‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 98 sur 142 · IM · texte numérisé non relu

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OVULE. ARILLE. '847

le même sens. Il arrive souYcnt que les deux faces iqui correspondent à la concavité de la courbure se touchent et même se soudent ensemble»

§ 452. La cavité de l'ovule est courbe lorsqu'il est recourbé^ droite lorsqu'il est droit ou réfléchi. La pointe du nucelle continue, en général, à répondre au micropyle^ parce que son développement et celui de ses enveloppes marchent d'un pas égal. Mais si ces deux développements devenaient inégaux^ il est clair que cette correspondance cesserait d'être exacte ; et c'est ce qui a lieu quelquefois, quoique rarement, mais seulement après la fécondation opérée.

§ 453. Nous voyons que> pour déterminer d'une manière absolue la direction de l'ovule, on doit reconnaître trois points : le bile; la chalaze^ qu'on peut considérer comme sa base organique ; le micropyle^ qu'on peut considérer comme son sommet. Les deux premiers se dessinent en général d'autant plus nettement que l'ovule est plus avancé ; le dernier tend, au contraire, à s'effacer de plus en plus. Sa position, de laquelle nous verrons se déduire celle de l'embryon, n'en est pas moins nécessaire à constater, et son rôle physiologique est d'une importance extrême, puisque c'est par cette ouverture que le tube polLinique, parvenu à travers le tissu conducteur du style jusque daqs la cavijté ée l'ovaire, peut s'insinuer jusque dans l'ovule et se mettre en rapport direct avec le nucelle.

§ 454. Quelquefois sur les parois de la loge se montre, au-dessus de l'ovule^ un petit renflement charnu qui, à une certaine époque, coifTe en quelque sorte son sommet et s'engage même par une petite pointe dans le canal du micropyle, lié sans doute à l'axe de la fécondatron. C'est l'origine de certaines caroncules qu'on observe plus tard sur certaines graines.

D'autres fois ces caroncules sont dues à un grand épaississement de l'exostome (fig. 443, c).

§ 455. Cette expansiop peut prendre un tout autre développé» ment, et, en s'étendant sur la surface de l'ovule, l'envelopper plus ou moins complètement en formant ce qu'on appelle un arille (arillus). Celui-ci a commencé, comme dans les cas précédents, par un renflement qui s'évase peu à peuen une sorte de calotte (/î^. 4 1 5, 1 a), puis en un sac entourant plus ou moins lâchement une partie ou la totalité de l'ovule (2, 3, 4 a), ouvert plus ou moins largement à son autre extrémité. Son développement, qu'on peut suivre facilement sur le Fusain (fig. 415), est donc analogue à celui des autres téguments ; mais il s'en distingue facilement, non- seulement parce qu'il se forme postérieurement, qu'il part des environs du bile, et par conséquent se dirige souvent en sens inverse des autres qui partent de la chalaze, mais encore par sa consistance et toute son appa-

ronce. H est souvent charnu, peini de couleurs plus ou moÙH brillantes, lïldganiment frangé dans son Irard (comme dans la

Uranitt, certains Iledyehmm], brodé à joiu' dans U noix Huscide, où il constitue ce qu'on appelle le macis.

Celle enveloppe accessoire, et Tonnée plus tard que les antm, peut devoir son origine à l'cipansion de parties diverses. Ce peut être à celle du funicule même qui se renfle immédiatement ti voisinage du hile, s'étend plus ou moins sur la graine, et finit pu l'envelopper plus ou moiAs compl élément , comme dans le Nyniphœa {fig. 417, a), dans les Passiflores, etc.

On admettait jadis comme générale celte origine de l'artlle; nuis des recherches plus récentes, iiotamment celles de H. Ptanchoo, ont fait reconnaître qu'elle ne l'est pas ; que d'autres Tois, ccHnnK dans le Fusain que nous avons cité [pg. 415), dans les Celattm, dans la Muscade, etc., c'est une expansion de l'ctostome, par conséquent du tégument externe réfléchi surlui-mëme qui constitue cette enveloppe, ne différant donc de la caroncule des Euphorbiacéa Ifig. 443, c) que par un plus grand développement. On propose duii ce cas de la distinguer sous le nom de faux arUle, ou aritlode.

D'autres fois encore, le tissu correspondant au trajet du rapLj semble pulluler et détermine une excroissance celluleuse, tell limitée au voisinage du hile comme dans le Bocconia et quelques autres Papavéracées, soit étendue de là jusqu'à ta chalaze et njÉint au delà, et recouvrant dans sa longueur une partie de la graine comme dansl'Asarum : c'est ce qu'on appelle une strophioh.

% 456. Nous avons (§ 4i6] expliqué la formation du sac crabrvonnaire par le développement excessif d'une cellule intérieure du nucelle, qui le plus souvent continue à l'cnlom'er, artleuré pareils

iii(£™-

OVULK. ARILLE. 349

*en son extrémité supëriâure. Plus rarement le sac Tait hernie au dehors, litnre et constituant la presque totalité de l'ovule si le nucelle était nu comme dans les Sanlalacées, s'engageant plus ou moins dans le canal du micropyle si le uuceHe était revêtu de

Dans le protoplasma qui remplit ce sac embryonnaire se sont montrés bientôt, vers son sommet, un ou plosieurs nucleus, trob le plus ordinairement, et par suite autant d'ulricules (^!f. 416, ti); c'est ^ng l'un d'eux que doit se fbnner l'embryon, ce tfii leur a fait donner le nom de vèsievles embryonflotru.

D'une autre part, les tubes émis par les grains du pollen arrêtés sur le stigmate se sont introduits à travers les interstices du tissu con ducleur qui garnit le canal du style (§ 384, fig. 332], et continuant à s'allonger par une sorte de germination, au début de laquelle on a pu observer dans la fo vil la qu'ils contiennent le mouvement .

n)tKtoire,i1s finissent pararriverjusquedansl'inlérieur de la loge, tantôt pendant librenent dans sa cavité comme dans les Ciste3,tantûtetordinairementrampant sur les placentaires. Là ils rencontrent les ovules qui leur présentent l'ouverture béante de leurs micropyles; ils s'y engagent et arrivent au contact du sac embryonnaire, directement lorsqu'il lait saillie audehoi-s {/ig. 410), nnon en pénétrant plus loin entre les cellules du nucelle. Ils se trouvent ainsi en rapport avec les vésicules embryonnaires, médialenoent h. travers les parois du sac, ou même, mais dans des cas trcs-rarement observés, immédiatement en le perçant. Ace contact, ■ans doute par la réaction établie à travers ces minces membranes entre les fluides conteuus d'une part dans le tube pollinique, de l'autre dans les vésicules, s'opère le phénomène mystérieux de la lëcondation, puis on voit se flétiir et disparaître le tube pollinique en même temps que l'une des vésicules embryonnaires, très-rarement plusieurs dans le cas de polyembryonie, se développe en se multi^iant pardivision : de ce développement résulte l'embryon.

U. Schleidcn admet que l'cmbrïon se Torme dans l'extrémité même du tube pollinique, qui pénétrerait dans la cavité du snc

4I«. Onlade [■OnhiiMcno bu momnldc Is réconililioD, — Ip Eitrimili du luW

embryonnaire en refoulant la partie correspondante de sa paroi 'membraneuse dont elle resterait enveloppée. D'après cette théorie qui a eu un grand retentissement^ et drâné lieu à de savantes et nombreuses controverses^ mais que n'adopte pas définitivement la majorité des botanistes^ ce serait donc le pollen qui fournirait Tembryon^ lion Tovule^ simple appareil destiné à le loger et à le nourrir. Les noms d'organes mâle et femelle, appliqués à ces parties différentes, le seraient conséquemment à tort. Dans quelques cas, plusieurs tubes pénétrant à la fois dans le même ovule y détermineraient le développement simultané de plusieurs embryons qu'on observe quelquefois.

Il peut arriver que ce rapport des tubes polliniques avec les iésicules embryonnaires ne s'établisse pas, que certains ovules n'en reçoivent pas : ceux-là s'arrêtent alors dans leur développement, ils avortent; et c'est pourquoi souvent, parmi les ovules d'une même loge^ on en Toit quelques-uns mûrir : quand ils sont nombreux^ Tavortement d'une partie d'entre eux est un fait asseï habituel. 11 n'est même pas rare que tous ceux d'une même loge échappent à la fécondation, et, dans ce cas^ on la voit eUe-mênoe s'atrophier graduellement et disparaître plus ou moins complètement. Les autres loges et le^vules fécondés continuent au contraire à croître^ et même avec d'autant plus de vigueur qu'ils profitent des sucs qu'eussent employés celles et ceux qui restent stériles.

§ 457. chaîne. — Examinons les changements successifs qu'on observe dans ces ovules fécondés qui prennent le nom de graine (semen). Nous supposons l'ovule aussi complet qua possible, c'està-dire un nucelle doublé intérieurement d'un sac embryonnaire, où l'embryon a commencé à paraître revêtu extérieurement d'un double tégument.

Quelquefois tous ces sacs ainsi emboîtés persistent et croissent ensemble, les uns plus, les autres moins, de telle sorte qu'on les retrouve dans la graine mûre {fig. 417). Plus souvent il y en a qui se confondent en un seul (comme les deux téguments), ou qui cessent de croître, et alors, refoulés en dehors par l'embryon de plus en plus développé, s'amincissent graduellement, s'effacent et finissent même par disparaître complètement. Quelquefois^ c'est le nucelle qui disparaît ainsi, et le sac embryonnaire se montre à nu sous les téguments (fig. 416, s). H en résulte que. dans la graine mûre, le noml)re des enveloppes paraît souvent diminue, le plus ordinairement réduit de 4 à 2. On donne généralement à Textérieure le nom de testa^ à l'intérieure celui de membrane intertie.

§ 458. Mais d'autres changements se sont en même temps passés dans riiilérieur de Tovule croissant. Apres rap^Huitiou de i'eui-

GRAINE. PËR1SPEKME. 351

bryon^ le sac embryonnaire est rempli d'un fluide mucilagineuxqui ne tarde pas ordinairement à s'organiser en un tissu ccllulairû d'abord mou et lâcbe. 11 peut s'établir une formation à peu près 'semblable en dehors du sac embryonnaire^ par conséquent dans celui qui est constitué par le nucelle lui-même^et qui s'épaissit par un développement celluleux. Ce cas est préci^ment Topposé de celui que nous avions exposé au paragraphe précédent^ de celui où le nucelle disparaissait refoulé et résorbé graduellement*

§ 459. Ces sucs d'abord demi-liquides^ puis organisés en un tissu continu^ sont destinés à la nourriture du jeune embryon, qui continue lui-même à s'étendre ; tantôt U les absorbe avant que ce tissu ne soit solidifié^ et^ s'avançant toujours^ envahit peu à peu tout rintérieur de la graine, et finit par la remplir, recouvert immédiatement par les enveloppes que nous avons décrites plus haut.

§ 460. D'autres fois, il prend beaucoup moins déplace^ et lereste est occupé par ce tissu formé en dernier lieu, soit dans le nucelle, soit plus ordinairement dans le sac embryonnaire, soit dans tous deux à la fois (fig. 417) ; tissu qui forme alors une masse solide, à laquelle on a donné le nom depénspermê{perisperrnum).^chBa:d le nommait endospermej et G8ertner,^avant lui, albumen. Ce dernier nom, qui est celui du blanc de l'œuf, était emprunté à la comparaison de notre œuf végétal avec celui des oiseaux ; comparaison qui, quoique fausse en certains points, est néanmoins assez propre à bien faire concevoir cette structure. On sait en effet que dans l'œuf le jeune animal, développé sur un point à la surface du jaune ou vitellus, absorbe pour sa nourriture ce jaune, puis le blanc qui l'entoure placé sous la coque doublée d'une membrane. 11 était naturel de lui assimiler l'embryon oujeune végétal situé de même en dedans de ces deux dépôts concentriques de matières différentes amassées, l'extérieur dans le nucelle, l'intérieur dans le sac embryonnaire, comparables ainsi dans leurs rappfirts à l'albumine et au vitellus; et Gœrtner a poussé jusqu'au bout la comparaison en donnant ce dernier nom au périsperme intérieur dans les cas, fort rares du reste> où l'on en rencontre deux dans la graine mûre. C'est ce qu'on voit, par exemple, dans celle des iVymp/i(Ea (fig. 417), où le développement de toutes les parties préexistantes dans l'ovule s'observe avec une grande netteté. Sous un arille a mince qui recouvre cette graine, sous un testa t assez épais et une membrane fine mi représentant les deux téguments de l'ovule, on trouve un gros corps farineux n remplissant presque toute la graine, mais dont l'axe est occupé par une sorte de long boyau fixé inférieurement à la chalaze, et supérieurement dilaté en im petit sac S0 à

IW ROTANIQUE. . '.

paiois épalieeR, an dctlans duquel est renalvfflit'- Il fs\ (lîfnciti> de ne pai reconnaître là le sac embryoïinaire épal'M par un dâveloppement cellulaire à son extiiïmité où s'est arrêté celui de l'embrjon; de m pas reconnaître dans le corps faj'ineux le nucelle développé à un degré bien plus remarquable encoi'G. Le porispemic peut donc ëlra Curmé par dct (^p&ts d'origine différente.

1 46 1 . Il peut de plus varier par u nature et sa consistance et fournit ainsi d'utiles caractères pour la délenninitlon dea graines. 1* Ses cellules sont asseï souvent remplies de grains de recule, et l'on dit alors qu'il est fannetuc. C'est à celte naliu-e du périsperme que beaucoup dcgraines, celle* des Céréales, par exenaple, doivent leur propriété nutritive. 2" D'autres DDiscct celliticà acquièrent une asseï grande i^aissenr tout en conservant un certain degi'é de mollesse, et l'on dit qu'il est charnu. C'est dansce cas qu'ii l'intérieur des cellules se forme quelquerois de l'huile (dans le Ricin, por exempte), et on l'appelle alors oUaginetiai. 3° Ces cellules peuvent acquérir, avec beaucoup d'épaisseur, une trèa-grandc diircL', presque celle de la corne, et le périsperme est comi (dans la Dalle, leCaré et l'Iris, par exemple).

§ 462. Bmbrroy. — Pcmlantqueccschangementsdiverss'opéraient danslescnveloppesdeia graine, il s'en est opérd dans l'etnbryon, sa partie la plus essentielle et h laquelle toutes les autres sont nécessairement subordonnées. Examinons maintenant ce développement de l'embryon. Nous avons vu (§ 436) la vésicule embryonnaire se développer au contact du tube poUinique. D'abord simple, elle s'est doublée par une cloison transversale {/ig- 4ltt, I), puis les cellules se sont multipliées (fig. 41 S, 3) par voie de division. Elles s'accolent ordinairement bout à bout en une série dont toute la portion supéiieure forme le suspenseur, dont l'extrémité infé-

u N»mi,kra alif. I

Heure forme rârtâi>r^cfytpriid d'abord il un seul uti'icule,compusi-

bientôt de pliuienn- aéociés

en une petite masM (Jtg. 418, i * '

2, 3 e). Souvent le suspetiseui l

s'arràte à ce degré de ténuité

d'autres Ibis, il s'allonge et £<

foilific pav reddition de cel

Iules nouvelles; mais, néaii

moins, il ruiit presque tot^ur

par dispaiailrelui-nifme,lors

que l'embrjon, quelque temp^ |

suspendu par lui au sommet di

sac, a acquis un certain Tolupie.

§ 463. Nous avons déjà (g§ il, 2g) exposé les cbangements progressirs,*lcs parties constitutives et les principales modifications de l'embryon. Nous avons vu que celte petite masse cellidaire, d'abord indivise, montre plus tard une sorte de division propre à établir la distinction de plusieurs parties ; qu'on y distingue un aie et de petites excroissances latérales, ébauches des premières feuilles; que parmi ces premières feuilles uncoudeux, qu'on nomme cotylédons, ofTrent une ferme et une stiycture particulières, et que, suivant l'unité ou la pluralité des cotylédons, Rétablit dès lors entre les végétaux une différence fondamentale qu'on verra se prononcer de plus en plus àmesure qu'ils continueront à se développer. Hais nous n'avons examiné l'embryon qu'indépendamment de la graine, et nous l'avons d'ailleurs traité d'une manière beaucoup trop générale pour qu'il ne soit pas nécessaire d'y revenir ici avec beaucoup plus de détails.

C'est. l'axe qui se forme le premier, tournant une de ses eilréfflités vers le suspenseur et l'autre du calé opposé. Or la première est toujours celle d'où partira plus tard la racine, et prend dan» l'embryon te nom de radicule ; la seconde est celle qui s'allongera en tige, en se couvrant de feuilles, elqui pour commencer émet les , cotylédons. On distingue donc une extrémité radiculaire et une extrémité cot ylédonoirc, La radiculaire, se continuant immédiatement avec le suspenseur, regarde par conséquent le sommet du nucelle et le micropyle qui lui correspond ;la cotylédon aire, diceclement apposée, devra donc regarder la base du nucelle, c'est-^dire la chalazc ; et ces premiers rapports se maintiendront [wesque

411. Premltr dëïtloppfmeol itt l'embrïOn du Draba virtio. — «Sinpenieur, — pVMeulc embryonniire. — t Eiiibr;an, — I . Fnirién époque, uà J'od n'iperçoilIB- MKqneli TiiH4iI«einbryoDoairc doublée. ^l.[>euil»gie«poqiit,oùplutieuriutrkulH K MBl (arin«i dini cette •iiicule. — >. Truliiime époque, où l'embrinn ett ititna plii* ■DHitate pu U fofniilioD et riiitlonénli.iD d'un plui fruii nombre d'alrieulet.

■M DOTANIQUE.

toujours, de telle soi-te qu'à l'inspection de la graine 11 sutBie de pouvoir (lélei-miner la cbalazc et le mlcropylet pour dâermiiMT avec un dssez grand degré de certitude les deux extrémités correspondantes de l'embryon encore caché sous ses enveloppes.

§ 464. Dans la graine d^in petit nombre de végétaux, Dotamment de plusieurs de ceux qui vivent en parasites, l'embryon est bonri k l'axe, alors indivis, conime on peut la voir, par exemple, dans la Cuscute ifig. 419); ou, si les cotylédons existent, c'est à l'état rudimentalre, ettonvcnt tellement petits, qu'on a de la peine à les reconnaître (dans le Poto, par exemple [fig. 420]), qu'il but ^^ quelquefoismëmelemicro^iopepoiirï

'"" parvenir (comme dans les Ondiidées).

Ces cas sont assez rares, et ordinairement on observe dans l'embryon mûr, outre les cotylédons plus ou moins volumineux, les reuilles qui suivront, ramassées alors en un premier bourgeon cxtrômcment petit qu'on a nommé gemmule.

Ces différcnles parties ofTrent des différences asseï marquées, suivant que le cotylédon esMsimple ou double. Examinons-les successivement dans l'un et l'autre cas.

§ 46S.fiiBbr3oninoBoeotTlM*Bé* — Ll forme la plus habituelle desembryons monocotylédonës est celle d'un cylindre arrondi i ses deux eitrémitésoucelled'nnovoïdeplusou raoinsallongé(jS9. 422). Al'eitérieur,ilest difficile d'ï distinguer dirTérentespartiesiniais, en la coupant vertical ement par le niUieu, ou observe, aune hauteur variable, un petit mamelon niché dans une cavité immédiatement au-dessous de la surface. C'est la gemmule, terminaisonsupérieure de l'axe,auquel appartient tonte la portion située au-dessous; portion qui se compose pi-esque entièrement de la pe-

lUTrigllKliM BltmlilTi). -

iieule. — / Ftnte eorrMt«niilaii

EMBRYON DICOTYLÉDONÊ. 355

tite tîge ou tigelle de ce végétal raccourci^ mais qu'on désigne ordinairement sous le nom deradicule (fig. 422, r), parce qu'elle s'allongera inférieurement en racine. Toute la portion située au-dessus de la gemmule est le cotylédon (fig, 422, c). Avec beaucoup d'attention, et en examinant sous un grossissement suffisant l'embryon frais ou humecté, il est possible de déterminer, même sans dissection, ces diverses régions; car on peut presque toujours découvrir une petite fente {fig. 422, f) ou boutonnière extérieure qui eorrespondà lagemmule, indiquée d'ailleurs le plus souvent par une légère saillie sur la surface de l'embf yon, et dès lors on connaît la limite entre la portion radiculaire tournée vers le micropyle et la portion cotylédimaire tournée vers la chalaze. Cette fente correspond aux bords de la gaine ou portion vaginale de la feuille que forme le cotylédon.

La radicule est, dans quelques embryons, aussi et même plus longue que le cotylédon {fig. 72, Q, et on les appelle akmttiaeropodes (de fxoucpoc, long, et iroû;, nc^oç, pied). Quelquefois mènâe ils se dilatent latéralement de manière^à former une sorte d'excroissance qui peut s'étendre jusqu'à constituer la plus grande partie de la masse embryonnaire. Mais plus habituellement (/S^. 422), la radicule (r) est au contraire beaucoup phis courte que le cotylédon {c) ; elle est aussi, en général, pli» épaisse et d'un tissu un peu plus compacte. Ce n'est pas cette extrémité même qui s'aK longera pour la former, et nous avons vu (§ 101) que le plus souvent c'est une sorte de mamelon interne qui, pei^^ank la couche extérieure, se développera ainsi.

§ 466. BMbryoB dicotylédoaé. — La forme des embryons dicotylédones est beaucoup trop variée poiu* qu'il soit possible de l'exprimer d'une manière générale. Quelquefois conformés en un cylindre ou un ovoïde très-allongés, ils rappellent celle des monocotylédopés; mais ils s'en distinguent toujours par la division en deux lobes de l'extrémité cotylédonaiie :. cette division est plus ou moins profonde, suivant que les cotylédons sont plus ou moins développés par rapport à l'axe ou tigelle qui les porte. Une forme trèsconunune est celle que nous avons eu occasion de signaler et figurer déjà {fig. 73) dans ceux de TAmandier, où deux cotylédons ovales c c, appliqués l'un sur l'autre, constituent la plus grande partie de l'embryon, tandis que l'axe est réduit à un corps beaucoup plus étroit et plus court qu'on ne voit à l'extérieur que sous l'apparence d'un petit cône r saillant au-dessous des cotylédons ; cette portion inférieure aux cotylédons est la radicule, dont l'extrémité, ains> que nous Tavons déjà dit (§93), se prolongera immédiatement en racine. L'autre portion de l'axe, supérieure à leur insertion, la gemmule, plus ou moins, quelquefois à peine développée et cachée entre

BOT.VNHJl'E.

eux, ne se voil rpi'api es qu'on tes a arliriciellemenl écartés. Elle wl soiiTenl tei-miiice elle-même pur deux petits \ahes[{fig. 74, g), quelijuerois montre un plus grand nombre de ces lobes latéraux, puluièies élmiiches des rcuilles, d'autres fois parait encore indiv'n § 467. I! peut arriver qu'un embryon à deux cotylédons parais.'^ n en avoir qu'un, soit par leur cttrûnn, inégalité et le développement a peine sensible de l'uii des deux (fig. 423), soit pane que tous dLflx à peu près Vilement de\eloppés se sont ^\iiis plus ou moins intimemenl jar ^"- 4H leurs faces en contacl {fig. ili]

commeedaa lieu parLiemple, dansla gidine de la Capucine.

Vais laissons de cote ils dispositions insolites, et prenons la plii^

hiAitoeUe, celledan» laquelle les deux cotylédons sont ^auxet seii-

lementcontigus. Tan tilt ilsacquièrcntunegrandeépaisseurfcomme

dans l'Amandier [/Sj. 73], le Ikricol.les Pois (^3,432,613], leKoise-

tiGr[/i(;. 521], leChêne,elc.]; on dit alors qu'ils sont charnusrdansMs

cas, les deux faces en contact ou internes sont en général planes; 1»

races libres DU eslerneSipltK on moinsconvexcs. Tan tôt ils sontcom^

primésenlamesminces, ai^aties sur leurs deux fiices, et onlesdil

fuliacéB(eoniinedansIeRicin, l'Euphorbe [y!(;.S40],leF'usain,etc.).

Dans ce dernier cas, on voit déjà sur les cotylédons des nervure.'

plus ouraolûB évidentes, tandis qu'elles ne le sont que peu ou poiol

rfj^^ sur ceux qui sont charnus. La natun>

^^1 V* Ji~. foliacéedecesorganessemanifesteaiissi

VOH. llrO^yfc par leur forme, puisqu'ils peuvent êlri'

^ >i^( /-C^ff pétiolés(^g.42fl),avoirunliinbeéchai)-

«5. EmhrjBB de VHirta Salimanniatut, galtté de tes deui «tljlMont di>nl l'an o Ion -~ e' Le pclit colilédoo. — j Gsmmulo — r

dure del colilêdont donl le diilinMion ne l'epernoll plut que p«r une fiible ligne (.

«B. Einhrî'ioduTilleur. — fHidioule.— (I-'ilode«cni)Woiii. *1«, — du GefBBwni molU. - r nBdieiil.'. - e Coljlédun» qui t'y rlllicb. pir uo pied ou pélicde p.

(?7, Embryon dp rOrme. — i r,T!iruk> — c r(,ijli,'doB. — opSct of^llellet

KMUUVON 1HC0TYLKIM)NE. 357

cré {fig. 427) ou lobé {fig. 425),conime celui de véritables feuilles. Au reste, )e plus ordiniùrcincnt ils sont scssilcs, et leur contour entier.

g 4CS. Il y a des plantes où l'Dxistcnce do cotylédons verticillés nunombi'e de plus de deuE est le fait constant «t ,

normal, jiar exemple beaucoup de Coniforcs, et . .

notamment les Pins (/ij.428)etSapins,dansplusieurs espèces desquels on voit le nombre des loljlddons s'élever à 6, 9 et jusqu'à 13. En ce cas, leur forme esl Iméaire, comme le sera plus tard celle des feuilles : et remarquons que ces feuilles, réunies en faisceau sur de petits raraeaui contractés et presque nuls, offriront souvent à leur tour une disposition analogue qu'on peut étudier sur les Pins, les Hélèzei;, etc.

Cette multiplicité de cotylédons a fait proposer de substituer au nom généi'al de végétaux dicoly- lis.

lédonés celui de pol y cotylédon es. Mais le premier convient à h Rrande majorile, ou plulùt h la presque totalité de ces végétaux ; il est depuis longtemps et généralement adopté, et doit en conséquence être conservé. On devra seulement se raj^^er que la différence essentielle des embryons dans iMs deux grandes classes de végétaux est que ces premières feuilles naissent toujours ollenies dans les uns (monocolylédonés), dans les autres (dtcot;^donés) toujours verlicillées, soit habituellement deux à deux, soU Irèsrarement en plus grand nombre. D'ailleurs, d'après le» «jcberchc s otçanogéniques de M. Duchartre, les cotylédons se mon li'e raient toujours au début sous l'apparence de deux mamelons seulement, et leur nombre multiple ne serait dû qu'à des dédoublements ultcrieiu's, de sorte i|u'on n'aurait réellement que deux feuilles mulliparties au lieu de plusieurs feuilles entières.

§ 469. Nous avons dit que les deux cotylédons se présentent le plus souvent appliqués par leurs faces planes l'im sur l'autre. Mais souvent aussi ils offrent d'autres dispositions analoguesà celles que nous avons signalées dans les'feuilles proprement dites avant le développement, lorsqu'elles sont resserrées dans le bourgeon ù l'état de vernation (§144). Ainsi ils peuvent être plies en deux moitiés, réclinéa{fig. 147, 1) aneondupliquis{l!g. 147, 2; 430),corivoluté^ ifig. 147, 4;429)oucircin^(/!3. 147, 7; 431). Leplusordinairement les deux cotylédons se plient et se contournent ainsi dans le même sens cl parallèlement, comme s'ils neformaieiitqu'un

«3 Enihrj..ii du Pin, - I.PrHilnp. I» graine. - S. Ajan

mêmecorps; plus rarement c'est en seii8contraîre,commelorsqu1b sont équitants (fig. 147,9) ou demi équUants {fig. 147, 8).QiieK

quefois Us sont en outre chiffonnés (fig. 654, 655). On conçoit que ce sont les coty.

lédons foliacés qui doiTent se prêter à ces divers modes de piicature et d'enroulembt quelquefois très-comptiqués, et qui alors ne peuvent être définis par un seul mot, mais demandent ime petite description plus explicite.

§ 470. Après avoir examiné les diverses positions que les deux cotylédons d'un môme embryon peuvent prendre l'un par rapport à l'autre, recherchons celles qu'Us peuvent prendre par rapport i l'autre partie fondamentale de cet embryon : la radicule. Tr^-souvent ceUe-ci suit la même direction que les cotylédons : la direction rectUigne si l'embryon est droit, curviligne s'U est courbe. Cette courbe figure ordinairement un arc de cercle plus ou moins étendu, mais quelquefois*devientifhe véritable spirale à plusieurs tours dis-

429. Embryon du Grenadier (Punica granatum)^ qu'on a coupé en deui moitiéi n écartant la supérieure de manière & montrer l'enroulement des cotylédont e. — r Radicule.

4S0. Embryon du Chou {Brastiea oieracea). ~ r Radicule. — e Cotylédon*. — 1. Eat!cr» — 2. Tranche horizontale.

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