FORMATION DU BOIS
partie du végétal à laquelle on aura coupé la communication avec celle qui est chargée de feuilles et de bourgeons.
On ne conçoit pas bien, avec la théorie de Dupetit-Thouars, comment on arbre qiii a subi une décortîcation annulaire telle qu'il ne se forme plus de couches ligneuses au-dessous^ peut continuel" à vivre et à croître. Car cette croissance suppose que les racines continuent à se former dans la même proportion ; et comment les faisceaux* ligneux radiculaires arrêtés en chemin irontils les former?
Les adversaires de cette théorie lui objectent encore les résultats de Texamen anatomique des faisceaux ligneux. Si ces faisceaux sont de véritables racines^ ils devraient s'allonger par leur extrémité inférieure seulement; ondevrait trouver leur organisation d'autant plus avancée qu'on ies examine plus haut^ plus.près du bourgeon dont ils émanent ; on devrait les voir s'arrêter plus ou moins bas, suivant que le moment est plus ou moins rapproché delà première évolution du bourgeon. Or, il est vrai que dans quelques cas on trouve au-dessous du bourgeon un amas, comme un écheveau de filets ligneux qui s'arrêtent à peu de distance ; mais le plus souvent il est impossible de suivre le développement des filets ligneux, qui se trouvent presque au même instaoft formés d'un bout à l'autre de la tige; etrexamien microscopique fait reconnaître que souvent c'est en haut qu'ils sont plus mous^ leurs éléments fibreux et vasculaires plus incomplètement, et en conséquence plus nouvellement formés. 11 semblerait par là que les faisceaux se forment à peu près simultanément sur toute leur longueur, et que, dans quelques cas du moins, c'est plutôt de bas en haut qu'en sens contraire.
§ 253. Pour nous résumer au sujet de l'accroissement en épaisseur des tiges et des racines, on est d'accord en ce qui concerne la formation de la partie purement cellulaire : on ne Test pas encore en ce qui concerne celle des faisceaux fibro-vasculaires du bols et de l'écorce. Deux théories sont proposées : l'une considère ces faisceaux conuHe les racines des bourgeons, et par conséquent comme développés de bas en haut; l'autre considère leurs éléments comme répandus à la fois, en forme d'une gelée demi-fluide (le cambium) , sur toute la surface interne de l'écorce , et se développant là en place. Cependant nous pensons que ces deux théories ne sont peutêtre pas aussi opposées qu'elles le paraissent. Elles le seraient sans doute, si l'on admettait des faisceaux ascendants allant produir les bourgeons à leur extrémité. Mais cette doctrine a-t-elle cou3 maintenant ? Nous avons admis que les feuilles n'ont dans le p^^ cipc avec le rameau, ni le bourgeon (§ 141) avec la tige qtû i
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polie, aucune continuilé vasculaire ; qu'élabores dans ces feuilles et ces rameaux, les sucs descendent de là jusqu'à rextrémitédes racines par Técorce, sur la surface de laquelle se dépose une matière demi-fluide où s'organisent les tissus..M. Gaudichaud, de son côté, admet que « des suc^ élaborés et en partie organisés (le cam- « bium)> des tissus fluides encore se forment et se solidiGent en « descendant des bourgeons sur les rameaux, des rameaux sur les « tiges, et des tiges sur les racines, par un mode d'allongement « analogue à celui des racines, ^'il n'est entièreméAt le même. » Entre ces tissus descendant à Tétat demi-fluide et nos tissusformés dans une matière demi-fluide que fournissent des sucs descendagUppeut-on établir une distinction assez nette, assez fondanremale, pour qu'elle puisse constituer deux doctrines opposées? § 254. Nous avons dû nous arrêter à l'examen des Dicotylédonées, pour la plus grande facilité de les étudier, parce que, dans les arbres monocotylédonés, l'accroissement des tiges en épaisseur s*arréte en général de très-bonne heure, par défaut de bourgeons latéraux. D'ailleurs, l'absence de véritable écorce, ainsi que l'union permanente des laticifères et des fibres analogues au liber avec les vaisseaux et les fibres du bois dans un même faisceau, et la course tortueuse de ces faisceaux dans l'intérieur de la tige, eussent rendu l'exposition cfbs fbits beaucoup plus compliquée et obscure. Nous renverrons donc simplement à ce que nous avons dit antérieurement à ce sujet (§ 80), ainsi que sur Taccroissement des arbres acotylédonés (§ 90).