‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 25 sur 142 · ÉGORGE · texte numérisé non relu

ÉGORGE

§ 68. Nous savons que dans les premiers temps le système corticEil ne se distingue pas du ligneux ; qu'un peu plus tard, dans chacun des faisceaux développés en cercle autour de la moelle, une mince ligne d'un tissu demi-fluide, le cambium (/?^. 88 et 89, c), dessine elle-même un arc qui sépare q^ faisceau en deux parties inér gales, l'extérieure (/b) appartenant à l'écorce, beaucoup plus étroite que l'intérieure (/&} appartenant au bois;que toute la zone cellulaire qui est en dehors des faisceaux forme le parenchyme cortical, dans, lequel on peut distinguer, outre Tépiderme (ep)^ deux modifications bien distinctes, l'enveloppe subéreuse (p) et l'enveloppe cellulaire (ec) ; qu'enfin, dans cette enveloppe, et entremêlés aux faisceaux de fibres corticales, circulent en général de ^ombreux laticifères. L'écorce, comme le système ligneux, offre donc une portion cellulaire et une portion fibro-vasculaire. Mais ici il y a inversion et dans la situation et dans la proportion relative des parties, car le parenchyme, cette sorte de moelle de l'écorce, occupe son pourtour, et elle offre un développement plus grand, des formes plus variées que les faisceaux fibro*-vasculaires, tandis qu'au contraire, dans le bois, nous avons vu ces faisceaux beaucoup plus développes et beaucoup moins simples que la moelle.

En conséquence de cette situation inverse des parties, nous suivrons une marche inverse également dans leur examen; nous considérerons d'abord la partie cellulaire et extérieure, qui est la première /ormée, puis les vaisseaux et les fibres, qui composent la pariie intérieure de chaque couche. Car nous savons (§60) que dans nos arbres, chaque année, il se forme une couche d'écorceen même temps qu'une de bois. Mais de la situation inverse de la première

résulte un effet qu'il était facile de prévoir. Tandis que les lonesde

bois restent immobiles, la nouvellus'adaplantsuruiieplusancicnne

qu'elli^ vient ri-eouvrir, les zones d'eeoicu sont incessamment rcpoussépsen dehors, pour faire place à d'autres plus jeunes, et sifrtout aux nouvelles couches ligneuses qui se forment au dedans d'elles. Uue fois qu'elles ont atteint tout le développemeot dont elles sont susceptibles, ne pouvant se prêter aune extension indéfuiie, elles subissent nécessairement des altérations plus ou moins graves, qui sont d'ailleurs augmentées par leur positloa au dehors ;elles se fendentdausdiverssens.sedélachenlpaTplaques ou par lames, etc., et cela dans l'ordre de leur formation, les plus anciennes et les plus extérieures s'altérant aussi tes premières.

g 69. L'épidenne, qui nous a déjà asscK occupés (g 36-4S] pour qu'il soit inutile de s'y arrâter ici,est la partie de l'tkoi'ce t]ui doit, par la distension résultant de l'accroissemeDt progressif de la li^e et l'action des agents extérieurs, disparaître aussi la première. Son existence est en effet tout h fait lemporEÛre ; il finit, un peu plus tiît, un peu plus tard, par sefendi'e, b& morceler, se dessécher tt se détruire.

§70. Sous lui étaient d'auti'es couches cellulaires: l'Lacoavlic onenieloppcaubërenae, aî^sî nommée parce que c'est ellcqni, dans quelques arbres, constitue la substance vulgairement connue BOUS le nom de licge[su6n'), appelée aussi par quelques auteurs^/ii'phlcEum ((ni, sur ; e).uit, écorcc) , à cause de sa position superficielle, Oa l'aperçoit (^(}. 89 et 90, p) d'abord Bousl'ëpidcrme, formant une ou plusieurs rangéesdecclhilescubiques ou plus souvuit allongées dans le sens horizontal, in timcment unies ensemble, ne renfermant jamais de granules à l'inlérieur, ayant des parois minces, d'abord incolores, plus lard souvent colorées en brun. Quelquefois ccsrangées se trouvent scparéespar d'autres composées de cellules d'une forme un peu différente, plus comprimées et tabulaires. Tantôt ces rangées dénature diiTérentese développent concurrenamentjtBnlfil ce sont Ifs unes plus que les autres, et c'est dans le cas où les pi-emières se développent exclusivement qu'il y a production de liège, comme dans l'espèce de Chêne désigné sous ce nom {fig. 93, p^; tantôt ni les unes ni les autres ne prenneot de développemeut.

2° Enveloppe cellDiaire. — Ouk nomme aussicoucAe verteou herbxée à cause de sa couleur la plus ordinaire ; tnésopklœum, à cause de sa position au milieu de la couche corticale ^îiioc, qui est au milieu, 9)i^<û;,écorce]. Elle gedistingueenefl'cldelacouche subéreuse qui l'entoure par la chloi-ophylle qui remplit et teint en vert ses cellules polyédriques à parois plus épaisses, plus lâihcment unies, et laissant en conséquence entre elles des méats ou

TIGE. Iîr.ORCE. BS

5'iuTent rfes lacune.* An milieu des cellule» vcries, on on Ivouve 3SSCB ri'à|U(Mnincntd'incnloresqui rcnfennenl des cristallisai ion s.

§71. VIbrca corltMlra, on liber. — Elles foiinent des faisctatu places vis-à-via de ceux du boig, sépares d'eui souvent par une mince laine de l'enveloppe cellulaire, toujours plus tard par une couche d'ulricules appartenant au cambium. Ces fibres, d'un lilonc bi'iUant, sont plus longues et plus grêles que les ligneuses. Leurs parois, en vieillissant, deviennent très-cpaissca et ponctucos |uir la Tormation de couches à leur intéiienr. Ce sont elles qui of- Trent le plus de ténocitd parmi toutes celles du végétal, et qui par là, dans beaucoup de plantes, rendent à l'homme de si importants services, en lui rmirnissant les matériaux de se» cordages, de ses fils et de sea tissus les plus solides, en même temps que la lénafilé des fibres permet de leur laisser souvent toute leur finesse. l'anni les eiemples, îl n'est besoin que de nommer, entre autres, le Chanvre et le Lin. Le mode mc'mc de prépamtion du premier suffit poiu- démontrer combien la fibre corticale est plus résistante r]ue [qus les autres éléments de la plante, qu'on fait d'abord rouir, c'est-à-dire macérer dans l'ead, el qu'ensuite on bat ■ puisqu'on ulilient les fibres inlaotes à la suite de cette double optrat ou jui u détruit successivement toutes le%auties parties

Des rayons mùdidlaires qui contmuent en gëaeial llux du tvslême ligneux, mais restent plus larges et composés naturellement de ceUules moins pressées ei moins unies, séparent 1 s faisceaux corUcaux dont l'ensembL c n tiluc une lone concentrique à la lone 1 L,ne l Comme dans le bois, tantôt les faisceiuv n client suivant une direction rectîligne (dai si Vigne, le Maii-ounier d'Inde, par eiemple] et alui's leurs rayons, formant des lames é^ale // j ment droites, continuent à s'intuposer entie deux ùiisceaux voisins d'un bout de la lige a l'autre; tantôt leur marche est flex m o {comme dnss l'Orme, le Tilleul le Chen ) et alors, se rapprochant allernaU emenl 1 leurs voiàiis de droite et de gauthe ils 1 s touchent et se confondent avec eux pour s lii si'parw plus bas de nouveau, inleirompdut ainsi les rayons médullaires qui ne f ment plus que éà plaques courtes, et conbliluanl

llbrcui. — T Boy'iD'

c [D ih«

parleurs fréquentes anastomoses un réseau dont les' mailles sont remplies par ces rayons (fig. 96). Chaque couche de ces fibi-csceiticales représente une sorte de toile d'un tissu Iftche. On a comparé l'ensemble des couches de plusieurs années^ dont chacune peut se subdiviser elle-même en plusieurs autres plus minces^ si ces fibres se sont formées par rangées régulières^ à un livre donr toutes les couches diverses forment les feuillets^ et de là le nom de liber sous lequel les fibres corticales sont le plus ordinaivement désignées. Quelques auteurs leur ont encore donné celui é'endophlceum (Iv^ov^ en dedans; çXcio;^ écorce)^ parce que c'est la portion del'écorce la plus intérieure.

Les feuillets produits d'années différentes sont^ comme quelquefois les couches annuelles du bois, séparés entre eux par des zones iitriculaires dépendant de l'enveloppe cellulaire dans l'épaisseur de laquelle se sont formés les faisceaux fibreux.

11 est dair que l'accroissement progressif de la tige doit déterminer la distension proportionnelle des feuillets de liber dont les faisceaux vont ainsi toujours en s'écartant^ et par suite en s'élargissant. Les rayons, par la multiplication des cellules qui les composent, se dilatent dans la même proportion tant que le tissu reste vivant et continuent ainsi à lesrremplir.

§ 72. En efTet, le système parenchymateiix de Técorce conserve une vitalité trcs-active, et la production de cellules nouvelles y a sans cesse lieu, non pas sur un point seulement, mais sur plusieurs à la fois, puisque, indépendamment de la formation annuelle d'une couche du liber et des utricules qui l'entourent immédiatement, il peut y avoir, ainsi que nous l'avons vu tout à l'heure, un accroissement dans l'enveloppe subéreuse ; et tous ces développements paraissent marcher Tun indépendamment de Tautre.

§ 73. En même temps, une destruction continuelle des parties extérieures de l'écorce a lieu, et cette portion, rejetée au dehors et enfin détachée, peut comprendre une plus ou moins grande épaisseur des couches corticales, suivant que le développement a lieu dans telle ou telle de ces couches, de telle sorte que ce soit la subéreuse, ou la cellulaire, ou la fibreuse, qui se trouve former l'enveloppe la plus extérieure où se conserve la vie. M. Mohl a montré f\ae ce détachement d'une certaine portion de l'écorce est toujours pi'écédé de la formation de lames continues ou interrompues par plaques, et composées de ces cellules tabulaires que nous avons signalées plus particulièrement dans la couche subéreuse (§ 70), (les lames sous-jacentes à celles qui cessent de végéter, et délimitant ainsi le mort d'avec le vif, se trouvent donc constituer, après V| chute de l'épidcrme ^ t d'une certaine porlioa du tissu cortical^

Page 1