‹ Cours élémentaire d'histoire naturelle à l'usage des lycées, colléges, séminaires et maisons d'éducation. BotaniqueChapitre 99 sur 142 · Embryon du Buniat orienlalis · texte numérisé non relu

Embryon du Buniat orienlalis

452. — du petit Pois, qu'on a coupé en deux moitiés en écartant la supérieur! de manière & montrer la séparation des cotylédons c charnus et accombants.

4SS-4S4. Embryons de Crucifères. — r Radicule. — e Cotylédons.

453. Embryon du Pastel (hntis tinctoria). — I Entier. — 9 Sa tranche horizonlùe. 434. — de la Giroflée eoiuniune (Çheirantktu ckHH), — I Entier. • 2 Sa

tranche boriioutale.

GRAINE. RAPPORTS DES PARTIES. ShO

pœës soit sur un seul plan {fig. 431), soit sur plusieurs p(ans le^ uns au-dessus desautres (fig. tl9). D'autres fois la directicm de la radicule n'est pas la m&ne que celle des cotylédons, mais forme avec elle un angle obtus, ou droit, ou aigu; ou même, se repliant complètement, marche parallèle ment aux cotjlÉdons, mais en gens inverse. La radicule ainsi pliéc peut s'appliquer soit sor la face des cotjlcdons, soit sur leur bord. Dans le premier cas, on les dit incombaïUs {fig. 433); dans le second, accombants {fig. 43!, 434). Ces plicatures de la radicule sur les cotylédons peuvent coincidci avec celtes des cof^lddons sur eux-mêmes {fig. 430).

§ 471. Étudions maintenant les divers rapports de l'embryon avec les diverses parties de la graine qui le renferme, et d'aboiil avec le périsperme lorsque .celui-ci s'est développé.

Nous avons vu que l'embr jon n'est, dans le principe, qu'un trèspetit corps suspendu au sommet de la cavité embryonnaire,' Nous avons TU qu'il s'étend graduellement, et finit souvent par la remplir tout entière, absorlMint tous tes sucs qui s'y sont accumulés, et même une partie des enveloppes qui existaient à une premièi'e époque. Qu'on suppose tous les degrés intermédiaires entre ce premier et ce dernier état de l'embryon ; qu'on le suppose arrêté à chacun de ces degrés, et dans cbacuB de ces cas la place, qui n'est pas envahie par l'embryon, occupée par le périsperme ; va concevra tous les rapports de grandeur possibles entie l'un et

l'autre, rapports infiniment variés dont ta nature nous oiïre tous les exemples {fig. 435, 436, 431). Ainsi, l'embryon peut n'occuper qu'un très-petit point au sommet du péris|>crmc, ou s'étendre jns-

aeo

qu'à sa moitié^ ou moins ou plus^ ou enfin l'égaler en longueur. Il peut être plus ou moins mince, pins où moins épais, et cette épaisseur sera nécessairement en sens luTerse de celle du périsperme^ dont la couche s'atténuera de plus en plus à mesure que l'embryon grossira davantage.

§ 472. Celui-ci peut se diriger suiyant l'axe même de la graine, et alors il est dit aœile . Alors deux cas se présentent : ou il repousse

au-dessous de lui le périsperme, avec lequd il ne se trouve en rapport que par uqc partie de son extrémité inférieure^u cotylédonàire {fig. 438); ou il s'enfonce dans l'épaisseur même du périspenne qui l'environne alors de toutes parts^ excepté tout à fait à son extrémité *radiculaire (fig, 437). Rarement une soudure s'opère entre cette extrémité et le périspenne (par exemple^ dans beaucoup deConrferes)^ sans doute au moyen du suspensenr épaissi.

§ 473. D'autres fois l'embryon^ dans son développement, ne soit pas l'axe de la graine et se rejette sur le côté^ en général sur cehn qui est opposé à la chalaze. Même en çè cas, ii peut être encore complètement enveloppé par le périsperme, dont la couche est alois

beaucouif moins épaisse d'un côté que de l'antre. D'autres fois il est tout à fait en dehors du périsperme et placé immédiatement sous les téguments. Cest surtout dans les graines recourbées, résultant d'ovules campulitropes, qu'on observe cette disposition ; et alors la chalaze occupant la concavité de la coiu*bure, l'embryon, qu'on dit périphérique, suit sa convexité et paraît entourer le périsperme au lieu d'en être entouré (fig, 439, 577) : si la graine n'est pas courbée, si l'embryon est petit par rapport au périsperme, il se trouve rejeté sur le côté (fig. 565), ou sur un point de sa surface, comme dans les Graminées, par exemple (fig. 489).

§ 474. Enfin, dans un petit nombre de cas, le développement des téguments divers peut avoir marché irrégulièrement, de manière que le micropyle cesse de coïncider avec le sommet diA nucelle, et par conséquent Taxe de la graine (c'est-à-dire la ligne courbe ou droite tirée entre le micropyle et la chalaze) ne suit réellement

458. Graioe du Carex depauperata coupée verlicaleroeut. — / Tégument. — p Périsperme. — e Embryon.

431». Carpelle de la Belle-de-Nuit [Mirabilis jnlnpa) coupé verticalement atec la fi^rame qu'il contient. — a Péricarpe surmonté du reste de style t. — / TéguiireDU dt U graiue. — c Embryon avec sa radicule r rt bcs cotylédoni e. — p Périsperme.

CHAINE. BAPl'Oias IjES PAHtlES. 301

plus celui de [a cavité embrjonneire. En co cas, le bout luiiicii-

bire de Tembryon, qui est dit excen- i i

triqw, vient aboutir à une certaine

distance de l'extrëmilé de la graine.

On en voit des exemples dans les Pri-

mulacdcs (fy. 632), les Plantains,

beaucoup de Palmiers Ifig. 440), elc.

§ 47S. Nous- venons de voir que l'embryon, lorsqu'il est accoq)|i^né d^in périsperme, se trouve le plus •ouvent entouré par lui ; que d'autres (bis il se trouve au dehors, soit à l'une des extrémités, soit sur te cAté. Richard l'appelait intraire (itOrarius) dans le premier cas, ixtraire ('.■atrorius) dans le second.

§ 411). Examinons endu les rapports de l'embryou avec les téguments de la graine, c'est-à-dire avec ses trois principaux points,lc micropjle,lachalazeet leliite. Noussavons d^j^ qu'ils sont, ù trèspeu d'exceptions près, constants avec les deux premiers, l'extrémité cotylédonaii'c regardant la chalase, la radiculaire l'égaillant le micropyle. Ce n'est doncqu'avec le tiile qu^ls doivent varier. Or cclui-

Ci se trouve conruiidu ave^ la clialaze dans les ovules droits ou ortliotropcs, rcporlé à l'cxlrémilé opposée dans les ovules réfléchis ou anatropes. Dans le premier cas, la radicule se trouve donc dirigée

- p PéritperiIK. — < I

n. — t Bntiet. —

- I TegDMiilM de la gniiie. — p> P.

> lia rid MliUduni. l'tutrt a tU «■ I Hailiciilii.

4tî. Oninc rlc VErfùiKun, chùra fjrl». — cA<:>ii[iie pnHque eonfuiHlu ha-H. — T BhIkuI*. - t CalTldUuoi

362 DOTANIQUE. * • •

en sens inverse duhile (radiculahilo cotUraria [fig, 441]) ; dansk second^ elle se trouve dirigée de son côté (radicula hilum specUais [fig. 443]). Richard appelait antitrope (de t^ott^, action de se tourner; àvTî, à l'opposé) l'embryon qui est dans le premier cas; homoirope (d'ouo'c, semblable) l'embryon qui est dans le second.ll nommait amphitrope (d'àp.<pc, autour) celui qui, courbé sur lui-même, rapproche ainsi ses deux extrémités (fig, 442), et que nous avons vu le plus souvent entom^er d'un côté une partie ou la totalité du périsperme (/?^. 439). 11 est clair que l'embryon antitrope devra se former dans un ovule droit ou orthotrope ; l'embryon homolrope^ dans un ovule réfléchi ou anatrope; l'embryon amphitrope, dans un otuIc courbe ou campulitrope. Nous devons convenir que toutes ces épithètes sont, par leur consonnance, propres à entraîner quelque confusion. Il faut soigneusement distinguer celles qui se rapportent a l'ovule et celles qui se rapportent à l'embryon. Sans doute, en réservant pour ces dernières exclusivement cette désinence en Irape, et ne se servant, quand, il s'agit de l'ovule, que des épithètes de droit, réfléchi et courbe, on éviterait cet inconvénient. Mais comme tous ces mots différents se trouvent employés dans divers ouvrages, nous avons dû ici en fair^ connaître la valeur.

§ 477. Nous avons vu (§ '440) quels peuvent être les différents rapports de l'ovule avec la loge de l'ovaire qui le renferme, lisent pu se modifier par les changements que l'ovule subit en se développant; mais néanmoins, lorsqu'il est arrivé à l'état de graine parfaite, celle-ci, dans sa direction, ne peut présenter d'autres combinaisons que celles que présentent les ovules eux-mêmes; elle doit être ou dressée (fig. 42i, 532), ou ascendante (fig, 638), ou renversée, ou pendante (fig, 443), soit dans le même sens que le funicule, soit en j-ens inverse ; elle peut être attachée par son milieu, et aussi être recourbée ou pliée sur elle-même. Les figures (400-403) pai- lesquelles nous avons cherché à éclaircir ces diverses positions de l'ovule s'appliquent donc à la graine mûre, aussi bien que les mots par lesquels on les désigne.

§ 478. MaisTidentité de direction, par rapport à la loge observée dans deux graines appartenant à des plantes différentes, n'implique pas la même identité pour les embryons. Ainsi, par exemple, un ovule dressé pourrait être droit ou réfléchi, tourner son micropyle vers le haut ou vers le bas de la loge. La radicule, qui correspond presque constamment au micropyle, doit, dans le premier cas, être également tournée vers le haut ; dans le second, vers le bas. C'est ce qu'on indique par certaines épithètes appliquées à cette radicule, qu'on dit supére lorsqu'elle se dirige en haut (fig, 443, er)i infère, lorsqu'elle se dirige en bas (fig» 690); ventrale o\xcerUri/)éte,\oï^

Gn\ftiE. RAPPORTS DES PAliTIliS. 363

qu'elle se dirige en dedans; rforfafe ou cetUn'/u^e {fig. 44),r),loi'squ'cllc se dirige en dehors. U est clair «uc de celte dii-etâon de l'embryon, combinée avec celle de i ■

Is graine, on peut conclure la direction absolue de l'ovule ; de mSme que, réciproquement, on pouvait prévoir, par celle-ci, quelle serait rdus tard celle de l'embryon. Un OTole dressé et droit (ou orthotrope) annonsait d'avance que l'embryon serait antitiope, avec une radicule nqière; de même qu'en rencontrant cdui-ci dans la graine mûre, on en **''

conclut avec certitiide ce qu'a été antérieurement l'ovule.

§ 479. Le micropyle est bien visible sur un certain nombre de tH^aioes, comme celles de l'Iris, de la Fève, du Haricot, du petit Puis, et autres Légumineuses où il persiste sous la forme d'un petit trou. Mais il a disparu sur le plus grand nombre, et alors, pour déterminer la place où il a dû exister, il sufGt de disséquer la graine et de constater oii vient se^erminer la pointe de la radicule.

Quant au hile et ù la chalaze, ils sont en général plus nettement dessinés que sur l'ovule- Le premier se constate par le point où se fixe le funiculc, ou, lorsque cette attache s'est rompue et que ta graine s'est détachée, par la cicatrice qui en résulte sur la surface des téguments. La seconde se reconnaît souvent à une couleur différente du reste de ces téguments, plus plie, ou au contraire et généralement plus Concée; d'autres fois delà même couleurqu'euï, elle s'en distingue plus dirOcilement, et mSme seulement àl'aide de la dissection qui fait reconnaître dans ces téguments une portion plus épaisse et d'un tissu un peu difTérent coiTespondanl à. cette chalaze. D'ailleurs elle regarde toujours l'eitrérailé cotylédon aire de l'embryon. Elle varie aussi par sa forme, qui est tantôt ]ir>éaire, tantôt et plus souvent celle d'une aréole plus ou moins régulièrement arrondie, ou enfin intermédiaire entre ces deux extrêmes. Si le

(4J. I Coupe lertietli d'un cupelle do ttieln (AiciniK conmiinii) et de li Kriin* qD'il renrerme. — a F^ricarpe. — I Loge. — /Fuaicule. — tTcgmrcnUdc ligraiiM.

hilc est situe immédiatement en dehors de la chalaze (dans ks graines droites ou à embryon antitrope); ces deux points se Gonfondent extérieurement. Si le bile s'éloigne de la chalaze, le faisceau vasculaire qui^ arrivant au premier avec le funicule. Ta se terminer à la seconde à travers les téguments, se des»iie sous ceux-ci comme une ligne ou une bandelette, en général plus

foncée, que nous avons appris à connaître sous le nom de raphé {fig, 445, r).

D'après les notions précédentes, on conçoit que de rasi)ect extérieur de la graine, et de la détermination de ses divers points ou parties, le bile, la chaiaze, le micropyle, le raphé, on peu*, conclure la direction de l'embryon qu'on ne voit pas ; mais la réciproque n'a pas lieu, et si l'embryon aide pour reconnaître ces points sur le tégument, il ne suffît pas, puisqu'il n'a pas de rapports nécessaires avec le hile, dont la position peut varier.

§ 480. 11 ne nous reste qu'à ajouter quelques détails à ceux que nous avons déjà donnés (§ 457) siu* les enveloppes de la graine mûre, dont nous avons vu ie nombre quelquefois porté à trois ou quatre, comme celles de l'ovule, se réduire le plus ordinairement à deux, une extérieure ou testa, une intérieure ou membrane interne (endoplèvre, De Candolle). L'embryon, soitdépourvude périspermc, soit entouré ou accompagné de cette formation postérieure, forme, avec ou sans elle, un corps auquel on donne le nom d'amande ; corps qui est tapissé extérieurement par la membrane interne qui le suit dans tous ses contours. Le testa le suit aussi quelquefois, moule sur l'amande et cette membrane intermédiaire : c'est ce qui a lieu ordinairement lorsque la graine est droite ou à peine recourbée. Mais si sa courbe se ferme ou se replie sur elle-même, c'est généralemeut la membrane interne seule qui s'interpose dans ce repli, et le testa ne s'y enfonce que peu ou point. Quelquefois même, au lieu de s'étendre régulièrement et d'une manière continue sur la face interne du testa, elle forme des rides ou des replis nombreux qui si} réfléchissent en dedans, et divisent ainsi plus ou moins profondément en un grand nombre de compartiments toute la périphérie de la cavité delà graine. Le périsperme qui remplit une pareille cavilo se trouve donc sillonné à sa surface et dans une certaine épaisseur par des rides ou des rainures correspondant à tous ces rei)lis : ou

444, Graine du Noisetier, — / Funicule. — r Raplic. — c Chalase. — » Nor»iirrt q'jt eo parteol en rayoaiiaot et te répandent en remon'aol dan» les trgwncuU de U guine.

DISSÉMINATION. SCS

dit alors qu'il est ruminé (ruminatum, comme dans les Anonacccs, le Sagoiiy l'Arec et l)caiicoup d'autres Palmiers [fig. 496]).

Mais d'autres fois, au contraire, le testa peut former en dehors des prolongements où ne le suit pas la membrane interne. Ce sont de petites excroissances charnues ou caroncules qui, le plus souvent, circonscrivent le micropyle (fig. 443, c) ; ce sont des reipW, membranes ou ailes, qui (comme celles des samares) tantôt s'étendent de l'une ou l'autre extrémité, tantôt partent du pourtour de la graine, soit d'un côté seulement, soit de tout son contour, au nombre de un ou plusieurs : on dit alors la graine ailée.

La membrane interne mérite le plus souvent son nom par son tissu mince et flexible : quelquefois cependant elle s'épaissit, et même au point de sembler une couche de périsperme, auquel son tissu, alors charnu, fournit ainsi une transition plus ou moins insensible. Ce n'est pas toujours également qu'elle se renfle ainsi : mais elle peut ne s'épaissir que par places seulement, conservant dans les autres sa nature membraneuse. Elle est le plus souvent blanchâtre ou demi-transparente.

Quant au testa, il peut présenter la même apparence et la même couleur ; mais plus ordinairement il diCTère par sa teinte plus foncée, ainsi que par son tissu plus compact^et son épaisseur plus grande. 'Sa consistance est quelquefois molle, charnue, quelquefois coriace, souvent d'une dweté qui se rapproche plus ou moins de celle du bois : alors, s'il est mince, il devient fragile. Sa surface est lisse ; ou elle est inégale, se recouvrant de saillies diverses, obtuses ou aiguës, régulières ou irrégulières ; ou bien, au contraire, se creusant de points, de petites fossettes, de rides, même d'alvéoles, qui figurent une sorte de réseau. Elle est glabre ou couverte de poils de natiu'e diverse^ analogues à ceux que nous avons vus sur d'autres parties.

^ 481. Bl««émi»atloii. — La maturité de la graine coïncide, le plus généralement, avec celle du fruit. Alors commence la dissémination, c'est-à-dire l'acte par lequel les graines, détachées de la plante qui leur a donné naissance, s'éparpillent plus ou moins loin d'elle pour vivre de leur vie propre. Souvent le fruit se détache avec elles par la désarticulation de son pédoncule, ils tombent l'un contenant encore l'autre. Le funicule se désarticule lui-même au point du bile, et la graine devient libpe dans la loge. Si le péricarpe est déhiscent, elle en sort naturellement dans les mouvements qui peuvent être imprimés au fruit desséché, souvent par la pi'ession même des valves qui se contractent élastiquement en se séparant; s'il est indéhiscent, la sortie est plus tardive à travers le péricarpe, qui, désormais privé de vie, se décompose peu à peu et se sépare

par lambeaux. Des causes nombreuses fai^orisent la dissémination : la pesanteur qui a augmenté à mesure que la force d'adhérence diminuait, l'ébranlement donné par le vent ou la pluie; Tinter* ' vention des animaux qui transportent et quelquefois même enfouissent les graines^ soit involontairement, soit volontairement e^)our s'en nourrir ; et, lors même qu'ils se sont nourris du fruit, il arrive fréquemment que l'amande, défendue par un noyau ou un testa ligneux et épais, résiste à la digestion et est rendue intacte à la terre avec les excréments. Certaines graines ofTi^ent prise à l'action de ces agents extérieurs, comme, par exemple, toutes les graines pourvues d'aigrettes, sorte de parachute qui les soutient en l'air et permet au vent de les emporter au loin.

§ 482. Bien des graines échappent à ces actions, se dessèchent à YsLÏr, se pourrissent dans l'eau, sont dévorées par les animaux : mais il en est toujours un certain nombre qui, par une cause ou par une autre, se conservent à la superficie du sol ou s'enfouissent à une certaine profondeur. La nature a assuré la conservation des espèces végétales par le nombre des graines qu'elles portent, nombre hors de toute proiiortion avec celui des individus qui doivent vivre. On cite à cet égard l'exemple du Pavot, où chaque fruit renferme une telle multitude d^graines qu'il sufûrait pour couvrir^ de pavots toute la surface de la terre en peu d'années, si elles se' développaient toutes pendant plusieurs générations successives.

§ 483. Germination. — Un certain degré de chaleur et d'humidité est nécessaire à la vie ultérieure de l'embryon dans la graine devenue libre, avec ou sans son péricarpe. Nous avons vu (§ 213) qu'il lui faut une certaine proportion d'oxygène, et par conséquent le libre accès de l'air ; mais chez beaucoup de graines, lorsqu'elles sont privées de ces conditions^ la vie se suspend sans s'éteindre, et on peut les conserver ainsi pendant une longue suite d'années en les tenant à l'abri de l'eau et de l'air : de là l'usage de les enfouira une grande profondeur dans des cavités convenablement préparées, et qu'on nomme des silos. Leur conservation spontanée s'observe fréquemment dans la nature. Les terrains nouvellement défrichés, les bords des tranchées plus ou moins profondes sur un sol très-longtemps intact, se couvrent presque toujours d'une végétation nouvelle, différente de celle qu'on y observait auparavant, et il n'est pas rare d'y voir paraître des plantes depuis longtemps disparues du pays, où cependant on sait qu'elles ont autrefois vécu. Leur apparition prouve que leurs graines, enfouies à cette époque lointaine, se 3ont conservées vivantes : longtemps soustraites à l'accès de l'air, elles commencent à pousser dès qu'il leur est donne.

§484. Supposons une graine dans toutes les conditions favora-

GKRMINATiON. 8G7

Lies à son développement, et observons les nouveaux changements qu'elle subit. Tantôt ils se font avec une incroyable rapidité^ tantôt avec une grande lenteur : le Cresson alénois germe en un jour, tandis qu'il y a des plantes auxquelles il faut des années. Il est vi*ai que ces dernières sont, en général, entoui'ées de téguments qui les mettent à l'abri des agents extérieurs, et résistent elles-mêmcf longtemps à leur action ; de sorte que la germination, à proprement parler, ne commence qu'après un long intervalle.

§ 485. On peut distinguer deux périodes dans la germination : une première, pendant laquelle l'embryon continue à croître au dedans de la graine devenue libre ; une seconde, où, s'étant fait jour à travers les enveloppes de cette graine, mais y tenant encore, il se développe en dehors d'elle. Si Ton poursuit une comparaison que nous avons déjà indiquée (§ 460), celle de la graine avec^œu^ des oiseaux, on reconnaîtra sans peine que la première période correspond aux changenients survenus dans l'intérieur de cet œuf pendant l'incubation, c'est-à-dire pendant qu'il est couvé ; que la seconde correspond à l'éclosion.

§ 486. Examinons d'abord ce qui se passe dans la première. Deux cas peuvent se présenter : l'emjjiryon est accompagné d'un périsperme, ou il en est dépourvu.

S'il y a un périsperme> celui-ci se ramollit par l'action combinera de la chaleur et de l'humidité ; sa nature chimique change aux de pens des éléments que lui fournit l'oxygène de l'air et de l'eau (§ 213, 214). L'embryon, en contact avec lui, par 4a totalité ou par la plus grande partie de son contour, absorbe ces matières devenues aptes à le pénétrer parleur état de solution et à le nourrir par les modifications qu'elles viennent de subir. Ainsi nourri, il grandit dans la même proportion que le périsperme décroît, et finit par remplir tout l'intérieur de la graine, où il n'occupait d'abord qu'un espace plus ou moins limité. Alors le périsperme a dispaiii, et l'embryon ne peut plus s'étendre qu'en rompant les téguments qui, ramollis, opposent d'ailleurs unerésistance de moins en moins grande.

§ 487. S'il n'y a pas de périsperme, et que l'embryon remplisse déjà, au moment de la dissémination, toute la cavité delà graine, il est clair que la germination devra être considérablement abrégée, puisque ses parties auront dès lors acquis un bien plus grand développement que dans le cas précédent. En général, ce sont les cotylédons qui forment alors la plus gi^ande partie de la masse embryonnaire, et l'on doit remarquer que, dans ce cas, leiur nature est analogue à celle du périsperme : c'est une masse celluleuse,-dont les cellules sont remplies de fécule (Haricot, Pois, etc.) ou charnues, et contiennent souvent des gouttelettes d'huile (Noix, Colza, etc.).

ac8

Cette masse joue, par rapport au reste de Tembryon, le rôle de périspermc, subit des ebangements analogues à ceux que noiis avons vus précédemment s'opérer dans celui-ci, et fournit ainsi la nourriture à la radicule et à la gemmule, organes où se porte toute la force de développement.

* § 488. Ainsi fortifié, soit aux dépens du périsperme, soit aux ilépens de ses propres cotylédons, l'embryon, continuant à croître, presse ses téguments, qui se rompent et lui livrent passage. Presque toujours c'est la radicule qui se tnontre la première au dehors \fig, 446, i ), comme on devait s'y attendre, puisque, dès le principe, c'est son extrémité qui était la plus rapprochée des téguments^ presque à nu au-dessous d'eux et correspondant à une solution de continuité naturelle, le micropyle. La radicule donc fait saillie au dehors. Mais ce que nous avons appelé radicule est presque entièrement formé par la tigelle, au sommet de laquelle est la gemmule, qui, à son tour, se trouve ainsi en dehors ; son axe, jusqu'alors contracté et presque nul, s'allonge ; ses petits lobes latéraux, rudiments des fcuillos , se développent, et tout ce système se dirige 1 2 5 verticalement de bas en haut

vers le ciel. Mais dans celle germination la partie véritablement radiculaire, bornée jusque-là à l'extrémité seule de la radicule, a commencé elle-même à s'allonger {pg, 446, 2), et toujours dans la direction inverse, de haut en bas, vers le centie de la terre. Le cotylédon, simple ou double, reste le dernier engage dans la graine : tantôt même il ne s'en dégage pas et se flétrit avec elle; tantôt il s'en débarrasse à son tour, et, devenu libre, s'épanouit (fig. 446, 3) en feuille au point de la jeune tige qui sépare la portion appartenant primitivement à la radicule de celle qui appartenait à la genlmule. Aloi's toutes ces parties commencent à verdir sous Tinfluence de l'air et de la lumière. § 489. Faisons néanmoins remarquer que beaucoup d'embryons

445. Germination d'une graine dieotylédonéc non périspermée. celle de V Acacia jttlihriisin. — e Enveloppe de la graine. — r Radicule de l'embryon. — t Tigell»*. e Cotylédons. — g Gemmule. — I Première époque, où la radicule se montre au delior» k travers l'enveloppe rompue. — t Deuxième époque, où le* parties développées, cl déjà bien distinctes entre elles, se sont dégagées de l'enveloppe, qui cependant contient encore le sommet des cotylédons. — S Troisième époque, où l'embryon est déga«é en entier de l'enTcloppc, et où les cotylédons, redressés et écartés, laissent aprrrcvuir h ^rminiile.

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