PISTIL. STIGMATE
des en un seul, ainsi que leurs styles. Dans ce cas, il peut arriver que les stigmates seuls ne participent pas à cette soudure et forment à l'extrémité du style simple un corps composé d'autant de lobes qu'il y a de loges à l'ovaire. Ainsi le stigmate trilobé ou quinquéfide des Campanules ifig. 358, 673, s) correspond à trois ou cinq loges; le stigmate bilobé des Scrofularinées, des Acanthacées, des Bignoniacées (fig. 361), à deux loges, etc., etc. Ces lobes affectent diverses formes ; ils conservent ce nom lorsqu'ils sont épais et obtus; ils prennent celui de lanières {s. bifide, comme dans les Labiées [fig. 636, «], les Composées [fig, 268, s, et 356]; trifidcj comme dans le Polemonium ; multifide [fig, 602,5], etc.], lorsqu'ils sont plus allongés et aigus ; de lamelles {s, bilamelléj comme dans le Mimulus, XesBignonia laciifiora,^ardorea, etc. \fig, 361]), lorsqu'ils sont aplatis en palettes.
D'autres fois les stigmates se soudent eux-mêmes en un seul corps ou parfaitement uni à sa surface, ou souvent marqué d'autnrit de sillons superficiels et rayonnants qu'il entre de stigmates partiels dans sa composition. On le dit entête [s, capitatum) lorsqu'il est obtus et plus large que le style qu'il surmonte : il peut être globuleux (par exemple, disis la Belle-de-Nuit [fig. 360, 330, s]), hémisphérique^ ovoïde (/^. 351, 5), polyédAque, en massue, etc.; souvent plane à toil «pmmet (comme dans l'Épine- Vinette) ou aMiMl iiargi en un disque qui repose par son centre sur le sommet du stylé {s, peltatum, comme dans le Sarracenia, l'Arbousier, etc. \fig. 359, «]). Le stigmate pelté et sessile des Pavots [fig, 362, s) se compose de deux parties : l'une formée de rayons d'un tissu papilleux, qui sont véritablement la portion stigmatique ; l'autre, d'une ^** sorte de bouclier crénelé dans son contour et lisse à sa surface supérieure, sur laquelle sont portés ces rayons, et qui semble par conséquent représenter une réunion de styles élargis stigmatifères tout le long de l'une de leurs faces.
Les stigmates terminant les styles vraiment simples, ceux qui répondent à un seul carpelle ou à une seule loge, doivent, s'ils sont simples eux-mêmes, s'opposer aux loges avec les cloisons; s'ils se bilobent, leurs lobes s'opposent au contraire à celles-ci.
§ 402. Appendice. — Dans tout ce qui précède, nous avons suivi la théorie généralement admise, qui considère l'ovaire comme fonné par uneouplusieurs feuilles carpellaires,tantôtindépendantcs des folioles calicinales, tantôt soudées avec elles, et par conséquent
96Î. Pistil du Pavot (Papaver iomni/'erum). — > o Ovaire. — t Bouclier charge de •ligmtles rayonnants.
forme dans tous les cas par des organes foliaires. L'axe s'arrôtc-t-il, en effet, constamment à la naissance de l'ovaire^ et n'intervicnt-il jamais dans sa composition? C'est ce dont il est permis de douter. Déjà nous l'avons ^u constituer par son prolongement les placentaires centraux essentiels (§ 396) et porter ainsi immédiatement les ovules ; mais il serait possible que ce ne fût pas seulement dans sa direction primitive et ascendante que ce développement eût lieu; qu'il pût aussi se dilater sur les côtés en plateau^ et même s'évaser en une cupule/qu'onaurait prise pour la base du csdice oude Tovaire.
Nous avons signalé de pareilles modifications de l'axe dans les inflorescences; nous l'avons vu porter les fleurs smr son sommet élargi en plateau (§ 265^ fig, 191^ 2) ou recourbé en coupe {fig. 193), ou même se prolonger en les enveloppant complètement (§ 266, fig. 1 92). En comparant les fleurs aux inflorescences, nous pourrions y reconnaître tous les degrés analogues , voir les carpelles portés sur l'axe allongé en cylindre, et comme dans les Magnoliacées [fig. 180) et les Renoncules (fig, 586), en cône conunc dans les Ronces (fig. 615) ou certaines Borraginées ifig. 337), épaissi englobe comme dans les Fraisiers, élargi en disque comme dans les Potentilles, ou même évasé en coupe comme dans d'autres Jiosacées. Nous serions tenté de le retrouver enveloppant complètement les carpelles dans la Rose (fig. 333) comme il enveloppe les fleurs dans la Figue, et enfin, par la soudm*e de ces diverses parties en un corps unique, nous arriverons à la Poire qui ofifrirait un ovaire adhérent, lion plus au calice, mais à l'axe prolongé tout à l'entour.
Maintenant su pposons que les feuilles carpellaires d'un ovaire multiloculaire naissent, ainsi que les folioles calicinales, non pas tout à fait à la base de la dilatation de l'axe ainsi évasé, mais plus ou moins haut sm* sa surface interne, la totalité X)u une partie des parois des loges se trouvera appartenir à cet axe, les femlles carpellaires ne fourniront plus que la portion supérieure de celte paroi (fig. 352), ou même que les styles (fig.%2&).
C'est ce qu'admet M. Schleiden, qui fait ainsi, dans la composition de la fleur, jouer à Taxe ime portion du rôle qu'on réservait exclusivement aux feuilles, et qui a cherché à déterminer dans un grand nombre de cas ce qui appartient soit à l'un, soit aux autres. Pour cette détermination^ il s'appuie sur leur mode inverse de développement, et, remarquant que la tige ou axe croît de bas en haut, la feuille de haut en bas, toutes les fois que ses études organogéniqucs lui montrent un développement dans le premier sens, il pense que c'est une dépendance de Taxe ; dans le second sens, que c'est un organe foliaire. Dans tous les cas, les ovules qu'il considère comme des bourgeons modidés, partent toujours de l'axe ou de ses ramifi-