‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 117 sur 262 · FRUITS. — DÉHISCENCE · texte numérisé non relu

FRUITS. — DÉHISCENCE

donné le nom de pyxides (pyxidium on capsula circumscissa) ou plus vulgairement de boite à savonnette, le péricarpe se coupe transversalement de manière à se partager en deux moitiés : l’inférieure, qui reste avec le placenta attachée au torus; la supérieure, qui se détache en manière de couvercle mobile ( operculum ). Cette singulière déhiscence ( circumscissio ) est-elle disposée par une sorte d’articulation transversale analogue à celle des fruits lomentacés? cette ligne transversale correspond-elle à un effort plus grand exercé ou à une résistance moindre opposée à cette hauteur? Ainsi, dans le fruit des Lecythidées, c’est précisément à celle où le péricarpe cesse d’être doublé par le calice adhérent qu'il se fend circulairement.

§ 525. D’autres fois c’est sur les sutures que la déhiscence a . lieu; mais elles ne cèdent qu’incomplétement , en général, à leur partie supérieure, et il s’établit ainsi au sommet du fruit une ouverture bordée par ces sommets de valves qui figurent autant de dents (par exemple dans les Cerastium [fl y. 418 j, Alsine, et autres Caryophyllées) .

§ 526. Nous arrivons au cas le plus ordinaire, celui où les sutures se décollent complètement, de manière que le péricarpe, dans toute ou presque toute son étendue, se sépare du sommet à la base, ou plus rarement de la base au sommet, en plusieurs pièces ou valves.

Il peut arriver que cette disjonction des sutures soit précédée par celle des carpelles eux mêmes, c’est-à-dire des loges qui les représentent, et que ces loges commencent à se séparer l’une de l’autre par le dédoublement des cloisons qui les tenaient réunies (fig. 41 9). On dit alors que la déhiscence est septicide (coupe-cloison, d’après son étymologie) : les cloisons forment les côtés de la valve, puisque celle-ci correspond au carpelle même (valvœ septis contrariai). D’autres fois les cloisons résistent à la séparation, et la suture dorsale cède, ouvrant ainsi par son milieu la loge qui reste fermée par les côtés [fig. 420). C’est la déhiscence loculicide (coupeloge), par laquelle le péricarpe se trouve divisé en un certain nombre de pièces composées chacune de deux moitiés de carpelles voisinun ies, de sorte que les cloisons sont portées sur le milieu de cha-

418. Capsule 'tu Ccraslium viscosum. après la déhiscence. — p Péricarpe séparé supérieurement en dix dents, sommets d'autant de valves qui restent inférieurement réunies. — c Calice persistant.

cune de ces pièces ou valves ( valvœ septis oppositœ). Quelquefois les cloisons cèdent le long de leur bord externe et se séparent ainsi des valves [fig. 423) : c’est la déhiscence septifrage (rompt-cloison).

419. Capsule de la Digitale (Digilalis purpurea ) au moment de la déhiscence qui dédouble la cloison d entre deux loges c c, qui reprennent ainsi l’apparence de carpelles distincts. On aperçoit au sommet l'intérieur des loges avec les graines g.

420. Partie inferieure de la même, coupéi transversalement pour faire voir la composition de la cloison d formée par les deux faces internes accolées des carpelles c. — p Placentaires réfléchis et saillants dans l’intérieur des loges. — g Graines.

421. Capsules du Gombaut (Hibiscus csculcntus ) au moment de la déhiscence. — v v v Valves. — c Cloison. — g Graines.

422. Capsule du Ccdrcla angusti/olia dont les valves v v v se sont séparées des cloisons c c de haut en bas, de sorte que l’axe a persiste au centre, relevé des cinq angles saillants qui répondent aux cloisons et séparent autant d'angles rentrantsqui répondent aux loges et portent les graines g.

423. Capsule de l’Acajou (Sioielenia Mahogoni) , qui s’ouvre en sens inverse de la précédente, c'est-à-dire de bas en haut. — Même signification pour les lettres.

Page 1