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quelques plantes^ de beaucoup de Solanées^ par exemple. Nous ne pouvons ici entrer dans plus de détiedls sur ces cas exceptionnels^ et que nous retrouverons d'ailleurs en traitant de Tarrangeinent des fleurs.
§ 456. Si la ramification varie par suite d'avortement, elle peut d'autres fois varier par la cause précisément conti*aire^ la multiplication des bourgeons.
Ainsi quelquefois^ assez rarement cependant, on en trouve d'occessoireSy outre celui qui eidstait ordinairement seul à Taisselie
d'une même feuille, dont on voit alors partir plusieurs brandies, comme cela s'observe, par exemple, dans le Noyer {fig, 456) ^ dans les Ghamerisiers (fig, 4^7).
§ 457. La multiplication des bourgeons est due bien plus fréquemmeiil à ceux dont nous avons déjà dit quelques mots, et qu'on nomme adventif s ou latents.
Toutes les parties cellulaires voisines de la surface sur la tige paraissent disposées, lorsque quelque cause vient y exciter la vitalité et y accumuler les matériaux par un plus grand afflux des sucs, à s'organiser en bourgeons. Mais, quoique plus ordinaires sur la tige, ces productions peuvent se montrer quelquefois sur d'autres parties : les racines exposées à l'air ; des feuilles plus ou inflins charnues, soit sur les bords (commedans le Bryophyllum calycinum,\eil(ilaxis paludosa [fig, 458], etc.), soit sur la surface même (comme dans VOmithogalum thyrsoideum [fig, 459]). On peut artificiellement déterminer la formation de bourgeons adventifs par des ligaturesou
156. Portion d*an rameau rd& Noyer, portant le pétiole p d'une feuille dont le reste n été coupé. — A son aisselle plusieurs bourgeons superposés 6, d'autant plus développés qu'on les observe plus haut.
157. Portion de rameau r d'un Chamerisier [Lonicera Tatarica) portant deox feuilles oppoëées, dont l'une a été coupée, l'autre /conservée. -^ A leur aisselle une suite d« bourgeons superposés 6, d'au tani plut développés qu'on les obstrve pliM^lut.
des blessures, qui appellent l'afflux des liquides et la turgescence de la partie oii l'on a opéré.
Leur forme diffère naturellement de celle des bourgeons nor-
maux. Ils n'ont ni leurs dimensions ni ce système de feuilles extérieures modifîées en écailles protectrices, puisqu'ils ne sont pas préparés une année à l'avance et prémimis pour passer un hiver. Appelés à la vie au milieu d'une ^gétation en pleine activité^ ils se développent immédiatement et incessamment; ils paraissent, en général^ d'abord sous la forme de petites excroissances qui, après s'être allongées plus ou moins, se couvrent de feuilles. La fonne de ceux qui se montrent quelquefois sur les feuilles mêmes peut être comparée plutôt à celle desbulbilles {fig, 159).
§ 458. Quoique les parties dépendantes de la tige, le? branches, souvent situées sous terre et couvertes alors de radicelles adventives, puissent facilemient être prises pour des racines, méprisé qui a longtemps régné ; quoique, réciproquement, les racines,^ quelquefois dé- . gagées de la terre et pouvant alors, par le développement des bourgeons adteotifs, se couvrir de feuillage, paraissent faire alors partie dusystème aérien de la tige, nous saurons maintenant dans les deux cas, au moyen de tous les caractères extérieurs que nous avons exposés précédemment, déterminer avec certitude ce qui sera tige ou sa dépendance, ce qui sera racine. La première esttouygui^s caractérisée par des bourgeons produits à l'aisselle de feuilles régulièrementdisposées. Ces feuilles, il est vrai, dans les branches végétant
158. Un boat de feaille l du Malaxis paludosa, dont tout le bord est couvert de bulbiUes bb,
159. Portioa du limbe de la feuille /"de VOrnithogalum thyrsoîdeum, sur la surface de laquelle se sont développés des bourgeons adventifs ou luilbilles bbb déjà plus ou moins avancés.
sousterre, sont extrêmement modifiées dans leur taille^ leur forme, leur consistance^ leur couleur ; en un mot, dans toute leur appa* rence : ce sont, le plus souvent, des écailles ou des membranes courtes et brunâtres ; mais, lors même qu'elles sont réduites presque à rien, l'arrangement régulier des bourgeons et leur nature indiquent qu'on n'a pas sous les yeux une vraie racine; leur absence, qu'on en a une. Lorsqu'une plante trace^ c'est-à-dire émet de distance en distancé, hors de terre, de nouveaux pieds^ on peut savoir de cette manière s'ils partent de ses racines secondaires, courant horizontalement et venant au jour émettre des bourgeons adventifs, ou bien des branches enterrées suivant une marche semblable et bourgeonnant régulièrement dans leur trajet.
Le problème se complique quelquefois par les chaugeme^ de forme et de nature que subit la branche souterraine sous l'infliEniCjs du milieu ou elle végète : elle se raccourcit, s'épaissit et devient charnue par l'extrême multiplicité des cellules féculifères qui constituent presque toute sa masse. Cependant alors même^ au moyen des mêmes données, la solution est possible. Citons un exemple qui sera fafililier pour tous nos lecteurs^ la Pomme de terre (fig. 460, T). Sa sur^ face est parsemée de petites émineoces qu'on appelle des yetia? {b)j dV bord cachées à l'aisselle de petite;»
écailles qui tombent plus tard, rangées avec une certaine régularité et le plus souvent en jspirale. Ces yeux se développent en Inranches, si le tubercule est placé dans des conditions favorables d'humidité^ en verdissant si c'est à la lumière. Nous sommes poilés à prononcer ainsi que ce sont des bourgeons normaux^ et la Ponune de terre est doncune branche. Cette conclusion^ qui parait singulière aiij|remier aperçu, est cependant facilement confirmée par une expenence journalière, celle des jardiniers, qui^ en buttant la plante, c'est-à-dire enterrant sa partie inférieure, multiplient le nombre des tubercules parla conversion des bourgeons enterrés en
<%0. Portion inférieure d'un pied de Pomme de terre. — jmi Sa portion aérienne on tige chargée de feuilles. — / Sa portion souterraine ou tubercules. — On a figuré un peu plus gros Pun d*eux (T), où l'on voit les yeux ou bourgeons (6) cachés encore par '*et feuilles à l'état d'écaillés rés;uiièremenl disposées. — ss Niveau de la terrt.
Pommes de terre. Dans les années pluvieuses et obscures, on voit cette métamorphose s'opérer spontanément et graduellement à l'air libre, les rameaux axillaires s'épaissir et s'arrondir en se raccourcissant, et Ton peut obtenir toutes les transitions entre la branche e. le tubercule. Au premier abord, des tubercules- de Dahlia semblent tout à fait analogues à ceux de Pomme de terre ; mais ils n'oilrcnt ni écailles ni yeux : ce sont des renflements de véritables racines.
§ 459. Nous avons examiné les divers modes de ramification; nous avons vuquela position relative des rameaux reproduirait celle des feuilles, s'il y avait développement d'autant de bourgeons axillaires, mais que le i^us souvent elle est modifiée, soit par l'avortement d'un certain nombre de ceux-ci ou du terminal, soit au contraire par leur déplacement et leur multiplication, auxquels coiMbuent surtout les bourgeons adventifs. On a ainsi un gi'and nombre de combinaisons possibles qui doivent imprimer àla physionomie des plantes une extrême variété. 11 est clair que la partie souterraine de la ramification n'influe qu'indirectement sur cette physionomie extérieure ; que, par elle, on a un plus ou moins grand nombre de pieds de plante semblables et tenantaupremier,maisqui en paraissent distincts et qui souvent même le deviennent complètement ; que l'évolution de ces bourgeons souterrains amène précisément à l'extérieur les mêmes résultats que ferait la germination d'un certain nombre de graines émanées de la même plante.
§ 160. Laissons donc cette classe de côté, et occupons-nous seulement des cas où les rameaux d'une même plante se rattachent extérieurement et visiblement les uns aux autres. La tige peut se boutenirpar elle-même dans sa direction ascendante. Lorsqu'elle atteint des dimensions un peu considérables, on y distingue le troncy ou partie inférieure, îdlépoiullé de feuillage ; la cime on téte^pavUe supérieure, qui en esft eouverte. Cette nudité du tronc est totale et résulte de l'avortement de tous les bourgeons axillaires, comme nous l'avons vu, par exemple, dans les Palmiers, pour la tige desquels quelques botanistes proposent le nom particiûier de stipe (stipes); ou bien elle n'est que partielle par le développement incomplet dés bourgeons inférieurs, et plus ordinairement par la chute plus ou moins tardive des branches qu'ils ont produites. Remarquons ici que la plupart de nos arbres doivent cette apparence au travail de rhomme, qui en retranche de bonne heure les branches inférieures ; d'autres fois, au contraire, ce sont les branches supérieures, celles de la cime, qui sont en coupe réglée, si bien que le port naturel des arbres se trouve tout à fait changé. Les Ormes de nos grandesroutes et les Saules de nos prairies peuvent être cités comme des exemples des changements apportés par ces deux mutilations
■eh sens inverse : il devient assez difûcile d'y reconnaître l'Orme cl le Saule tels que les a faits la nature. 11 est bien entendu qu'ici, en parlant de la physionomie extérieure des végétaux, nous ne pouvons les considérer que dans leur état naturel^ sans intervention de la serpette et de la hache.
§ 161. Un végétal parait quelquefois avoir plusieurs tiges^ parce que ses branches inférieures^ nées au n|veau ou à peine au-dessous du sol, ont pris un développement égal à Taxe primaire dont elles sortent, et qu'elles se sont redressées à peu près dans la même direction ; on dit alors qu'il esimuUicaule {multieauUs). L'art profite souvent de ces branches latérales commençant à ras terre, et par suite munies de racines adventives, pour les enlever dès qu'elles paraissent, et en former autant d'individus distincts m les replantant séparément: on les appelle alors des surgeotM ou drageons (surculi).
§ 162. En général, la giosseur et la hauteur du tronc doivent, d'après la théorie, être en rapport direct avec l'âge, et pourraient servir à. le calculer pour tous ies arbres, dont on sait à peu près combien s'augmentent, dans un temps donné, les différentes dimensions. On connaît im certain nombre d'arbres de tailleextraordinairc dont l'origine remonte à pinceurs siècles ou même reste cachée en deçà de toute tradition. La plupart sont des dicotylédones: parmi ces arbres, des Tilleuls, des Sycomores, des Châtaigniers, des Ifs ; dans l'Orient, des Platanes, des Figuiers et des Cèdits ; sous les tropiques, des Baobabs et plusieurs autres espèces appartenant également à la famille des Bombacées ; mais parmi eux figurent aussi des monocotylédonés : par exemple, le Draconier d'Orotava, dans les îles Canaries. Leur circonférence varie nécessairement suivant les individus et suivant les espèces: on en cite quelques-uns où ^e excède plus ou moins 30 mètres, un assez grand nombrede lamoitié ou du tiers ; mais ces géants exceptionncls ne doivent pas nous arrêter ici.
§ 163. Parmi les végétaux ligneux de taille ordinaire, on a distingué, d'après les limites -où elle s'arrête, diverses classes qu'on désigne par des noms particuhers : ainsi on appelle arbre {arbor) celui qui dépasse plusieurs fois la taille de l'homme, en réservant quelquefois le diminutif (arbuscula) pour celui qui ne la dépasse pas cinq fois ; arbuste ou arbrisseau {ftufex), celui qui ne l'atteint pas trois fois et se ramifie dès le bas, en se servant pour les moins grands du diminutif ifruticulus) ; sotAS-arbrisseau {suffrutex), celui qui ne dépasse pas lalongueur du bras. Si l'arbrisseau est bas et très-rameux dès la base, c'est .un bvisson (dumus, dumetum). Les adjectifs arborescent (arborescens), frutescerU{fruticosusoxï frutict^hstm), sou9*
frutescent {mffruticosm)^ buissonnant (dumetosus) sont dérivés de CCS divers substantifs et n'ont pas besoin d'être définis.
§ 164. La tige^ d'autres fois^ ne se soutient pas par elle-même et a besoin de s'appuyer sur d'autres corps; si c'est sur la terre, on lu dit couchée {procwnbens); si c'est sur un corps lui-même redressé, on la dit grimpante {scandens). En grimpant, tantôt elle conserve à peu près sa direction rectiligne, comme le Lierre, par exemple, qui de toute sa surface ea contact émet de petits prolongements radiciformes par lesquels il se âxe à celle sur laquelle il est appliqué ; tantôt elle s'entortille sur son soutien et prend le nom de voluble {volubilis), décrivant souvent des spirales qui, régulières, tournent de gauche à droite {dextrorsùm) comme dans le Houblon; ou de droite à gauche (sinistrorsûmjy comme dans le Liseron des haies ; ou bien dans un sens, puis dans un autre; souvent irrégulières et interrompues pajr intervalles. Dans nos climats froids où tempérés, la plupart des tiges grimpantes sont herbacées, quelque quelquesunes soient ligneuses et susceptibles même d'acquérir des dimensions assez fortes, comme, par exemple, le Chèvrefeuille, la Clématite et surtout la Vigne: on donne alors à leurs branches le nom de sarment i^armentum). Ce sont les analogues des lianes, qui abondent sous les tropiques. Ces Uanes, tantôt enroulées en sj/lrale autour des troncs les plus hauts, tantôt retombant en ligne droite do toute cette hauteAr vers la terre^ ou d'une branche sur l'autro^ courent d'arbre en arbre, les lient entre eux, quelquefois les étouffent. Dans cette marche irrégulière et qui échappe à toute description rigoureuse, elles parcourent souvent de très-longs espaces sans produire de feuilles, sans se ramifier; et les voyageurs n'ont pu trop fréquemment apercevoir le feuillage et les fleurs dépendant de ces tiges bizarres qui les environnaient de toutes parts.
§ 1 65. La ramification influe sur le port général des végétaux sons d'autres rapports encore que celui dont nous nous sommes occupés jusqu'ici, celui du développement d'un certain nombre de bourgeons situés d'une certaine manière. Est-ilbesoind'expliquercommcnt la direction, la consistance, la longueur relative des branches et des rameaux modifient par leurs variétés la physionomie extérieure des plantes? Les branches partent de la tige, et les rameaux des branchesy sous un angle quelquefois très-aigu, quelquefois droit, plus ordinairement un peu moins ouvert; elles sont dressées (recti) dans le premier cas, étalées (patenter) dans le second, et doivent, en résultat, former dans les deux des cimes toutes différentes, comme le sont, par exemple, celles d'un Cyprès ou d'un Peuplier d'Italie, comparées à celles d'un Cèdre ou d'un Chêne. Dans quelques arbres qu'on appelle ^eureur5^ les branches prennent une direction tout h
fait inverse de la plus habituelle^ en se recourbant vers la terre, ^ soit que^, longues et faibles, elles retombent par leur propre poids, comme dans le Saule pleureur (rami penduli) ; soit que, conservant une assez grande roideur, elles se rebroussent ainsi dès leur origine (r. retroversi), comme dans le Frêne et le Sopbora pleureurs. Les branches étalées, partant quelquefois au niveau du sol, sans que la tige prenne un développement vertical, rampent ainsi siur la terre qu'elles couvrent conune une sorte de gazon en se ramifiant.
La longueur relative des' branches doit aussi déterminer dans l'aspect général de notables dififérences.Si les plus basses, formées les pr^mères, continuent à s'allonger dans la même prc^rtioi), les supérieures seront de plus en plus courtes à mesure qu'on s'approchera plus du haut, et l'ensemble aura la forme d'un cône ou d'une pyramide (ex. : Sapins) ; si ce sont celles du milieu qui dépassent celles du bas, la cime figurera une boule où un ovoïde (ex. : Marronnier d'Inde); si ce sont celles du haut qui prennent le plus grand développement, elle sera en parasol (ex. : Pin dltalie, Pinus pinea). Nous ne citons ici que des formes extrêmes^ entre lesquelles on peut observer toutes les intermédiaires.
§ 106. Pour résumer en quelques lignes tout ce qui précède, nous avons considéré comme tige proprement dite celle qui résulte, dans les végétaux cotylédonés, de l'acte de la germination par l'évolution de la gemmule, la partie de iWe primaire qui se dirige toujours verticalement vers le ciel, en sens inverse de l'autre partie, la radicule, qui descend dans la terre. Cette direction verticale ne peut subir de déviation que par des obstacles mécaniques, ou, pour la tige, que par sa faiblesse, qui la fait i^etomber en obéissant à la pesanteur. Tantôt cette tige s'allonge indéfiniment, dans la même direction, au moyen de bourgeons terminaux qui se forment et se développent successivement; tantôt elle s'arrête, plus tôt ou plus tard, par l'avoriement d'un de ces bourgeons : et, si le végétal continue à s'étendre, c'est au moyen de bourgeons latéraux, par conséquent par un axe secondaire qui se substitue au primaire. L'axe ainsi siû)stitué peut prendre la même direction verticale ou d'autres fois une plus oblique, et même l'horizontale, soit à la surface du sol, soit au-dessous : dans ces derniers cas, c'est que la véritable tige s'est bientôt arrêtée, remplacée par un bourgeon situé auprès de sa base. Nous n'avons donc dû considérer les tiges dites ou rampantes ou souterraines que conune des phénomènes de ramification.