‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 54 sur 142 · FORMATION DU BOIS · texte numérisé non relu

FORMATION DU BOIS

L'ensemble de ces faisceaux de toutes les feuilles d'un rameau constitue son bois.

Les fibres et faisceaux de Técorce ont la même origine que les faisceaux fibro-vasculaires du bois, auxquels ils marchent accoles dans le principe. Us naissent de même des bourgeons^ et appartiennent au système descendant.

Qaant au tissu cellulaire -y sa production est partout locale et résulte de la multiplication des cellules déjà existantes, par conséquent, dans le bois, de Textension des rayons médullaires. Ainsi, dans l'accroissement en épaisseur, la propagation de ce tissu a lieu transversalement, tandis que celle des fibres et vaisseaux a lieu verticalement ; c'est une sorte d'étoiTe où l'un fournit la trame, et les autres fournissent la chaîne. Lorsque les faisceaux se dégagent au dehors pour former les racines, c'est au tissu cellulaire voisin qu'ils empruntent la couche qui les accompagne, et qui, croissant à mesure qu'il» s'allongent, leur constitue une sorte de gaine.

§ 251. Les principaux faits cités à l'appui de toute cette théorie sont l'analogie de structure dans le bois proprement dit de latige et dans celui des racines, tous deux également dépourvus de trachées déroulables ; la continuité des faisceaux du bois de la tige avec ceux du bois de la racine qui, formée postérieurement, a dû pai* conséquent l'être par des faisceaux suivant ime marche descendante; laproduction fréquente de racines aériennes, qui ne semblent autre chose que ces mêmes faisceaux qu'elles continuent, sortant au dehors, et quelquefois même par l'existence déracines bien distinctes qui descendent sous l'enveloppe corticale, et présentent une sorte determe moyen entre les racines aériennesct le systèmeligneux de la tige (comme dans lesYellozias, dans certains Lycopodes, etc.).

La marche descendante des faisceaux du bois se manifeste surtout par les obstacles qu'elle peut rencontrer. Si l'on enlève un anneau d'écorce ou si l'on fait autour delà tige une ligature, on voit au bord supérieur de l'anneau, au-dessus de la ligature, les tissus s'épaissir et former un bourrelet ; tandis qu'il n'y a pas d'épaississement audessous. En disséquant celui-ci, on le trouve composé d'un lacis de faisceaux entre-croisés et contournés dans tous les sensV mais se continuant toujours avec ceux qui vont aboutir supérieurement aux bourgeons. Si l'on n'a enlevé qu'une portion de l'anneau d'écorce, ces faisceaux ne taident pas à contourner les bords de la plaie pour reprendre au-dessous leur course verticale. Si Ton comprime latige par une ligature dirigée en spirale, comme le font naturellemer dans nos bois certains arbrisseaux grimpants (les Chèvrefeuilles, p< exemple), il se forme, comme dans l'autre 09iy<in||||| ^ ^'^ i' de la ligature, un bourrelet dirigé alors en jBpftrAeV éF

fait voir les faisceaux accumulés suiyant cette niôme direction. Si la tige autour de laquelle on pratique la décortication annulaire n'avait au-dessous aucune branche^ ou qu'on supprime toutes celles qui pouvaient y exister, de sorte qu'il ne se trouve plus de bourgeons qu'au-dessus de la plaie, et si celle-ci est assez large pour que ses bords ne puissent finir par se rejoindre, toute la portion du végétal située au-dessus continue à s'accroître en épaisseur parla pi'oduction légulière des couches ligneuses, etl'accroissfflnent et la formation du bois s'arrêtent dans la portion située au-dessous. On conclut de toutes ces expériences que les faisceauxligneux viennent de haut en bas, et sont produits par les bourgeons dont ils représentent les racines.

§ 252. Mais à côté de ces faits divers rapportés en faveur de la théorie de Dupetit-Thouars ne s'en trouve-t-il pas quelques autres en opposition^ et d'ailleurs est-elle la seule qui puisse les ejqpliquer?

Les faits sur lesquels elle s'appuie de préférence sont, comme nous venons de le voir, ceux que nous montre l'arrêt des iàisccauz descendants au-dessus de tout obstacle naturel ou artificiel^ audessus des ligatures et des décortications, et là l'accumulation du tissu ligneux, qui cesse au Contraire de se produire au-dessous (§ 251). Mais ne s'expliquent-ils pas aussi clairement et naturette* ment par la marche des sucs nourriciers qui fournissent les matériaux du cambium? Ces sucs, suivant dans l'écorce une marche descendante, doivent s'accumuler au-dessus de tout obstacle apporté à leur cours, en passant outre s'il n'est pas infranchissable, en le contournant s'il y a une voie latérale ouverte^ en s'y arrêtant s'il n'y en a pas; et, dans tous ces cas, l'afQux des matériaux doit déterminer une production plus abondante de tissus, leur défaut amener l'atrophie, suivant les règles communes à tous les corps organisés. L'afflux des sucs précède là l'apparition des faisceaux fibro-vasculaires; ils s'y forment au lieu d'y arriver tout formés. Le développement des racines aériennes auprès des nœuds, où il y a souvent un léger arrêt dans la circulation, se comprend aussi facilement, puisque c'est vers tous les points où il y a un amas de sucs, et par suite de tissu cellulaire, qu'elles tendent à se développer (§ 95). Puisque l'évolution des bourgeons est une des causes déterminantes de l'ascension de la sève (§ 193) ; puisque la sève, une fois montée, est élaborée dans les jeunes écorces, et surtout dans les feuilles (§ 200), il est clair que la suppression des bourgeons et des feuilles arrêtera cette ascension, l'élaboration et nérement, faute de matériaux, la formation consécutive des flleuses; il est clair qu'il ne pourra s'en former sur toute

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