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Trachée prise dans un Potiron ( Cucurbila pepo

était gontlée par un liquide, peut se montrer, sous le microscope, affaissée et vide, ou seulement avec quelques traces d’un dépôt solide , si l’évaporation a laissé à sec quelques corps auparavant en dissolution , comme la gomme ou le sucre dans l'eau , la résine dans une huile volatile. 11 peut aussi s’opérer quelques changements chimiques dans la nature du contenu pendant l’observation qui, l’enlevant à ses rapports vitaux, le met nécessairement en contact avec de nouveaux agents, l’air ou l'eau, etc., etc. Cette recherche, dont les résultats ont tant d’importance pour éclairer la vie du végétal, a donc dû exiger plus de précautions, des méthodes moins directes et plus variées, et elle doit nécessairement être moins avancée que celles dont nous nous sommes occupé jusqu’ici.

§ 20. Si nous commençons par les matières solides, dont l'observation immédiate est la plus facile , nous verrons qu’elles peuvent occuper diverses positions dans la cavité qui les renferme. Ainsi elles peuvent s’appliquer sur toute sa surface, et fournir ainsi comme une couche plus intérieure, qu’on ne distingue quelquefois des autres que par l’action des réactifs qui accusent une composition chimique différente : c’est le cas pour la matière fortement azotée , (pi on trouve ainsi disposée dans presque toutes les cellules extrêmement jeunes et dont la couche est dessinée en rouge par le protonitrate de mercure, qui ne colore pas le reste des parois. Celle qu’on a nommée le ligneux, et qu’on trouve dans les libres ligneuses, ne s’applique pas seulement sur les parois , elle les imprègne comme une matière qui , pénétrant à l’état liquide dans une éponge , se solidifierait ensuite et formerait corps avec elle. Dans ces cas, le contenu, appliqué immédiatement sur les parois ou introduit même dans leur épaisseur, sc confond jusqu’à un certain point avec le contenant.

C’est la même chose pour la silice qui incruste assez souvent les tissus végétaux. On peut s’en assurer en brûlant doucement sur une lame de verre une petite portion d'un de ces tissus. Le feu détruit la substance végétale, mais non la substance minérale dont la première était pénétrée, et qui, se déposant sur la lame, y dessine le squelette siliceux du tissu organique qui a disparu. C’est ce qu’offrent, par exemple, à un degré remarquable, les tiges des Graminées, qu’on connaît vulgairement sous le nom de pailles, et c’est là l’origine des masses vitrifiées qu’on trouve quelquefois dans les débris d’une meule de blé incendiée.

§21. La matière contenue dans l’intérieur des cellules se montre souvent sous la forme de grains, les uns épars, les autres ramassés en peloton. 11 y en a fréquemment d'appliqués sur les parois, aux-

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quelles ils semblent même adhérer ; et ils s'y dessinent sous l’apparence de taches ou de points qu’on a pu de dehors confondre avec ceux qui résultent des perforations que nous avons signalées dans l'épaisseur des membranes dont cette paroi est composée.

Dans la plupart des cellules très jeunes, et même dans toutes , suivant certains botanistes, on observe un amas granuleux en forme de boule ou , plus souvent , de lentille, couché sur la surface intérieure ou même commeênfoncé dans la membrane [fuj. 03). En général, il devient de moins en moins apparent à mesure que la cellule se développe, et finit par disparaître complètement. 11 persiste néanmoins dans certaines parties et dans certains végétaux. On l'a nommé nucléus ou noyau de la cellule, nom auquel M. Schleiden a proposé de substituer celui d ecytoblaste ( xut'o;, cavité, utricule; pXâî-ro;, bourgeon, germe), à cause des fonctions qu'il lui attribue, celles de produire, par son développement ultérieur, les cellules, dont il serait en quelque sorte l’état embryonaire

Les granules sont quelquefois assez nombreux et serrés pour s'unir, surtout après l’évaporation des liquides, en une masse compacte qui remplit presque toute la cavité cellulaire ; d'autres fois on les y voit libres et distincts. Leur nature est variée, comme on peut le juger par la variété de leur forme, et surtout par l’action différente qu’exercent sur eux certaines substances, notamment la solution d'iode, ordinairement employée à cet usage par les observateurs. Quand on en verse une goutte sur les cellules dont on examine ainsi le conteiîu, on voit les granules se colorer tantôt en brun ou en jaune plus ou moins pâle, tantôt en bleu ou en violet plus ou moins foncé. Dans le premier cas, on peut ordinairement prononcer (pic la matière des granules est plus ou moins azotée, de l'albumine ou du caséum végétal : dans le second, on est averti que les granules sont ceux d'une matière entièrement exempte d’azote, <pii est extrêmement répandue dans les végétaux et joue un rôle important dans leur nutrition, la fécule. Si l'on examine ceux-ci sans les colorer, on peut les reconnaître d'ailleurs à certains caractères de forme : c’est en général celle d'un sphéroïde irrégulier ou d’un polyèdre sur lequel l'on voit se dessiner plusieurs cercles concentriques autour d’un point ordinairement placé sur sa périphérie. Ce point ou hile correspond à celui de la paroi interne de l’ utricule autour duquel s’est épanchée la première lame du grain

63. Jeunes cellules avec leur nucléus n n », prises dans la Betterave.

ai» BOTANIQUE.

de fécule , puis une seconde qui a repoussé la première vers le dedans de la cellule , puis une troisième qui a repoussé de même la seconde, et ainsi de suite : de telle sorte que le grain peut être considéré comme se composant d’une succession de lames ou do disques empilés les uns sur les autres, tantôt directement, tantôt obliquement, d'autant plus récents et plus mous qu'ils se rapprochent davantage du hile, d’autant plus anciens et plus durs qu'ils se rapprochent plus de l’extrémité opposée. 11 peut arriver que deux ou trois grains extrêmement voisins se confondent en un seul , dans lequel on remarque alors deux ou trois hiles distincts ; mais l’accroissement ultérieur se fait toujours par un seul d’entre eux, sur lequel se coordonnent les lames formées après cette réunion. Si l’on veut entrer dans plus de détails , on voit la forme varier dans les fécules tirées de plantes différentes, mais être assez constante dans une même espèce de plantes pour qu’un œil exercé reconnaisse à laquelle elle appartient. Ainsi, pour prendre les exemples les plus connus, qu’on examine comparativement des tranches extrêmement, minces faites sur une pomme de terre (//;/. 61), sur un grain de blé ( fuj . 65) et sur un grain de maïs (ficj. 66) , cL l'on trouvera que les grains de fécule diffèrent assez dans les trois pour se laisser ensuite facilement reconnaître. Si, dans la petite goutte d’eau où l'on laisse ordinairement les tranches pour prévenir leur dessiccation, on mêle une quantité bien plus faible de solution d iode, on verra de suite se colorer les granules et se dessiner plus nettement les cellules qui les renferment (/ i<j . 6i).

C est aussi par la présence de granules nombreux que se découvre le latex ou suc propre en circulation dans les vaisseaux auxquels il a donné son nom [fig. 55, 56, 57). Ils sont en général très petits, comme une espèce de poussière, mais inégaux entre eux , et au milieu d'eux on en remarque quelques uns beaucoup plus gros, de formes quelquefois bizarres, que l’iode fait reconnaître pour des grains de fécule.

§ 22. 11 est très fréquent de renconlrerdescristallisalionsdans l'intérieur dos cellules, où leur présence n'a rien qui doive étonner. En

64. Cellule remplie de grains de fécule tirée d’une pomme de terre.

6ô. Grains de fécule du blé.

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