PISTIL. — STYLES
certaines feuilles (§ \ 74, fig. 164, I) : alors l’extrémité qui correspond à l’origine du style se trouvera reportée plus ou moins bas sur le côté, le style sera latéral ( fig . 375). Elle se trouvera en basa peu près [fig. 370) ou tout à fait [fig. 371), et le style sera basilaire si l’inflexion est telle qu’une moitié supérieure du limbe se trouve ainsi repliée sur une inférieure. L’ovaire nous offre des exemples de tous ces degrés d'inflexion, tous les intermédiaires entre la position apicilaire et la position basilaire du style. Cette dernière s’observe dans le pistil du Fraisier [fig. 370) et de plusieurs autres Rosacées [fig. 371), famille qui nous fournirait aussi de bons exemples pour sa position latérale.
§ 485. Il est clair que le style basilaire se rapproche du lorus à son point de départ; il le touche si l’ovaire est sessile, et, si l’ovaire s’enfonce un peu par sa base dans le torus, il y entraîne avec lui l’origine du style, qui dès lors semble partir plutôt du torus que de la surface ovarienne. Telle est la modification remarquable que nous voulions faire connaître, et à laquelle on a donné le nom de ggnobase [ggnobasium ) : l’ovaire est dit alors gynobasique.
En général , les styles de plusieurs ovaires gynobasiques, verticiilés, se soudent ensemble et
3*0. Un carpelle du Fraisier. — o Ovaire. — t Style. — s Stigmate.
371. — du Chrysobalanus icaco. Même signification pour les lettres.
372. Pistil d’une Labiée ( Lamium album), dont on a enlevé une partie delà fleur par une section verticale. On a enlevé aussi deux des quatre ovaires pour montrer l'insertion du style s sur le torus r. — o Les deux ovaires restants. — d Disque glanduleux placé au-dessous du pistil. — c Portion du calice. — p ha corolle.
373. Pistil d’une Borraginée [Erithriciuvi jacquemonl.ianum), dont on a enlevé l’ovaire placé devant le spectateur, pour faire voir comment les ovaires o o s’insèrent obliquement sur un- torus pyramidal r, d’où part le style s, évasé à son sommet en stigmate.
semblent en former un seul, une sorte de colonne centrale, autour de laquelle les ovaires, sans autre style apparent, sont disposés en cercle. C’est ce qu’on observe dans les Ochnacées, dans toutes les Labiées [fig. 372), dans la plupart des Borraginées. Dans ces dernières le style est souvent plutôt latéral que basilaire ; mais l’ovaire est par sa face antérieure couché et sur un plan oblique que lui offre le torus, de sorte que l’origine du style ne s’y trouve pas moins plongée, quoique, du reste, plus haute qu’une partie de l’ovaire ( fig . 373).
§ 486. Nous avons jusqu’ici considéré les carpelles comme
base, de signaler plusieurs styles intimement unis, quoique correspondant à des ovaires distincts.
§ 487. Mais, bien plus ordinairement, la soudure marche de bas •en haut, les ovaires se réunissant plutôt que les styles, les styles plutôt que les stigmates. Les ovaires ainsi cohérents peuvent l'ètre par leur partie inférieure seulement et rester distincts à leur sommet (comme dans la Rue, par exemple); c’est ce qu’indique la
374. Pistil du Zanlhoxylon Jraxineum, consistant en cinq carpelles distincts exhaussés sur un gynophore g. Les ovaires o portent chacun un style terminal renflé à son extrémité en un stigmate s, et les cinq stigmates restent long-temps soudés entre eux par les côtés.
375. Une portion du pistil de la Fraxinelle ( Diclamnus fraxinella ) où, des cinq carpelles, on en a enlevé deux pour laisser voir comment les styles s, nés sur le côté interne de ces carpelles et d’abord distincts, ne tardent pas à se rapprocher et se souder tous les cinq en un seul. — o Ovaires dont les deux de devant montrent leur face dorsale il et une de leurs faces latérales l. A la base du gynophore g, on voit les cicatrices c marquant l’insertion du calice, des pétales et des étamines.
libres , c’est-à-dire indépendants les uns des autres. Nous savons cependant qu’il n’en est pas toujours ainsi, et que, plus fréquemment qu’aucune autre des parties florales, ils se soudent entre eux (§ 268), soit en partie, soit en totalité. Cette soudure peut avoir lieu de haut en
.7 bas. Ainsi, on voit quelquefois plu-
sieurs carpelles réunis par leurs stigmates seulement (par exemple, dans les Apocynées et les Asclépiadées , dans le Zanthoxylum [fig. 374]), ou par le haut de leurs styles [fig . 375), ou par leur totalité. Nous venons, en parlant du gyno-
PISTIL. — OVAIRE. 377
description (ovaria plura basi tantum coati ta), ou bien elle se sert du terme d’ovaire à plusieurs lobes. Lorsque plusieurs ovaires sont confondus en un corps unique , c’est ce corps qui prend le nom d’ovaire.
Autrefois on le considérait comme un organe unique , diversement partagé à l’intérieur, et alors on opposait l’ovaire simple ou unique (celui qui résultait ou de l’existence d’un carpelle unique ou de la soudure de plusieurs) à l’ovaire multiple , c’est-à-dire au cas de plusieurs carpelles libres dans une même fleur. Aujourd’hui on continue généralement à se servir des mêmes termes, quoiqu’on y attache une valeur différente et que l’ovaire simple doive être, en réalité , seulement celui qui appartient à un carpelle libre ; l’ovaire composé, celui qui est formé par la réunion de plusieurs carpelles en un seul corps. C’est ce qu’il ne faut pas perdre de vue dans l’usage des livres de botanique écrits à des époques différentes.
11 serait facile de prouver, par de nombreux exemples, que cette union de plusieurs carpelles ou feuilles modifiées pour former un ovaire unique en apparence, que jusqu’à présent nous avons reconnue en théorie, est vérifiée par l'observation pratique et d’accord avec la nature. Nous nous contenterons ici d’en citer un petit nombre, que nous fourniront des plantes communes dans nos jardins. Le Pied-d’Alouette ( Delphinium Ajacis ) nous offre un seul carpelle, dont l’ovaire, à parois minces et vertes, représente bien manifestement une feuille pliée sur elle-même. D’autres espèces du même genre (le Delphinium junceum, par exemple) en présentent trois semblables et entièrement séparés dans chaque fleur, quelques-uns en présentent même cinq. Cinq carpelles analogues formentle pistil dans la fleur d’un genre voisin, l’Ancolie. Dans un troisième genre de la même famille, le Nigella, on observe aussi un verticille de cinq carpelles ; mais ici ils commencent à se réunir entre eux seulement par le bas dans certaines espèces (le Nigella orientalis, par exemple) ; dans d’autres, jusqu’à une plus grande hauteur, et dans d’autres encore , jusqu’au sommet. On trouve dans la fleur du Nigella damascena les ovaires ainsi complètement confondus en un corps ovoïde, que surmontent les cinq styles restés distincts. On ne pouvait admettre que l’ensemble des cinq ovaires de l’Ancolie ou du N. orientalis fût un seul organe; or la transition de ces cinq ovaires séparés à l’ovaire unique du i V. damascena est trop évidente pour qu’on hésite à reconnaître à celui-ci la même composition, la présence des cinq organes dont on a pu suivre ainsi tous les degrés de réunion.
378 botanique.
Chacun de ces carpelles isolés présentait une face extérieure ou dorsale, et deux faces latérales convergeant l’une vers l’autre et unies à angle du côté qui regarde le centre de la fleur. C’est par ces angles et par ces faces latérales que les carpelles se sont soudés ensemble pour former un ovaire plus ou moins simple en apparence. Il en résulte que, si l’on coupe celui-ci en travers, on le trouvera partagé en cinq cavités séparées par les faces latérales, qui , soudées deux à deux, forment ainsi autant de cloisons intérieures, dont le plan est nécessairement parallèle à l’axe de la lleur, et qui alternent avec les styles, puisqu’elles répondent aux côtés de la feuille carpellaire, tandis que le style répond à son milieu. Chacune de ces cavités est la loge du carpelle correspondant et porte le même nom de loge ( loculus ) : de là l’épithète de multiloculaire ( multilocularis ) qu’on donne à un pareil ovaire; de bj, tri, quadri, quinque loculaire, suivant que le nombre des loges est de 2, 3, 4, 5, etc. Le nombre des cloisons ( dissepimenta ) est égal à celui des loges, et elles sont formées de deux lames plus ou moins intimement accolées. Le nombre des styles , lorsqu’ils restent distincts, est aussi le même, et peut à l’extérieur indiquer celui des loges qu’on trouvera à l’intérieur.
§ 488. Il n’y a donc aucune difficulté pour déterminer le nombre des carpelles qui concourent à la formation d’un ovaire, soit au moyen des styles, tant qu’ils restent simples et séparés ; soit au moyen des cloisons, lorsqu’elles conservent leur intégrité. Mais l’un de ces moyens peut venir à manquer. Ainsi, par exemple, dans la plupart des Carvophyllées, où les cloisons disparaissent de très-bonne heure, on est néanmoins averti, par la présence de plusieurs styles, que l’ovaire est réellement composé de plusieurs feuilles carpellaires, par exemple, de deux dans l’œillet, de trois dans YAlsine (Mouron des oiseaux), de cinq dans la Nielle ou le Cerastium ( fig . 383, s). Dans beaucoup de cas, au contraire, ce sont les styles qui cessent d’indiquer le nombre de loges, parce qu’ils se soudent en un seul, ou qu’en se ramifiant ils semblent en représenter un plus grand nombre : alors on est obligé de couper l’ovaire, et le nombre des cloisons ou des loges constate celui des carpelles.
Mais comment le constater, si ces deux secours manquent a la fois? Ce sera, dans un très-grand nombre de cas, par la position des ovules. C’est donc ici le lieu d’examiner leur distribution par rapport aux carpelles.
§ 489. Les ovules, après que leur rapport avec le tube pollinique s’est établi, ou, en d’autres termes, après leur fécondation,
PISTIL. — PLACENTATION.
prennent un grand développement qui les transforme en graines. Il faut donc, d’une part, que le tissu conducteur dirige jusqu’à eux ce principe fécondant; de l’autre, qu’ils reçoivent les principes nutritifs nécessaires à leur accroissement ultérieur. Ils doivent puiser cette nourriture dans les sucs qui leur arrivent élaborés du reste de la plante, et principalement des parties situées au-dessous d’eux. Des faisceaux fibro-vasculaires , qui ont traversé ces parties, viennent donc se distribuer dans les carpelles, et envoient un rameau particulier à chacun des ovules, qui se trouve ainsi lié au système général. A ces faisceaux venant de bas en haut, s’associe une traînée de tissu conducteur venant de haut en bas. Cette union des deux tissus détermine, sur un point quelconque des parois de la loge, une saillie plus ou moins marquée, à laquelle se rattachent les ovules qu’elles renferment et qu’on a nommée placenta. Quelques auteurs, réservant ce nom à la saillie qui correspond à l’attache d’un seul ovule, donnent celui de placentaire [placent arium) au corps formé par la réunion de plusieurs placentas portant plusieurs ovules. De ce mot vient aussi celui de placentation, par lequel oa désigne la distribution des ovules, et, par conséquent, des placentas, dans un ovaire simple ou composé.
Nous avons vu dans le carpelle du Butomus (§ 472, fig. 358) les nombreux ovules et par conséquent les placentas couvrant toule la paroi de la loge. Mais cet état de diffusion est rare, et le plus ordinairement les ovules se groupent sur ces parois par séries longitudinales et rectilignes, et les faisceaux nourriciers marchent suivant une ligne généralement unique pour chaque carpelle. Il est aisé d’en conclure qu’en l’absence de cloisons ou de loges le nombre de ces séries, de ces lignes, que la coupe transversale de l’ovaire découvre à la vue, indiquera à l’observateur le nombre réel des carpelles qui concourent à composer cet ovaire en apparence unique.
§ 490. Dans le plus grand nombre de cas, la ligne des placentas suit les bords de la feuille carpellaire, et par conséquent lorsque cette feuille est complètement repliée de manière que ses bords se touchent et s’unissent en fermant ainsi le carpelle ou la loge, et formant par cette union un angle qui correspond à l’axe de la fleur, c’est cet angle qu’occuperont les placentas : on dit alors la placentation axile. Si l’ovaire est multiloculaire, cet angle se trouvera, pour chaque loge, à la réunion interne de deux cloisons voisines [fig. 376, 379) qui peuvent même, une fois parvenues à l’axe, se replier plus ou moins de dedans en dehors dans l’intérieur de la loge [fig. 377).
§ 491 . Mais supposons que les bords des feuilles carpellaires repliés ne s’avancent pas jusqu’à l’axe et ne forment ainsi, dans l’intérieur de l’ovaire, que des cloisons incomplètes ( fig . 378, 380), ou même qu’ils ne se replient pas du tout, se soudent, non plus par une face latérale, mais seulement par leurs bords [fig. 381 , 2), et qu’ainsi il n’y ait pas de cloison : les lignes placentaires qui suivent ces bords se trouveront par là reportées à une distance plus ou moins
376, 377 et 378. 1 ranclies horizontales d'ovaires, composées de deux feuilles carpellaires dont les bords repliés se rencontrent à l'axe a, d<"yis 376 ; se réfléchissent dans le dedans de la loge après s'être rencontrés à l'axe, dans 377 ; ne parviennent pas jusqu'à l'axe, dans 378.
379. T ranclie horizontale de l'ovaire d’un Fuchsia [F. coccinea) . — c c ce Paroi de 1 ovaire ou réunion de quatre feuilles carpellaires qui le constituent. — a Axe quadrangulaire soudé avec les cloisons et les liant entre elles. — o Ovules attachés au bord interne des cloisons.
380. 1 ranclie horizontale de l’ovaire de la petite Centaurée [Erylhrœa cenlaurium). c Paroi de l’ovaire ou feuille carpellaire. — p Son bord qui forme le placenta et porte les ovules o. — l Cavité ou loge.
381. 1 Pistil de la Pensée | V iola Iricolor), coupé verticalement pour montrer l’attache des ovules o aux parois. — On en aperçoit deux rangées, l'une de face, I autre de profil, et on voit qu à celle-ci correspond une ligne de la paroi épaissie ou placenta p. c C alice. — d Ovaire. — s Stigmate terminant un style court.
2 Tranche horizontale du même. — p Placenta. — o Ovules. — s Suture.
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— PLACENTATION. 381
grande de l’axe, et se montreront le long des cloisons incomplètes dans le premier cas (/?</. 380), sur les parois mêmes de la loge dans le second (/?(/. 381 ,2) : c’est ce qu’on a appelé la placentation pariétale.
Dans ce cas, chaque ligne placentaire correspond aux bords de deux carpelles différents, tandis que, dans le cas précédent, elle correspondait aux deux bords d'un même carpelle. Les placentas axiles sont donc alternes par rapport aux placentas- pariétaux; et cette vérité théorique se trouve souvent vérifiée en fait. Dans des ovaires à placentation axile (ceux de plusieurs Méliacées, par exemple) quelquefois les cloisons se rétractent à une certaine distance de l’axe, et chaque série d’ovules qui, dans les ovaires bien constitués, occupait l’angle interne de la loge et alternait avec les cloisons, se sépare en deux séries longitudinales dont chacune s’accole à une série semblable de la loge, voisine pour former avec elle une ligne placentaire sur le bord libre de la cloison devenue incomplète. Dans tous les cas, il est clair que toute ligne placentaire est essentiellement une association binaire.
§ 492. Supposons, en troisième lieu, qu’avec les placentas axiles, comme dans le premier cas, la parlie des cloisons située entre eux et les parois de l’ovaire s’arrête de très-bonne heure dans leur développement, ne suive pas celui de ces autres parties et ne tarde pas à se rompra et disparaître ; les placentaires avec leurs ovules formeront alors une masse sans connexion latérale apparente avec les parois ( fig . 382, 383); les diverses loges, qui ne sont plus séparées par des cloisons, se confondront en une cavité unique du milieu de laquelle s’élèvera le corps placentaire p chargé de ses ovules o; c’est ce qu’on appelle placentation centrale.
Nous avons donc trois modes principaux de placentation : l’axile, la centrale et la pariétale; les deux dernières différant de la pre-
382. Pistil du Ceraslium hirsulum coupé verticalement. — o Ovaire. — p Placentaire. — g Ovules. — s Styles.
383. Le même, coupé horizontalement, dont on a éloigné les deux moitiés ainsi séparées, de manière à faire voir l’intérieur de la loge avec son placentaire central p tout chargé d’ovules g.
mière, l’une par la destruction des cloisons, l’autre par leur formation incomplète.
§ 493. Cependant les deux derniers modes ne reconnaissent pas invariablement l’origine que nous leur avons assignée, et d’après laquelle les placentas suivraient toujours les deux bords de la feuille carpeliaire. Dans quelques exemples,' rares il est vrai, c’est à sa nervure moyenne, et non à ses bords, qu'ils paraissent correspondre; et déjà, dans le Bulomus ( fig . 358), nous les avons vus s’éparpiller sur toute la surface de la loge. Voilà deux modifications de la placentation pariétale auxquelles ne peuvent s’appliquer les règles précédemment énoncées.
On peut concevoir aussi pour la placentation centrale une autre origine que la première dont nous avons parlé. Admettons, en elTet, que le placentaire se développe tout à fait indépendant de la feuille carpeliaire à laquelle jusqu’ici nous l’avons trouvé toujours associé, que plusieurs de ces feuilles verticillées autour du corps placentaire qui continue et termine l’axe de la fleur se courbent autour de lui en se soudant entre elles et l’enveloppent sans le toucher. Nous aurons une placentation centrale plus essentielle que celle qui a été précédemment expliquée : car 1° elle aura été telle dès le principe, tandis que l’autre l’est devenue par le développement inégal des parties, d’où est résultée la disparition des cloisons, dont souvent même encore on trouve plus tard des vestiges à la partie inférieure de l’ovaire (dans beaucoup de Caryophyllées, par exemple); 2° elle peut exister même dans un carpelle simple, tandis que l’autre exige pour sa formation la réunion de plusieurs carpelles.
§ 494. M. Schleiden admet que , dans tous les cas, le placentaire n’est que l’bxtrémité de l’axe floral , dont les ovules seraient les derniers bourgeons modifiés; axe qui varie, par sa forme et ses divisions, comme celui de l’inflorescence, tantôt simple, tantôt diversement ramifié; que les feuilles carpellaires disposées autour decetaxe tantôts’étalent autourde lui, soit sans lui adhérer (p. centrale), soit en s’accolant à ses ramifications divergentes (p. pariétale), tantôt se réfléchissent sur lui en embrassant une certaine étendue de l’axe simple ou une de ses ramifications avec les ovules qui s y trouvent, et qui souvent alors semblent ainsi naître de 1 angle interne (p. axile). Cette théorie peut être vraie pour un certain nombre de cas, et en explique d’une manière fort satisfaisante plusieurs autrement difficiles à comprendre. Cependant il y en a beaucoup d autres où, en suivant le développement des carpelles et des ovules dès leur première apparition, on voit si rnani-
PISTIL. — OVAIRE
festement les seconds se former sur les bords des premiers, qu’on a peine à se refuser aux conséquences de l’observation directe.
§ 495. Quoi qu’il en soit du premier mode de sa formation, la placentation, en la prenant dans l’ovaire parvenu à son état parfait, fournit de très-bons caractères pour la distinction des plantes; et si on la voit varier dans quelques familles, il en est un bien plus grand nombre où elle se montre constamment la même : par exemple, axilc dans les Malvacées , Euphorbiacées , Campanulacées ; pariétale dans les Violariées, Papavéracées , Capparidées, Grossu lariées , Orobanchées, etc., etc.; centrale dans les Caryophyllées, les Portulacées, etc., etc. Elle paraît l’être essentiellement dans les Primulacées, les Santalacées, les Olacin^s, etc.
§ 496. Nous avons dit que' la réunion de plusieurs carpelles en un seul ovaire ne s’observe qu’entre ceux qui se trouvent verticillés sur un même plan, et qu’en conséquence l'axe de l’ovaire et ses cloisons sont parallèles. On peut cependant concevoir aussi la réunion de plusieurs carpelles situés à des hauteurs différentes, mais rapprochées; dans ce cas, les faces en contact par lesquelles les soudures doivent avoir lieu ne sont plus les latérales, mais un carpelle se joindra par sa face supérieure avec l’inférieure de celui qui se trouve au-dessus de lui, et les cloisons seront horizontales ou obliques. Ce cas, extrêmement rare, parait se présenter dans l’ovaire du Grenadier, divisé assez irrégulièrement en plusieurs étages de loges. Le plus ordinairement, lorsque ces sortes de soudures ont lieu entre les carpelles disposés en spirale sur un axe allongé, ils ne se confondent que par leurs bases et restent distincts dans la plus grande partie de leur étendue, de manière à ne laisser aucun doute sur leur pluralité, comme on peut le voir dans plusieurs Anonacées par exemple.
§ 497. Nous avons déjà vu (§ 369) que les carpelles peuvent se souder non-seulement entre eux, mais aussi avec les autres vertic.illes de la fleur, et qu’alors c’est en général avec le calice; de telle sorte que les verticilles intermédiaires se trouvent compris dans cette soudure , et que toutes les parties de la fleur se trouvent ainsi confondues inférieurement en un seul corps. Les termes de calice adhérent et d'ovaire adhérent indiquent tous deux également cette circonstance : on la désignait autrefois sous ceux d e calice supére et d'ovaire infère, parce qu’alors le limbe (fig. 384, l) qui constitue la portion distincte du calice paraît naître au-dessus de l’ovaire (o), avec lequel se confond sa portion inférieure ou son tube. Le tissu de l’ovaire et celui du calice sont dans ce cas continus, quoi-
384. Fleur du Melon (Cucurots melo |. — o Renflement inférieur correspondant à l'ovaire adhérent avec le calice. — l Partie supérieure du calice dépassant 1 ovaire ou limbe. — p Corolle.
385. Fleur du Fuchsia coccinea, séparée en deux moitiés au moyen d'une section horizontale menée par le milieu de son ovaire o. — On a laissé intacte la moitié inférieure 2 pour faire voir les quatre loges avec les ovules attachés à leur angle interne : la fig. 380 montre cette tranche encore plus grossie. — On a. coupé verticalement la moitié supérieure 1 pour montrer les ovules g disposés en séries dans chaque loge ; le calice confondu inférieurement avec l’ovaire se prolongeant audessus de lui en un tube t, et se divisant à son sommet en plusieurs segments l ; les pétales p insérés sur ce tube à la hauteur où il se divise ; les étamines e insérées de même, alternativement plus grandes et plus petites ; le style s'élevant du sommet de l’ovaire et terminé par un stigmate ovoïde s.
386. Fleur d’une Saxifrage (Saxi/raga geum), coupée verticalement pour montrer son ovaire o adhérent jusqu’à la moitié de sa hauteur avec le calice c. — p Pétales. — e Étamines. — s Styles et stigmates.
387. Pistil d’une autre plante de la même famille ( Hoteia japonica ) , coupé verticalement de manière à montrer l’intérieur de ses deux loges. — o Deux ovaires soudés en un seul adhérent jusqu’à moitié de sa hauteur avec le calice c. — t Styles. — s Stigmates. — p Placentas axiles et saillants, tout couverts d’ovules. — pe Base des pétales.
PISTIL. — OVAIRE
que souvent quelques différences sensibles établissent la démarcation de l’une à l’autre; mais on ne laisse pas de les décrire comme l’ovaire, quoique l’épiderme et la couche sous-jacente appartiennent véritablement au calice. Quelquefois leur union n’a lieu que dans leur portion inférieure, et ils se dégagent l’un de l’autre supérieurement, ce qu’on indique par l'expression de calice ou d 'ovaire semi -adhérent [fig. 386, 387). Par opposition, lorsqu’ils restent complètement indépendants l’un de l’autre, on les dit libres; autrefois on disait calice infère et ovaire supère. C’est en général un caractère important que ce rapport du calice à l’ovaire, d’autant plus que Padhérence entraîne nécessairement la périgynie ou l’épigynie des .étamines ; il faut donc le constater avec soin en commençant l’examen de toute fleur. On reconnaît souvent avec facilité l'ovaire adhérent au rendement qui se prononce au-dessous des divisions calicinales (fig. 284 et 28o, o). La section transversale de ce renflement constate si l’on a un seul corps creusé d’une ou de plusieurs loges parfaitement closes, comme dans la fleur du Pommier, par exemple. En coupant de même celle du Rosier, où l’on a un renflement si considérable, on voit au contraire une cavité ouverte à son sommet, et toute couverte de carpelles distincts [fig. 369). On prononcera donc qu’il y a un ovaire adhérent dans le Pommier, plusieurs ovaires libres dans le Rosier.
§ 498. La forme de l’ovaire, soit libre, soit confondu avec le calice, varie beaucoup. La forme la plus commune est celle d’un sphéroïde, ou plus souvent d’un ovoïde. Lorsqu’il y a plusieurs loges, leur existence est souvent manifestée au dehors par celle d’autant de sillons, plus ou moins profonds, étendus de la base de l’ovaire jusqu’à l’origine du style et indiquant les lignes suivant lesquelles les divers carpelles soudés se réunissent, alternes par conséquent avec les loges. Le milieu de la face dorsale de chacun de ces carpelles ou loges est quelquefois marqué par un autre sillon plus superficiel ou, au contraire, par une côte ou un angle saillant. D’autres fois, toute la surface de l’ovaire, parfaitement unie, n’accuse pas ses divisions intérieures. Lorsque les faces dorsales, très-bombées, sont séparées par des sillons très-profonds, on dit que l’ovaire est lobé ( ovarium uni-bi-tri-quadri-quinquelobum , etc.).
Cette même surface est glabre ou diversement velue. Les termes par lesquels on désigne les divers degrés et modes de villosité ont déjà été définis (§ 203). On remarque fréquemment dans une même plante une assez grande analogie pour la nature et la disposition des poils entre ceux (pii couvrent l’ovaire et ceux qui revêtent les feuilles et les jeunes pousses.
§ 499. Le style a pris son nom (lu mot grec cttuXoç, colonne on
stylet, parce qu’en effet il se présente fréquemment sous une forme qui rappelle ces corps, celle d’un cylindre plus ou moins allongé, souvent graduellement aminci, soit, le plus ordinairement, de bas en haut, soit, au contraire, quelquefois de haut en bas.
Le style appartenant à un carpelle est souvent indivis , souvent aussi tend à se diviser par la bifurcation (fig. 231, 2 s), et quelquefois chaque branche de cette fourche se divise de même à son tour (fig. 388 s).
Quand l’ovaire est à plusieurs loges, les styles qui leur correspondent peuvent se souder en un seul dans toute leur longueur; et dans ce cas, comme dans celui du style indivis pour un carpelle unique, on dit le style simple (stylus simplex [fig. 385]). D'autres fois ils ne se confondent qu’en partie, par l’inférieure généralement, et alors on décrit un style multiparti ou multifide (fig. 389) suivant la hauteur plus ou moins grande jusqu’à laquelle les styles sont soudés. On indique leur nombre par le mot ou le chiffre joint à la désinence parti ou fille ( bifidus , iripartitus , 4 -fidus, G-partitus, etc.); ce sont les expressions usitées dans toutes les descriptions les plus anciennes; dans les plus modernes on trouve souvent le même fait exprimé par 2-3-4- etc., styles soudés jusqu’au milieu, ou au-dessus où au-dessous (styli usque medium, supra medium, infra medium coaliti ). Enfin, quoique les carpelles soient complètement réunis , les styles peuvent rester tout à fait indépendants (fig. 383 , 387, 388), et. on décrit alors 2-3-4-S- plusieurs styles libres, ou bien un ovaire à plusieurs styles
388. Fleur femelle d'une Euphorbiacée (EmOlica officinale ) . — c Calice. — p p Pétales. ( Tube membraneux entourant l'ovaire. — o Ovaire surmonté de trois styles s chacun deux fois bifurqué.
3S9. Pistil d'une Mauve (Malva alcea}. — o Ovaires au nombre de neuf, soudés en un seul , sur lequel se dessinent autant de sillons. — t Colonne formée par les neuf styles soudés entre eux jusque vers leur sommet, où ils se séparent en divergeant et se réfléchissant, terminés chacun par un stigmate s.