CIRCULATION. SÈVE ASCENDANTE
ne s'exerce que vers sa partie inférieure, conclut que c'est sur les côtés et non à sa peinte.
Nous avons dit (§ 100) que Télongation de la racine et de toutes ses ramifications a lieu exclusivement par leur bout, qui, par conséquent, se trouve à Tétat de tissu naissant pendant tout le temps que se maintient l'activité de la végétation. Ce n'est donc pas piir suite d'une modification particulière du tissu gonflé et agissant à la manière d'une éponge, comme on l'avait supposé, que les extrémités radlcellaires pompent l'humidité qui les environne ; c'est, au contraire, parce que leurs cellules naissantes, et comme telles déjà gonflées de sucs épais, se trouvent dans les conditions les plus favorables pour l'endosmose. Leur épiderme n'est pas encore formé ; il l'est plus haut, et oppose à l'absorption une couche plUs sèche, moins perméable.
§ 487. Le liquide environnant est absorbé d'autant mieux et en phiu grande quantité qu'il est plus fluide. Dans la terre, c'est l'eau tenant en dissolution les diverses matières' solubles qui s'y rencontrent et varient suivant les sols. La dissolution de ces matières doit être complète ; et, si elles sont en suspension seulement, elles ne peuvent passer, si menues qu'elles soient. En mélangeant avec de l'eau une poussière, la plus fine, 4a plus impalpable qu'on peut obtenir, mais qui ne peut s'y dissoudre directement, celle de charbon, par exemple, et en l'offrant en cet état à l'absorption des racines, on observe que l'eau passe seule dans ces racines, et que tout le charbon reste au dehors, sans qu'il soit possible d'en retrouver un seul atome au dedans. Avec presque toutes les infusions colorées on obtient le même résultat ; l'eau, en passant dans l'extrémité radicellaire, se dépouille à son passage de la matière colorante, qui se dépose à la surface.
CmCULATION.
§ 488. iMve ftscendiftiite. — Le liquide de la terre a pénétré dans les racines par leurs extrémités. De cellesrci il doit, par une opération semblable, passer dansles cellules situées immédiatement au-dessus, puis de là dans les cellules situées plus haut encore. Ainsi, de proche en proche, il monte dans la i*acine jusqu'à ce qu'il arrive à la tige, où son mouvement ascensionnel doit continuer. Car nous sonunes en droit de comparer la plante à un appaieil endosmique, dans lequel la terre joue le rulc du récipient plein d'eau ; et cet appareil est d'autant plus énergique que sa partie située audessus du i*écipient n'est pas un tube vide et inerle, mais qu'elle est elle-môme untissiî rempli de nombreux dépôts de nvitières analr
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ICO BOTANIQUE.
l'ëtat parfait, elle ne se conserve vivante qu'un temps plus ou moins court ; et qu'en plongeant dans Teauses racines entières, si elles sont fraîches, ou coupées, si elles s'étaient déjà desséchées, on la voit rcvivi'e rapidement et d'un bout à l'autre : il y a donc eu appel ettransmission d'une quantité assez considérable d'eau de l'extrémité inférieure à la supéri eure,et les liquides contenus dans la plante n'étaient pas à un état d'équilibre d'où résultât leur immobilité définitive.
§ 192. Citons une observation intéressante qui peut se rattacher à ce sujet. Sovs les tropiques un certain nombre de lianes, notamment ceUes du genre Cissus, voisin des Vignes, sont gorgées d'une sève abondante, fraîche et agréable au goût. L'eau quicoulecopteib sement de leurs bouts coupés peut servir de boisson, et les hommes, dans leurs courses au milieu des forêts, l'emploient pour se désaltérer : ce qui a fait nommer vulgairement ces plantes lianes à eau ou lianes du chasseur. M. Gaudichaud, qui en a découvert au Brésil une de cette sorte à laquelle il donne le nom de Cisstis hydrophara, ^ a remarqué que, si Ton se contente de couper transversalement la liane à une seule hauteur, il sort des deux siufaces de la section trèspeu de liquide. Il continue à monter rapidement dans la partie supérieure, où l'on peut s'assurer que les vaisseaux se vident de bas en haut. Cette ascension ne peut être attribuée à l'action jdes atcines avec lesquelles la partie supérieure n'est plus continue^ et ils sont d'un diamètre beaucoup trop gros pour que la capillarité ait ici quelque influence. Mais si l'on a coupé à deux hauteurs différentes, de manière à détacherim fragment de tige d'une certaine longueur,on voit aussitôt couler une sève abondante par ceUe des deux extrémités qu'on tient le plus bas, obéissant par conséquent aux lois de la pesanteur. Or, auparavant, la sève continuait à monter très-acti* vement. Ce ne pouvait donc être par une force exercée ni en bas ni latéralement ; ce ne pouvait être que par une cause ayant son nége au-dessus de la seconde section et attirant d'en haut le liquide.
§ 193. 11 n'est pas difficile d'arriver à la connaissance de cette force nouvelle. Le végétal, à une certaine hauteur, est muni d\in nombre plus ou moins grand de bourgeons. Des qu'ils coinmencent à se développer, ils tirent de la tige ou de la branche avec laquelle ils sont continus les matériaux destinés à les nourrir et dont la quantité doit être en proportion avec le rameau qui résultera de ce développement. Les feuiÛes se montrent en même temps, s'étendent à l'air, et deviennent le siège d'une évaporation considérable par leur surface criblée de pores. Tout ce qui s'évapore ainsi par les feuilles, et en même temps par la jeune écorce du rameau, tout ce qui est employé à former et à nourrir ces parties nouvelles est autant de pris sur la masse du liquide de la tige, et il en résulte, vers