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I RUTS

gements qui s’opèrent dans l’ovaire depuis la fécondation jusqu’à la maturité du fruit. Quand on réfléchit à la diversité des modifications que présentait déjà l’ovaire observé dans l’immense variété des végétaux, et qu’on les voit se combiner avec des modifications bien plus nombreuses encore que peut lui imprimer son développement en fruit ; quand on le voit conserver dans les uns presque le môme volume et la même consistance, dans les autres acquérir une forme, un volume, une consistance tout à fait hors de rapport avec l’état primitif ; quand on se rappelle, par exemple, que la groseille et le potiron ont leur origine dans des ovaires à peu près égaux et semblables, on conçoit les différences multipliées et tranchées que les fruits divers doivent offrir dans leur apparence et dans leur structure ; on en a en conséquence distingué beaucoup de sortes et on a inventé beaucoup de noms pour les désigner. Mais, même en les admettant tous, de nombreuses modifications échappent encore à ces noms et à leurs définitions, et sans cesse on est obligé d’y ajouter des explications, des phrases descriptives, pour bien faire connaître le fruit dont on parle. Or, puisque les noms ne sont adoptés que pour éviter ces descriptions à l’aide d’un seul mot préalablement bien défini, et qu’ici ils n’en dispensent pas le plus souvent, il parait plus sage de ne pas les multiplier autant et de se borner à ceux qui désignent les modifications les plus générales et les plus constantes du fruit. C’est du moins ce que nous ferons dans la classification que nous allons exposer.

§ 515. Nous savons déjà que les fruits, comme les ovaires, sont formés de carpelles ou indépendants les uns des autres, ou réunis en un corps unique. De là une première division en fruits apocarpés (fructus apocarpi [d'omo, qui indique la séparation]) et syncarpés (syncarpi [de suv, qui indique la réunion]). Nous savons, de plus, que le péricarpe peut conserver sa consistance mince et foliacée, ou se renller en une masse plus ou moins épaisse et charnue. Dans ce dernier cas, l’enveloppe ainsi épaissie ne se divise pas àda maturité; ce n’est qu’en se détruisant, en se fendant irrégulièrement, en pourrissant ou se flétrissant, qu’elle finit par livrer un passage aux graines contenues. Dans le cas même où elle est foliacée, elle peut continuer à rester close ; mais souvent alors, au contraire, soit par le décollement des sutures dont nous avons parlé précédemment (§ 508), soit par la rupture, beaucoup moins fréquente et moins régulière, de quelque autre point de sa surface, le péricarpe une fois mùr s’ouvre naturellement, et les graines se trouvent ainsi en rapport avec l’extérieur. On distingue donc les fruits qui ne s’ouvrent pas ou indéhiscents, soit charnus, soit secs;

398 liOTANIQUE.

et les fruits qui s’ouvrent d’eux-mêmes à la maturité, ou déhiscents. Cette déhiscence, lorsqu’elle a lieu le long des sutures, peut se faire ou par les deux sutures à la fois, ou seulement par l'une des deux, et séparer ainsi chaque carpelle en deux ou en une seule valve. Enfin, chaque carpelle ou loge peut être monosperme, c’està-dire renfermer une graine unique; oligosperme, ou en renfermer un petit nombre ; pohjsperme, c’est-à-dire en renfermer un plus grand. Ce sont ces différents caractères dont la combinaison a servi à définir les diverses classes de fruits proposées par les auteurs, qui Font employée, les uns dans un ordre, les autres dans un autre. Nous adopterons ici celui dans lequel nous venons de les énumérer.

A. FRUITS APOCARPÉS.

a. Indéhiscents.

§ 516. Les uns ont un péricarpe charnu et un endocarpe durci en noyau, et sont ordinairement monospermes, soit que dans l’ovaire il n’y eût qu’un ovule, soit que de deux l’un ait avorté. C’est ce que l’on appelle une drupe (i drupa ), dont la cerise, la prune, etc., nous offrent des exemples familiers. Les fruits de l’amandier, du noyer, n’en sont que de légères modifications, marquant le passage aux fruits suivants.

Ceux-ci ont un péricarpe beaucoup plus mince et sec, et dans lequel la consistance de l’endocarpe et du mésocarpe n’offre pas une différence aussi tranchée. Une graine unique remplit la loge, avec les parois de laquelle elle peut se trouver dans deux rapports différents. En effet, le plus souvent. elle ne lui adhère que par son

401. Un achaine pris parmi ceux dont la réunion constitue le fruit du Ranunculus muricatus. — 1. Entier. — 2. Coupé transversalement pour faire voir une graine g sans adhérence avec les parois.

402. Un cariopse de Seigle \Secale cereale). - 1. Entier — 2. Coupé transversalement pour faire voir la graine adhérente aux parois.

FRUITS APOCARPES.

point d’attache, son funicule; et alors on a un achaine (achenium, d’a privatif et yaivetv, s’ouvrir [fig. 401]). Mais d’autres fois la graine en se développant se soude aux parois de 1 ovaire qui l’enveloppe, de telle sorte que le péricarpe, semblant faire partie de ses téguments propres, disparait en apparence. Ce fruit, qu’on a nommé cariupse [cariopsis), a long-temps porté le nom de .graine nue, qu’on étendait même à beaucoup d’achaines, en croyant que le tégument du fruit appartenait à la graine qu’il enveloppe immédiatement. Mais on est averti de la vérité, ou par la présence du style, qui naît de ce tégument et ne peut, partir que d’un ovaire, ou par l'étude de celui-ci , dans lequel la séparation des ovules avec les parois de la loge est encore bien manifeste. Citons comme exemples de cariopses le fruit des Graminées (comme le blé, l’avoine, le seigle [fig. 402], le maïs), qui est ce qu’on connaît vulgairement sous le nom de grain. Le péricarpe très-mince et la membrane de la graine intimement unis lui forment une enveloppe en apparence unique, et qui constitue le son lorsqu’on la détache en la déchirant par le broiement. Les carpelles de la Bourrache et autres Borraginées, ceux des Renoncules, des Roses, sont des acharnes diversement groupés dans ces différentes plantes. Ceux des Composées en sont aussi, mais un peu différents par leur péricarpe adhérent au calice et non libre. Quelques-uns peuvent servir de transition aux cariopses, parce que leur graine se soude par places à la paroi de la loge. On appelle

403. Fruit d'un Érable ( Acer psrudnpln Innus), composé de deux samaresv — a Partie supérieure formant une aile dorsale. — l Partie inférieure répondant à la

loge.

401. Une samare séparée du rruit d’un Ilirœn. — s Style persistant. — l Partie répondant à la loge. — an Aile marginale.

quelquefois uiricule ( utriculus ) un achaine à paroi très-mince et comme membraneuse. Supposons que le péricarpe s’amincisse au delà de la loge en une lame membraneuse, où il est presque réduit à un repli de son épicarpe; on aura une samare. Ce repli semble prolonger tantôt la nervure médiane de la feuille carpellaire, tantôt ses nervures latérales, et former ainsi une aile tantôt dorsale (fig. 403), tantôt marginale [fig. 404).

§ 547. C’est lorsque le carpelle s’ouvre seulement par sa suture ventrale qu’il justifie le mieux par son apparence l’origine que nous lui avons assignée, celle d’une feuille pliée sur elle-même . son nom de follicule ( fulliculus ) la rappelle, et cependant il était adopté long-temps avant qu’on songeât à cette théorie. On en trouve de nombreux exemples dans les fruits de Renonculacées (comme l’Hellébore [fig. 405], l’Ancolie, les Delphinium, etc.),

40o. Un carpelle isolé de 1 Hellébore commun ( Jfelleborus Jcctidus] , après la déhiscence. — sd Suture dorsale. — sv Suture ventrale.

406. Gousse de petit Pois (Pisu?n scilivum) , ouverte. — v v Valves formées par deux^ pièces du péricarpe qu’on voit du côté de la face externe ou épicarpe en p, du coté de la face interne ou endocarpe en p\ — y Graines superposées, attachées par le moyen de courts funicules f J à un placenta qui suit, sous la forme d’un cordon longitudinal , le bord interne des valves répondant à leur suture ventrale sv. — sd Leur bord externe répondant à leur suture dorsale.

407. Fruit lomentacé du Sainfoind Espagne | Hcdysarum cnronarium.) — 1. Entier, l’article supérieur presque détaché des autres. — 2. Dçux articles coupés longitudinalement, laissant voir ainsi deux fausses loges, chacune avec leur graine.

b. Déhiscents.

FRUITS SYNCARPÉS. 401

d’Asclépiadées, d’Apocinées (comme la Pervenche), etc. Le carpelle qui, s’ouvrant par ses sutures ventrale et dorsale, se sépare en deux valves, est, s’il contient un très-petit nombre de graines (en général une ou deux), une coque ( coccum ), à endocarpe ordinairement ligneux ou crustacé (exemple : la Fraxinellc). S’il contient un plus grand nombre de graines attachées le long de sa suture interne, c’est une gousse ou légume ( legumen ), qui a donné son nom à la grande famille des Légumineuses (exemples : le fruit du Haricot, de la Fève de marais, du petit Pois [fig. 406], etc.), famille qui présente cependant quelques exceptions où le péricarpe reste clos au lieu de se séparer en deux valves. D’autres offrent cette structure singulière que la gousse, au lieu de s’ouvrir dans toute sa longueur, se rétrécit de distance en distance et finit par se séparer en autant d’articles dont chacun renferme une graine. Ce carpelle, ainsi coupé de cloisons transversales qui se dédoublent en se désarticulant, rentre dans ceux que nous avons appelés à fausses loges (§ 511), et est dit lomentacé ( lomentaceus , ou substantivement lomentum , exemples : celui des Sainfoins [fig. 407], des Coronillcs, etc.).

§ 518. Rappelons que dans un fruit apocarpé, ainsi que dans la fleur où il était à l’état d’ovaire, il peut y avoir un seul car-* pelle (comme dans les Légumineuses, le Prunier, le Cerisier, etc. ), ou qu’il y en a plusieurs, et que ceux-ci peuvent alors être disposés soit en cercle ou verticille sur un môme plan (par exemple, dans la Fraxinelle, leSpiræa, l'Ellébore, etc.), soit à des hauteurs différentes, sur un torus élargi ou creusé en vase (comme dans le Rosier, le Calycanthus, etc.), ou au contraire allongé en axe (comme dans le Myosurus, la Renoncule, le Fraisier, le Magnolia, etc.). Dans tous ccs derniers cas, l’agencement spiral de ces carpelles s’aperçoit assez nettement, et rappelle celui des fleurs dans un épi ou un capitule. On peut donc le décrire brièvement d’après cette apparence, en disant, par exemple, drupes ou achaincs ou coques ou plus généralement carpelles en épi, en tète ( carpella capitulata, spicatà). Ces désignations, au moyen d’un petit nombre de mots appropriés à chaque cas particulier, sont préférables aux noms uniques qu’on a proposés pour quelques-uns de ces cas.

B. FRUITS SYNCARPÉS.

§ 519. Dans ces fruits, formés par la réunion de plusieurs carpelles soudés ensemble, on doit noter avec soin la placentation, qui est susceptible de diverses modifications déjà décrites dans l’ovaire (§ 491), c’est-à-dire axile, centrale ou pariétale.

Les faces latérales des .loges ou carpelles qui forment les cloisons, en s’avançant de dehors en dedans, peuvent changer de direction et se replier de côté ou de dedans en dehors. Elles forment alors une saillie dans l’intérieur de la loge et le placenta qui les borde est dit saillant ( prominens ), d’autant plus que, dans ces cas, il se présente le plus souvent sous la forme d’une masse épaisse tenant aux parois de la loge par une lame plus ou moins large. La cloison en se réfléchissant s’est dédoublée ; des deux faces carpellaires, ou lames, par l’accolement desquelles elle était formée, chacune s’est réfléchie dans la loge à laquelle elle appartient primitivement; de telle sorte que chaque placenta paraît souvent alors double ou bilamellé ( bilamellata ). Si les cloisons se dévient ainsi avant d’ètre arrivées jusqu’à l’axe du fruit (fi g. 378). la placentation est nécessairement pariétale ; mais fréquemment elles s’avancent jusqu'à l’axe, et de là se réfléchissent en sens contraire, reportant ainsi le placenta qui les borde à une distance plus ou moins grande de l’axe (fi g. b 20); mais, comme en s’en écartant c’est toujours par là qu’il tient au reste du péricarpe, on doit le considérer alors comme axile. Lesdeux côtés d’un même carpelle, en se repliant ainsi, convergent nécessairement Lun vers l’autre, se rencontrent, et, le plus ordinairement, se soudent. Si les parties réfléchies restent complètement soudées, le placenta paraîtra simple ; si elles ne se soudent que dans une petite étendue et divergent de nouveau, il paraîtra double ou bilamellé.

§ 520. L’axe est souvent une ligne purement idéale, suivant la-

408. Fruit d une Mauve ( Malva roLunüij'oLia), dont on a enlevé la moitié des

carpelles pour laisser voir 1 axe a interposé entre eux et qui se termine à la hauteur où naissent les styles s: ce Le reste des carpelles qu’on a laissés attachés

à l’axe autour duquel ils sont verticillés. Les deux de devant cV se montrent par leur face latérale.

409. Capsule du Ricin (Ricinus commuais) ,' coupée verticalement de manière à montrer 1 axe a prolongé entre les carpelles et se terminant dans chacun d’eux vers le sommet par un petit cordon f qui forme le funicule, -g g Graines dans leur loge que la section a mise découvert, surmontées chacune d’une caroncule charnue c. — I> )> Péricarpe.

FRUITS SYiNCARPÉS 403

quelle se rencontrent et se touchent les angles internes des carpelles. Mais d’autres fois il existe bien réellement, continuant et terminant l’axe de la fleur au delà de l’insertion des carpelles, aux angles desquels ils s’interposent en les liant entre eux. Il est formé alors par du tissu cellulaire que parcourent des faisceaux vasculaires, qui se distribuent tant au péricarpe qu’aux placentas. Il s’épuise ainsi en s’élevant, et cesse, en général, au-dessous de l’insertion des styles; mais, dans quelques cas rares, on le voit se prolonger même au delà et s’interposer aux styles comme il s’est interposé aux carpelles : c’est ce qui a lieu , par exemple, dans les Géranium, dont le fruit [fig. 41 0), à la maturité, montre ses cinq carpelles et leurs styles se détachant de bas en haut d’un long axe pyramidal auquel ils étaient ainsi accolés. Les Malvacées {fig. 408), les Euphorbiacées (fig. 409), t^,c.. offrent des exemples d’axes très-développes, mais terminés vers la naissance des styles.

§ 521 . Passons maintenant à l’énumération des diverses sortes de fruits synearpés les plus communes, en les divisant comme les apocarpés en deux catégories, suivant qu’ils ne s’ouvrent pas ou qu’ils se séparent spontanément en plusieurs pièces à la maturité. Les premiers peuvent être également charnus ou secs.

a. Indéhiscents.

Us sont généralement désignés par le nom de baie ( bacca ) : on se contente de ce mot si le péricarpe est charnu ; on y ajoute l’épithète de sèche s’il est de consistance foliacée ou ligneuse.

La baie peut provenir d’un ovaire libre (par exemple dans le Solanum) ou adhérent (par exemple dans les Groseilliers) ; à placentation axile, comme dans les premiers; ou pariétale, comme dans les seconds; ou centrale, comme dans les Ardisia. Plusieurs modifications ont reçu des noms particuliers. Nous avons déjà parlé (§ 505) de la pomme ( pomuni ), fruit du Pommier, du Poirier et autres Rosacées, à chair épaisse, revêtu par le calice adhérent et couronné par son limbe desséché à l’endroit qu’on appelle œil ; de l’hespéridie (hesperidium) , fruit de l’Oranger, du Citronnier et d’autres arbres de la même famille, libre, à loges remplies de vé-

410. Fruit du Géranium sanguineum. — c Calice persistant. — a Axe. — / Les styles qui lui étaient accolés d’abord et qui s’en sont détachés en emportant avec eux les ovaires o. — s Stigmates.

sicules succulentes , tapissé par un endocarpe membraneux , le tout entouré d’une écorce ou peau plus ou moins épaisse. On a appelé peponide ( pepu ) celui des Melons, Potirons, Courges et autres Cucurbitacées à chair épaisse, laissant au centre une cavité sur les parois de laquelle sont nichées les graines; nuculaine [nuculanittm) , le fruit formé par la réunion de plusieurs drupes, présentant, par conséquent, vers le milieu de son épaisseur, autant de noyaux (pj/mtee), et qui peut provenir d’un ovaire libre, comme dans

le Sapotillier ( fig . 411); ou adhérent, comme dans la Nèfle. Quelques auteurs nomment cette dernière modification pomme à noyaux, et pomme à pépins celle dont nous avons parlé plus haut. On peut, au lieu de nuculaine , dire tout bonnement drupe à plusieurs noyaux, en indiquant le nombre de ceux-ci. On conçoit que les noyaux d’une nuculaine peuvent se souder entre eux de telle sorte qu’on en trouve au centre un seul , et que le fruit ne diffère pas, en apparence, du drupe, tel que nous l’avons défini. Il mérite cependant d’en être soigneusement distingué, en tant que provenant d’un ovaire composé et non d’un carpelle simple; et c’est ce qu’on indique en décrivant alors un drupe à noyau multiloculaire (par exemple, dans le Cornouiller [fig. 412]).

§ 522. On doit distinguer deux degrés dans la déhiscence desfruits syncarpés : 1° la séparation des carpelles entre eux; 2° la division de chaque carpelle s’ouvrant en particulier.

411. Fruit d’un Sapotillier (Achras sapola) dont, par une section transversale, on a détaché la chair dans toute sa moitié supérieure de manière à montrer les noyaux n disposés en cercle vers le centre. — e Epicarpe. — s Sarcocarpe.

412. 1. Fruit du Cornouiller commun ( Cormis mas 1 dont, par une section transversale, on a détaché la chair s dans toute sa moitié supérieure, de manière à. montrer le noyau central n. — 2. Section comprenant le noyau central n lui-même pour faire voir qu’il est creusé de deux loges. On a figuré l’une l vide, l’autre remplie par la graine g.

b. Déhiscents.

FRUITS SYNCARPÉS.

§ 523. Le premier degré par lequel les carpelles après être restés unis plus ou moins complètement finissent, en se détachant l’un de l’autre à la maturité, par devenir indépendants (carpella ab invicem solubilict), établit évidemment le passage entre les fruits apocarpés et syncarpés, à tel point qu’on a souvent peine à déterminer à laquelle de ces deux classes ils appartiennent : preuve nouvelle que dans la pratique il ne faut pas attacher beaucoup d importance à tous ces noms. Les carpelles ainsi séparés peuvent

rester chacun indéhiscent, comme cela a lieu dans les Mauves, la Capucine, les Ombellifôres, etc. Dans ces dernières ( fig . 413), les carpelles, au lieu de se détacher complètement, restent suspendus à l’axe, qui se décompose en autant de filets qu’il y a de loges, disposition particulière qui avait fait proposer le nom de crémocarpc (de xpep-asiv, pendre) pour ces sortes de fruits. Dans tous ces cas, lorsque la loge est monosperme, on peut dire qu’elle représente un achaine, comme elle représente un samare lorsqu’elle se prolonge en aile; ses deux loges ainsi ailées se séparent à la maturité dans

413. Fruit d’une Ombellifèrc I Prangos uloptera ), après la déhiscence qui a écarté les deux carpelles c c et séparé l’axe a en deux filets auxquels ces carpelles restent suspendus. — s s Styles persistants.

414. Fruit d’un Frêne [Fraxinus oxyphylla). — 1. Entier avec son aile a. — 2. Portion inférieure du même coupé transversalement , pour faire voir qu’elle est occupée par deux loges, dont l’une l avortée est réduite à une très-étroite cavité ; l’autre est très-développée et remplie par une graine g.

les Érables ( fig . 403), mais restent soudés dans le Frêne (fig. 414) et l’Orme, et tous ces fruits ont été confondus sous le nom de samare qu’il vaudrait peut-être mieux conserver au carpelle simple qui offre cette sorte de caractère, en décrivant dans ces divers cas le fruit comme composé de plusieurs samares se séparant ou

ne se séparant pas définitivement.

§ 524. Les fruits considérés comme véritablement déhiscents et qu’on désigne sous le nom général de capsule [capsula), sont ceux dont les carpelles s’ouvrent eux-mêmes. Mais quelquefois les sutures ne cèdent pas, et le péricarpe se rompt en dehors sui un seul point constant, soit vers le haut (par exemple, dans le Muflier [fig. 415 /]), soit vers le bas ou dans un point intermédiaire (dans les Campanules [fig. 416 t]) Cette ouverture, plus ou moins irrégulière dans son contour, a la forme d’un trou ou pore par lequel le péricarpe est bâillant ( Icians ). Dans quelques fruits (ceux du Mouron rouge [fig. 417], de la Jusquiame, etc,.), auxquels on a

415. Capsule du Muflier I Anlirrhinum mnjus ) après la déhiscence. — cc Calice persistant. — p Péricarpe percé de trois trous l t qui répondent, deux à une loge, et un à la seconde, près du sommet qui est acuminé par le reste du style persistant s.

416. Capsule d’une Campanule [Cam-anula persicœ/olia 1, s’ouvrant par des trous U au-dessous du milieu. — c Le calice persistant, inférieurement confondu avec le péricarpe p, séparé supérieurement en cinq lanières, an milieu desquelles on aperçoit la corolle flétrie et plissée faisant partie des induviœ e.

417. Pyxide du Mouron rouge [Anagallis arvensis ). — c Calice persistant. — p Péricarpe qui s’est séparé en deux moitiés, dont la supérieure se détache en un opercule o. On aperçoit sur l’un et l'autre trois lignes étendues de la base au sommet du fruit et marquant les sutures et par conséquent les véritables valves. — g Graines formant une agglomération globuleuse autour d’un placenta central.

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