‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 49 sur 142 · CIRCULATION. SEVE ASCENDANTE. ICI · texte numérisé non relu

CIRCULATION. SEVE ASCENDANTE. ICI

la surface et l'origine de chaque rameau, d'une part un épaississement qui redouble l'activité de l'endosmose, de l'autre des vides qui sont aussitôt comblés par une quantité proportionnelle de scvc enlevée à la tige^ remplacée elle-même en même temps par celle des parties voisines^ et déterminant ainsi de proche en proche un flux ascensionnel à partir de la racine, dont l'absorption doit compenser cette perte. Il n'est pas besoin d'expliquer quelle influence l'état de l'air, chaud ou froid, sec ou humide, la présence ou ral> sence du soleil^ son action directe ou à travers les nuages, doivent exercer sur l'évaporation des végétaux.

§ 194. Exposons maintenant, en char(%mt à nous en rendre compte, les diverses phases qu'apporte la succession des saisons qui constitue notre dhnat dans ce mouvement ascensionnel de la sève. Avant que les feuiUes se développent et puissent exercer pas l'action évaporante de leurs surfaces ce puissant appel des liquides, l'endosmose doit être la force presque exclusivement agissante à cet effet. Continue-t-clle tout lîiiver à provoquer l'absorption des racines ? Ce n'est pas improbable à une certaine profondeur, où elles sont plongées dans une terre humide à une température assez peu abaissée ; c'est presque certain vers la un de l'hiver, époque où le Sb\ est déjà moins refroidi et eifgénéral imbibé d'eau. D'ailleurs, la quantité de matières plus ou moins épaisses, formées par le travail de Tannée précédente et conservées en dépôt dans l'intérieur du végétal pendant l'hiver, doit par Tcndosmose activer cette absorption des racines, et les liquides montent ainsi dans le végétal avec une abondance extrême, telle qu'il Unisse par en être salure, d'autant plus qu'il continue toujours à gagner sans rien perdre, comme plus tard, par l'évaporation des surfaces; et ces liquides tendront à s'échapper par toute voie qui leur sera ouverte à l'extérieur, ce dont on s'assure en voyant alors l'eau s'écouler, comme d'une fontaine, de toute solution de continuité pratiquée sur une tige qui est dans cet état, qu'on appelle la 9éve du printemps. C'est ce qui forme l'écoulement aqueux déterminé dans la Vigne par la taille, et connu sous le nom de pleurs de la Vigne. Comme ces pleurs coulent copieusement dans un bout de tige dépourvu de toute feuille et même coupé presque au niveau du sol,il est impossible d'attribuer dans ce phénomène une influence à l'appel des liquides résultant de l'évaporation des parties aériennes, et Ton n'y peut reconnaître que celle que détermine l'absoi'ption des racines. En adaptant im tube à l'extrémité coupée, on voit la sève y monter à une hauteur qu'on peut ainsi déterminer, et qui est considérable. L'Anglais Haies, auquel on doit une suite d'expériences aussi précises qu'ingénieuses destinées à détcrminerle mouvement

lOÎ liUTAMyllK.

dc« sucâ dans ]fs pl.inlcs, et consigDées dans sa Statiqw végHal'. u «lit appliqué àl'évahialion de la force et de la vitesse a$c«nsiiiDnulle (le la séïe le même aj^reil <]ne M. Dulrochct dut etiâuilt emplnyer pour évaluer la rorcc de l'cndofimose, c'esl-à-dire et lubr j double couibure iluni une bmiche asccudante est adaptée «u bout de la tige coupi^c mise en expérience, et dont la cuurbun; inrérieure est remplie de tiuiciire qui, repoussé par U titf accumulée en montaut danslei branches intérieures , monte lui-mf me dans l'extcrieure, cl indique par la hauteur de a colonne les valeur» qu'on cbcrelie [fig. 17G). Or, Haies & m la colonne de mercure aiiià soulevée ju»qu'& 1 mètre, ce qui équivalaità 14 mètres d'eau; et il a calculé que la Torce qui pousse ainsi la sève dans k Vigne est cinq fois plus gnnde q ne celle qui pousse le sang dan) une grosse artère d'un cbenL § 195. Les iMim^eons scikveloppent, les Teuilles s'élalcDJ.

et.leiu* 'iclion vient s'ajouter i celle de l'endosmose. Alors s'établit un courant qui entniw les Uquides vers toutes les surraces éva[Kirantc5, et ne leur permet plus des'accumuler don.' les tissus en les saturant d'humidité. Aussi une solution de continuité latérale ne donnet-ellc plus, à cette époque, tiea à un écoulement comme criui de la sève du printemps. L'In- (luenceque celte nouvelle fon.'>\ Hgissant coluurreiiiinent airr l'endosmose, exerce sur le mou-

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vement ascensionnel, peut se constater par des expériences analogues au\ précédentes. Ainsi, si Ton adapte au bout inférieur d'uni branche un long tube plein d'eau qu'on plonge bii-même par son autre extrémité dans un bain de mercure, la branche pompera une certaine quantité d'eau qui sera indiquée par l'ascension d'une colonne égale de mercure dans le tube. On varie l'état de la branche, qui peut être garnie d'un plus ou moins grand nombre de feuilles, dépouillée d'une partie d'entre elles, réduite même à ses bourgeons; celui de l'atmosphère, qui peut être à différents degr^ de sécheresse ou d'humidité : on observe par divers temps, à diverses heures de jour ou de nuit, et Ton^t que toiites les causes qui ont une influence sur les divers degrés cRvaporation de la branche en exercent une analogue sur la quantité d'eau qu'elle pompe.

§ 196. Cependant les rameaux se sont succesdvement développés, ainsi que leiu's feuilles; ils ont acquis peu à peu leurs dimensions parfaites, et la consistance qui caractérise leurs tissus à cet état que nous pourrions appeler leur âge adulte, en même temps que de nouveaux tissus s'organisaient dans certaines parties intérieures du végétal. Il est ainsi arrivé à cette sorte d'équilibre dont nous avons parlé ; équilibre qui n'implique pas l'inunobilité de la sève, mais seulenoient son mouvement modéré d'iprès les besoins d'un état où il ne s'agit plus que d'entretenir en compensant les pertes continuelles qui accompagnent l'exercice même de la vie, en complétant ce qui peut encore manquer sur certains points et préparant pour Tannée suivante les organes qu'elle doit à son tour développer et les matériaux destinés à cet usage.

§ 497. Si tout ce travail vital s'est commencé et exécuté de bonne heiu*e, si l'année a été précoce, il peut arriver que ces matériaurse trouvent prêts en quelque sorte trop tôt, dans un^ saison qui n'est pas encore assez avancée, et leur présente aii}8i les conditions propres à provoquer leur développement anticipé. C'est ce

qui arrive assez souvent vers la fin de l'été, oîi l'on voit popser quelques-uns des bourgeons nouvellement formés, se renoidUer quelques phénomènes partiels du printemps, et nécessairAient avec eiu se ranimer pour un moment le mouvement ascensionnel de la sève : ce qu'on nomme la sève d'août.

11 languit de nouveau. Pendant l'automne, l'évaporation des surfaces a diminué de plus eu plus ; les tissus se sont séchés en se solidifiant; les feuilles peu à peu meurent ou tonîbent, et l'arbre ar-

courbure ajusté sur une virole de cuivre v qui est adaptée et lutée à rextrémité coupée du cep, Tappareil étant recouvert et maintenu par un morceau de vessie m ^ nn Niveau de la colonne de mercure dans les deux branches de la courbure inférieure du tube avaa* l'expérience- — »* n' Niveau à la fin de l'expérience.

tel IWTAMQUE.

rive à <:el i^tat de repos presque complet dans lequel la vie senv Ijle susfwndiie. Le mouvement de la siWe a cesse alors extérieurtment avec ses causes, et s'an'tMe plus ou moin» eomplSlemoiil pour toute la durée de l'hiver.

§ I9S. Pour suitTe les diSiiivntcs phases de ce mouvement de la sève ascendante, nous avons choisi les exemples oîi elles se montrent le plus nettement et le plus complètement, ceux du moins où elles nous sont le mieux connues, ceux des arbres de nos cUmuts tcmpërës. Ce qui se passe dans un deleurs rameaux doit, à peu di; chose près, se passer dans toute [danle herbacée, avec plus d'activité cependant, puisc^elle se ramiGe le plus ordinairement, ei développe ain^ dans lè courant de la même année plusieurs générations de bourgeons. Quant aux végétaux des latitudes plus chaudes, les époques changent; et, sous les tropiques, les jnlervalles de repos semblent devenir presque nuls, le mouvement presque continu. Hab on en peut juger ptutdt par les saisons et par les phénomènes extérieurs delà végétation que par des observations directes et Bp[ffofondies, qui ofTriraicnt tant d'intérêt.

g 199. Un point important nous reste encore à éctaircir. Quelk' voie, au milieu des divei-s organes élémentaires combinés dans la lige, la sève suit-elle au iu«te dans ce mouvement ascensionnW Celle du printemps envahit tous les tissus, remplissant les céti/Së^ les libres, les vaisseaux, les méats. C'est presque entièrement pinr le corps ligneux qu'elle mente, ainsi qu'on peut s'en assum par l'inspection de la branche fraîchement coupée. On voit ^liquide s'éeouler de la surrace de la section : de tout le corps ligneux, si la branche est jeune ; si elle est âgée, seulement de la lone extérieure, ■ encore à l'état d'aubier. Après la scve du printemps, beaiilisseaux sont ndes, et, en les examinant sous l'eaft, on l'ils sont occupés par des gaz qu'on en voit^ortir par les. C'est donc par le tissu cellulaiie que doit alors avoir oins pour la plus gi'ande partie, le passage de la sève, un mouvement peu sensible du bas vers le haut, le végéit alors comme saturé de liquides el à peu près danslaconditi«i d'un appareil plein d'eau qui, percé de petites ouverhn-es h sesdeuxeïtrémilés, laisserait écouler pari'uneunecertaine quantité, et recevrait pai' rautreniiequantilé équivalente, sans qu'il eu l'ésultât de cornant. apparent. Si quelque cause vient à troubler cet équilibre, comme après une séchei«sse plus ou moins prolongée ej à laquelle succède la pluie, ou par le développement denouveaux bourgeons, l'ascension de la sève doit se ranimer et reprendre en partie les voies qu'elle avait momentanément abandonnées.

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