‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 120 sur 262 · d’un Genévrier ( Junipcrus macrocarpa · texte numérisé non relu

d’un Genévrier ( Junipcrus macrocarpa

§ 533. Maturation du péricarpe. — Il nous reste à rechercher quels changements s’opèrent dans la matière qui forme le péricarpe depuis le moment où il est passé de l’état d’ovaire à celui de fruit jusqu’à sa parfaite maturité. Dans cette recherche, nous devons examiner séparément les péricarpes qui conservent jusqu’à la fin leur consistance foliacée et ceux qui la perdent en devenant charnus.

L’analogie des premiers avec les feuilles se montre dans leur nutrition aussi bien^que dans leurs caractères extérieurs. Comme les feuilles (§ 282, 283), quoiqu’à un degré plus faible, sous l’action de la lumière, ils prennent, dans l’air environnant, de l’acide carbonique en dégageant de l’oxygène; la nuit, ils prennent de l’oxygène en dégageant de l’acide carbonique. Leur vie passe par les mêmes phases ; leurs tissus, d’abord mous et riches en sucs, se solidifient graduellement, et, arrivés à une certaine période, commencent à se dessécher, à perdre la couleur verte pour en prendre une autre, soit celle de feuille morte, soit des teintes différentes analogues à celles que certaines feuilles revêtent en automne ; et le péricarpe flétri continue à rester attaché à l’arbre, ou tombe en se désarticulant. C’est un phénomène de désarticulation que le retrait qui a lieu, aux soudures des faces carpellaires accolées en cloisons, des faisceaux accolés en sutures, et qui détermine la déhiscence. Dans quelques péricarpes plus épais et indéhiscents, la maturité amène des phénomènes plutôt comparables à ceux que nous observons sur l’écorce; leurs couches externes se détachent en se fendant irrégulièrement par une sorte de décortication.

§ 534. Dans la vie des péricarpes charnus, on distingue deux phases : la première, où ils se comportent comme la plupart des précédents, colorés en vert, dégageant de l’oxygène pendant le jour et de l’acide carbonique pendant la nuit*; la seconde, où ils cessent de dégager de l’oxygène : c'est l’epoque de la maturité et celle qui l’avoisine. C’est par un grand développement cellulaire que le fruit grossit ; les faisceaux vasculaires ne se multiplient que peu ou point, ou, s’ils le font, la chair filandreuse n'acquiert pas la qualité qu’on y recherche. L’eau qui arrive avec la sève est, relativement au volume du fruit, en proportion d’autant plus grande que la maturité est moins parfaite, quoique l’évaporation diminue cependant graduellement. C’est qu’une partie de cette eau se fixe en se combinant avec d'autres principes. Si elle reste à l’état aqueux et continue à arriver en grande quantité, le fruit, il est vrai, grossit beaucoup plus, mais il acquiert beaucoup moins de saveur, comme on l’observe dans les étés très-humides, ainsi

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