PRÉCÊDEKTE.
§ 539. Commençons par indiquer la maiche qui nous parait la plus convenable pour mettre à profit ce nombre de leçons si peu en rapport avec celui des objets qui se pressent en foule devant nous. Dans ces premières études il ne s'agit pas d'apprendre la science que n'épuise la vie ni d'un homme ni des générations successives; il s'agit de concevoir nettement l'esprit de la science. On ne peut prétendre à connaître letout^ on ne peut qu'en juger d'après quelques parties^ d'après quelques exemples bien choisis.
Pour bien comprendre ce que c'est qu'une famille^ il est bien meilleur d'en étudier à fonâ quelques-unes^ que de charger sa mé* moire descaractères incomplets d'un grand nombre qu'on apprend ainsi à distinguer seulement par leui's différences^ c'est-à-dire systématiquement. Nous conseillons donc au professeur, avant de commencer la revue générale de ces familles, d'en faire connailie à ses élèves trois ou quatre en détail. Il devra les choisir de telle manière qu'ils y trouvent des exemples de familles par enchaincment aussi bien que par groupes. J'indiquerai comme des plus favorables à cet exercice celles des Rosacées, des Renonculacées, des Crucifères qui offrent ces modifications bien cai*actérisées à diflërents degrés et ont de plus l'avantage d'être représentées par un grand nombre de plantes faciles à se procurer dans les jardins et dans la campagne. Cette démonstration servira en même temps à donner la notion du genre, puisqu'il faudra comparer entre eiu tous les principaux genres qui constituent cbacime de ces familles ; uu petit nombre de ceux-ci suffira dans une famille par groupes conune celle des Crucifères ; il en faudi'a beaucoup plus dans une famille par enchaînement comme celle des Rosacées, plusieurs ou au moins un pour chacune de ses tribus. On devra suivi-e pour guidt! un auteur d'une autorité bien reconnue comme De Candolle dans son Prodrome, Endlicher dans son Gênera, Celui de Jussieu en serait encore un excellent, et suffisant pour cette sorte d'exercice qui n'exige pas la connais^^ancc complète de l'état actuel de la science.
FAMILLi:S DU UÈGNE VÉGÉTAL. 407
Il sera bon enfin de profiler de cette occasion pour comparer entre elles les principales espèces de quelques-uns de ces genres et donner ainsi d'un seul coup à Télève une idée nette de toutes ces Unités subordonnées, famille, tribu, genre, espèce. Deux ou trois leçons seraient très-utilement consacrées à cette exposition ; puis une seule suffirait pour comparer à ces familles bien étudiées, toutes les autres où Ton ne s'attacherait plus qu'à faire ressortir les principauT caractères^ surtout ceux dont on pourrait montrer des exemples.
§ 540. Ainsi que nous Tavons annoncé (§ 521)^ nous avons donné quelques détails sur quelques familles seulement, les plus remarquables par le rôle qu'elles jouent dans la végétation générale de la terre et en particulier de notre pays, ou bien encore parleurs-produits et leur application aux besoins de l'homme. Mais nous avons cm devoir y joindre la revue complète des fainilles dans une suite de tableaux qui indiquent leurs principaux caractères et par conséquent leurs rapports. 11 était nécessaire de les contiaîtreau moins à ce degré, pour que le chapitre suivant, celui de I9. géographie botanique, où il est indispensable d'en citer un assez bon nombre^ ne présentât pas un assemblage de noms sans signification.
§ 541 « Rappelons bien enfin toute l'insuffisance de ces tableaux : destinés< seulement à signaler les diflKrences des familles par les principaux points de leur organisation, mais nullement à f£dre connaître cette organisation tout entière, ils sont nécessairement plus ou moins systématiques, et n'ont pu, pour se prêter à des coupes nettes et claires, respecter toujours Tordre naturel (1). Quelques familles se trouvent donc un peu hors de la place qu'elles devraient y occuper. Nous avons néanmoins cherché à les en éloigner dans ce cas le moins possible, et à les montrer au moins dans le groupe des familles avec lesquelles elles ont le plus d'afiinités ; quoique^ cela même ne nous ait pas été toujours permis, par les concessions qu'entraînait l'établissement do ceitaines grandes divisions : de celle des Diclincs, par exemple. Quelques notes, au reste, pourront signaler ces écarts à mesure qu'ils se présenteront.
L'ordre que nous suivons a été annoncé précédemment (§ 522) ; nous ne le répéterons pas ici, pour abréger, et nous renverrons à la table des matières qui résume cet arrangement général tel-
(1) Dans un aatre ouvrage déjà cité précédemment (Dictionnaire universel (Thiatoir* nature Je, article Taxokoiiir, vol. XII, p. 415-426). où nous n'étions pas gênés par la forme des labienux analytiques adoptée ici, nous avons exposé la distribution des-la* milles dHDS Tordre que nous concevons coinme le plus naturel. Mous ne pouvona la re«, produire ici à cause des limites dans lesquelles est obligé de se resserrer ce cours éiép iiieiilaire, et devons nous couteuter de renvoyer à cet ouvrage les lecteurs qui voudront prendre une idée plus complète tant de notre propre systèirie que des autres qui ont été proposés dans ces derniers temps. :
qu'il rossort de la stiilc de nos tableaux.
Nous ne répéterons pas non plus les caraclùres qui séparent les Irois grand embranchiiinenlK du règne végélal puisai u'ils ont é lé ei posés iiiu; difl'érentschapiti'esdc ce livre.