‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 16 sur 142 · ÉPIDERME · texte numérisé non relu

ÉPIDERME

§ 36. On a longtemps cru que l'épiderme faisait partie du tissu cellulaire qu'il recouvre, qu'il n'en était que la portion la plus extérieure qui, dans l'épaisseur d'une ou plusieurs couches, se trouvait endm'cie et légèrement modifiée par le contact de l'air. C'est ce qui est vrai pour un certain nombre de végétaux d'une organisation très-simple ; mais dans les autres, en général, les cellules qui forment l'épiderme sont tellement différentes de celles du tissu sousjacent, parleurs formes, leurs dimensions, leur mode de réunion, leur contenu, qu'aujourd'hui on s'accorde à le considérer comme un système bien distinct.

ËPIDERUE. i I

g 37. Eïaminons-le d'abord sur les parties qui ae troiiTent en rapport avecl'airjsurles tiges elles feuilles. C'est luiqu'ondélache iirdin.iiremeut de lasurraceiic ces parties jeunes avec plus ou moins de facilitc,sous la forme d'une membrane le plus souvent incolore et transparente; tantât c'est sansqii'U y ait besoin d'aucune prëpa.ration ; tantôt ce n'est qu'après une macération plus ou moins pi'olongée, par laquelle se délruit le tissu cellulaire placé sous l'épi' derme et moins résistant que lui. Si la macération dure longtemps, l'cpiderme finit par être attaqué lui-même, et l'on s'assure ainsi qu'il estforméde deuxparties: l'une, la plus durable et lapluseïlérieure, est une pellicule mince et continuequi s'étend sur toute la surface {fig. 78, p p) ; l'autre, plus intérieure, est lépiderme proprement dit, composé de cellules juxtaposées {fig. 78, ee).

§38. En général, ces cellules, de dimensions à peu près égales et déforme tabulaire, sont disposées en une couche unique, d'une épaisseurunifonne(/!!;.80,ee). Elles sont presque toujours beaucoup plus grandes que celles du tissu sous-jacenl> quoiqu'on trouvequelques exceptions à cette règle, par exemple, dans le Figuier élastique, dans l'Omithogalumsylvaticum, où elles sont au eontraircplus petites. Si l'on place la lame transparente d'épi- *

derme à pkt sous le microscope, ses cellules s'aperçoivent avec une grande netteté, et l'on voit le contour de leur face supérieure, régulier (Jig. 78) ou irrégulier Ifig. 81), souvent circonscrit par des lignes droite s, souvent aussi par dcsiignestrès-flexueuâcs ifig. 79}. Dans le premier cas, le quadrilatère et l'hexagone sont les figures qu'on observe le plus fréquemment.

On peut, dans les cellules épidermiques, considérer des parois latérales, une paroi intérieure et une cxlérieure. Les parois latérales

iB. Linbean d'épidernie prii lui uoe (euilt« ds flc'ia iet ptAiialfritgfmaHica). — On voit uue pallicule Èpiàeraiiqat p p ftnée it tes tvntti en buutuiiiiicre f. sppliquêc lur une porliou d*âpiderm< pru|>rcineDl dii ee, i c«ll<il«> looguenieul bvia-

1Ï COTANIQUB.

BdhÈrwnt fortement aux parois analogues des CGlIiiles voisines, elde cette union intînle résulte l'absence des méats in tercellujaires.ainsi que la solidité de toute la membrane.

La paroi intériem'e, dans les cas ordinaii-es où l'épiderme est formé d'une couche unique, repose sur les cellules du tissu sous-jacent etiuiadhèrebeaucoupplus Taiblement. Delà, et del'adhérence des ceUutes épidermiques entre elles, la facilité de les détacher de ce tissu en lames plus ou moins graudiis.

La paroi extérieure, celle '*■ quiesten rapport avec l'air,

est souvent beaucoup plus

ëpiisse que les autres, au pomt que, dans quelques cas, celte

épaisseur va jusque former la moitié de la cellule ou au delà.

Cette paroi est généralement plane, et la surface unie de l'éptdci-me en est une conséquence. Hais d'autres fols, chaque cellule se bombe à son sommet, et alors la surface de l'épiderme.

EPIDliRHE.

leloutcmamelonaée ouh^ri.--

XîOaxJ

M.iminL'e iilalonpc, scmontrea

^eifig. 82, e).Und(^de

phisdanslasailliecxtérjeu

K des cellules commeii

cent un poil ou autres □l'ga

nés anali^es [fig. 63, p p

Hais nous l'ejetterons plus '

loin leur examen dâtaîUé

qui viendrait interrompre

l'exposition plus générâlc '

qui nous occupe.

§ 39. Stanai««. — La Surface extérieure de l'dpidi^nne est,

dans toutes les parties exposées à rair,inarquce de distance en distance par de petites taches que l'examen, au

moyen de grossissements sufQsants, fait reconnaître pour autant de solutions de continuité encadrées d'un bourrelet particulier. Qu'on en examine ainsi un pctitlambeau pris sur la feuille de l'Iris commune ijig. 78), on le verra composé de cellules figurant sur la surface épidermique des hexagones allongés dans le myne sens que ^ la feuille, et disposés en séries rcculignes trësëlroites dans l'autre sens. Entre les petits côtés des hexagones, qui se suivent dans une uxCme série, viennent, à des intervalles assez rapprochés, s'interposer de petits corps [s) de Ibrme ovale, qui, dans leur centre, sont percés d'une Tente oblongue qu'entoure leur contour saillant. Ce contour n'est pas d'une seule pièce; il est composé lui-même de deux corps légèrement arqués, quitounieDtleurconcavitéducAtédelafente,leur convexité en dehors, et s'unissent l'un àl'autre par leur bout. On les 1 comparés à des lèvres, et la fente qu'ils entourent k une bouche. Delà lenom de ïfomales (aTo[>iS, bouche) parlequelons'accordeaujoiird'hui àdésigner ces organes, dont la forme, dans la plupart des plantes, se rapproche plus ou moins de celle que nous venons de décrire dans l'Iris. Nous ne nous arrêterons pas ici à décrite toutes

dcnne e Mt compoX ds de ttcunfléetiOClleaderinK mime qae 1« pirenctayme

8Î. Portlm d><piderine

de rtpiderme d« li lenlUe dn Roehea falcata. — Son 4ptui conchei de csllnlct : cellet de reit«rieuH, tri>-groiK>

irmé dei polit, n'enire» t «ni rcittet pUlet.

ces piitites modiGcatiOns de rormc dont on renconlre toutes les in-

ttrrnédiaii'cs entre celle d'un rond et celle d'un ovale trùsHilroit et

allongé. D'ailleui's, onpeutToirvarier celle d'unraêmestomate en

faisant varieriez conditions dans les<iuelle$ il se trouve, suivant son

état d'humidité ou de sécheresse. On s'en assure en comparant, suu»

le microscope, deux moitiés d'un même lambeau, dont l'une csi

mouilléect l'autre sèche. Dans la première, les lèvres des stomates

sont gonflées et laissent entre elles leur intervalle largement Léant

en augmentant ainsi leur arqùre ; elles sont réti'écies, rapprochées

et contiguës dans la seconde. On conçoit donc que, pendant la vie,

;... l'afflux dos liquides tend à produire le premier de ces deux effets, h

^" Jenir les- stomates ouverts et la communication ainsi Lbre entre

>: Textéricur et les parties enveloppées par l'épiderme.

§4K'Les stomates ne s'observent pas indiUdrcmment sur toutes les parties du végétal exposées à l'air; c'est sur les feuilles qu'ils sontle plus abondants, et ordinairement sur leurlSce inférieuie ; leur nombre varie beaucoup, suivant les plantes, et naturellement on en compte d'autant plus qu'ils sont plus petits.

§ 4t . Leur disposition est vaiiable comme leur nombre. Tanlùt ils semblent dispcrséssansaucunordre(^$. 81, s £ ss), tautùtilssc • plaçait en séries rectilignes, et ' c'est en général lorsque les cellules de l'épiderme aifectent ellesmSmes cette disposition {Jig. 78), Quelquefois les séries sont séparéesentre elles par des espaces égaux; d'autres foi» elles se rapprochent deux à deux, trois à trois ; puis vient une zone assci large, enticrementdépourvue de stomates ; puis de nouveau une tone où se rencontrent les s< Dans ces divers cas, et en gémf- §4. rai, les stomates restent tou-

jours un peu écartés entre eux , mais d'autres fois, quoique rai'ement, ils viennent se rapprocher et comme se serrer plusieurs les uns à côté des autres, et, si l'on ml excepte ces petits groupes, la surface qui les porte n'en montre pas d'aiileui-s IJig. Bi). La famille des Protéacées, celles des Bcgo-

»*. Lambeau d'opiderme de U feuille du Saxifraga larauntoaa, — n Stamitn ttuait pu' groupes sur la turlace de repiderme, doat Im hUdIh doicasent beaucuup plut pclltca autuur d'eui que dam le» eiptCM a« qui en toal dtponnin.

ÉPIDERME. i" 45

nîac<?cs cl des Saxifrages offrent plusiâùrs exemples de celle disposition particulière.

§ 42. Quelle est la véritable nature des stomates ? .

Ces corps sont creux à rintérîeur et contiennent des globules ou des granules {fig. 80 et 8i, s) de natures diverses, quelquefois incolores, souvent verdis par la chlorophylle. Ce sont évidemment deux ^tricules dont les produits sont à peu près les mêmes que ceux des ulricules placés Âmédiatement sous l'épiderme ; et si Ton ne les enlevait toujours avec celui-ci, on pourrait croire qu'ils lui appartiennent moins qu'à la m^se utriculaire sous-jacente. Nous venons . de dire, en effet, qu'ils lui ressemblent par leur contenu ; ils s'en rapprochent aussi quelquefois par leur forme, tandis que suf ^a. point ils diffèrent notablement des cellules épideimiques, qfâ/S^ d'ailleurs, sont ordinairement remplies par im fluide ineolore, et ^ par suite blanches ou transparentes, suivant l'épaisseur plus ou moins grande de leur paroi.

§ 43. Nous avons jusqu'ici examiné l'épiderme dans les parties des végétaux exposées à l'air, et en excluant même les végétaux d'un ordre inférieur. En effet, dans les Champignons, les Mousses, etc., on ne peut pas dire qu'il en existe un véritable ; le tissu cellulaire qui forme la masse de la plante n^e modifie point ou que très-légcrcment à sa surface. Des végétaux acotylédonés d'une organisation plus compliquée, comme les Lycopodes et les Fougères, sont comparables aux cotylédonés pour leur épiderme, qui a une stiiicture analogue et des stomates. Les végétaux aquatiques sont entièrement privés de stomates et même d'épiderme : et ce ne sont pas seulement ceux qui forment des familles placées, comme les Aiguës, par la simplicité de leur organisation, au bas de l'échelle végétale ; ce sont aussi des plantes appartenant, sans aucun doute, aux familles les plus élevées dans cette échelle. C'est le milieu où vit la plante qui détermine la présence ou l'absence de l'épiderme. Cela est tellement vrai, que, dans les feuilles qui nagent à plat sur l'eau, la face supérieure, qui se trouve ainsi en rapport avec l'air, est garnie d'épiderme et de stomates ; la face inférieure n'ea a pas.

§ 44. Les racines, soustraites, quoique moins absolument, au contact de l'air, sont également dépourvues de stomates (fig. 83) ; et même en général, quoiqu'on y reconnaisse une couche d'épideraio, cet épiderme diffère beaucoup moins du tissu sous-jacentque celui de la lige, et quelquefois la différence s'efface complètement.

§ 45. Pellicule épldermiqae^ ou cutieule. — Nous avons dit qu'une macération prolongée séparait l'épiderme en deux parties, dont l'une, l'épiderme proprement dit, que nous venons de faire connaîlre, est plus inférieure et revêtue danstoute son étendue p.ir

4fi

nOTANIOUK.

l'autre pellicule mince (pii on suit la surface dans tous ses contours, dans toutes ses saillies. C'est ce qu'on peut voir sur la feuille du Chou; et 1^ pellicule épidermiquc [pg, 85), qu'on détache assez faciloment, se montre alors exactement moulée sur l'épidenne qu'elle

couvrait, même sur ses poils auxquels elle formait des gaines [ppp p), et percée de petites boutonnières dans tous les endroits correspondant aux stomates [f f). Cette pel- - f licule est une membrane continue, et ne peut se séparer que par destruction en parties plus petites. Si sa face inférieure montre : ■ f souvent la trace d'un réseau {fig. 78, p), ce ... p n'est que Timpréssion qu'a laissée sur elle la surface des cellules épidermiques (p) avec lesquelles elle était en rapport.

Cette pellicule est plus générde que l'épiderme même. Sa présence a été constatée sur les végétaux inférieurs qui n'en ont pas un véritable, et sur les végétaux aquatiques ; aussi est-ce à elle que plusieurs auteurs proposeraient de réservQj' ce nom à'épiderme.

D'autres .fois, dans le lambeautlétaché àla surface de l'épiderme, on a constaté l'existence de plusieurs couches superposées et que l'iode c(Éore également en jaune. Plusieurs auteurs en ont conclu que la cuticule n'est pas une membrane distincte, qu'elle n'est autre chose qu'une portion de la paroi extérieure des cellules épidermiques. Cest qu'en eflet, dans ce cas, les couches les plus superficielles de cette paroi dont nous avons (§ 38) signalé l'épaississement souvent considérable, imprégnées de matière azotée et plus résistante s que les plus profondes, s'en sont détachées, en restant unies à la véritable cuticule. Mais on parvient à séparer celle-ci par une macération plus prolongée ou l'emploi de réactifs plus énergiques; et celui de la potasse caustique, qui n'enlève pas à la cuticule la propriété de se colorer en jaune par l'iode, rend aux couches sous* jocentes, qu'on confondait avec elle, celle de^se colorer eu bleu, démontrant ainsi leur nature cellulaire (§§ 19, 20).

§ 46. Revenons aux organes fondamentaux, après avoir examiné leur enveloppe commime.

Nous avons vu l'axe de la jeune plante se développer dans deux directions opposées ; et nous avons appelé tige, sa pai^tie supérieure

85. Lambeau de la pellicule épidermique détaché par macération d^une feuille de Chou. On y voit les gaines correspondant à des poils à divers degrés de développeineiit (pppp) f ( les fentes (ff) porresponctanl JHi itoinatcs,

THiK. «

portant los fcuiilos, ordin.iiremont nscendnute et en raiiiniil avec l'airjrocmp, sapaHieinréricure, qui n'a pa^ de feuilles et s'cnfonic le plus souTent dans la terre. Le point de départ commun de ft'n deux parties, celui où elles se touchent et se continuent ensembU'i a ëtc nomme collet (collum) ou nœud vital, parce qu'on le considérait comme le centre de la vie du végétal, et qu'on lui supposait ainsi une importance qu'il n'a pas en elTet ; ou encore coarcture, à cause du rétréc^sement de l'axe qui indique souvent »a place dans la très-jeune plante. Plus tard, en général ces indications s'affaiblisseut, s'effacent, et il devient assez dilTicile de constater la place réelle du collet au bout de quelques années de végétation.

Nous examinerons d'abord, et successivement, ces deux parties de l'axe, la tige et la racine ; puis les organes latéraux, les feuilles qui naissent de la tige.

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