EMBRYON
tion des graines. 1° Ses cellules sont assez souvent remplies de graines de fécule, et on dit alors qu’il est farineux [fig. 453). C’est a cette nature du périsperme que beaucoup de graines, celles des Céréales par exemple, doivent leur propriété nutritive. On a cru remarquer que cette modification correspondrait en général au développement du nucclle, au périsperme endospermique. 2° D’autres fois ces cellules acquièrent une assez grande épaisseur tout en conservant un certain degré de mollesse, et on dit qu’il est charnu. C’est dans ce cas qu’à l'intérieur des cellules se forme quelquefois de l’huile (dans le Ricin par exemple) et on l’appelle alors oléagineux [fig. 454). 3° Ces cellules peuvent acquérir, avec beaucoup d’épaisseur, une très-grande dureté, presque celle de la corne, et le périsperme est corné (dans la Datte [fig. 455], le Café et l’Iris par exemple). Alors, en général, par la coupe d’une tranche trèsmince, on voit très-bien sous le microscope ces cellules dont la cavité est petite, la paroi très-épaisse formée de plusieurs couches emboîtées, et souvent cribléo de petits canaux de communication de l’une à l'autre.
La solution d’iode est très-utile pour constater la nature du périsperme. Elle y signale les moindres traces de fécule en la bleuissant. Sous l'apparence d’une petite masse demi -solide qu’elle jaunit , elle fait distinguer les matières azotées dont l’existence est si générale dans les graines en tant que nécessaire au premier développement des tissus. Ces matières, qui forment presque uniquement le contenu des périspermes cornés, ne manquent pas dans les autres, et, dans les farineux, s’associent à la fécule. C’est le gluten dans les Céréales.
11 est clair que ces caractères doivent être recherchés dans la graine bien mûre. Ils ne s’établissent que graduellement; et à l’époque où le périsperme a commencé à s’organiser dans l’ovule fécondé, le tissu cellulaire qui le compose pouvait montrer quelques différences dans ses formes, mais non encore dans la consistance de ses parois et dans les matières formées à leur intérieur.
§ 563. Embryon. — Pendant que ces changements divers s’opéraient dans les enveloppes de la graine, il s’en est opéré dans l’embryon, sa partie la plus essentielle et à laquelle toutes les autres sont nécessairement subordonnées. Examinons maintenant ce développement de l’embryon , en remontant à sa première apparition, au moment de la fécondation, celui qui répond au rapport immédiat établi entre le tube polliniquc et le sommet du nucclle. Au point correspondant de la cavité de celui-ci, doublée le plus souvent par le sac embrvonaire , on observe une vésicule sim-
pie (fig. 456. 1, v.), remplie d’abord d’une matière demi-fluide avec des granules, dans laquelle on voit bientôt se former un utri— cule, puis plusieurs autres [fig. 456, 2, e) , tous pourvus d’un nucléus ( § 21 , 327 ) en général très-manifeste. Ils s’accolent ordinairement bout à bout en une série dont toute la portion supérieure forme le suspenseur , dont l’extrémité inférieure forme l’embryon , borné d’abord à un seul utricule, composé bientôt de plusieurs associés en une petite masse [fig. 256 , 3, e). Dans ce développement, la vésicule-mère ou embryonaire n’a pas tardé à disparaître. Souvent le suspenseur s’arrête à ce degré de ténuité , d’autres fois il s’allonge et se fortifie par l’addition de cellules nouvelles; mais, néanmoins, il finit presque toujours par disparaître lui-même lorsque l’embrvon , quelque temps suspendu par lui au sommet du sac, a acquis un certain volume.
§ 564. Nous avons déjà (§ 28, 29) exposé les changements progressifs, les parties constitutives et les principales modifications de l’embryon. Nous avons vu que cette petite masse cellulaire, d’abord indivise, montre plus tard une sorte de division propre à établir la distinction de plusieurs parties ; qu'on y distingue un axe et de petites excroissances latérales, ébauches des premières feuilles; que parmi ces premières feuilles une ou deux, qu’on nomme cotylédons, offrent une forme et une structure particulières, et que, suivant l’unité ou la pluralité des cotylédons, s’établit dès lors entre les végétaux une différence fondamentale qu’on verra se prononcer de plus en plus à mesure qu'ils continueront à se développer. Niais nous n’avons examiné l’embryon qu’indépendamment de la graine, et nous l’avons d’ailleurs traité d’une manière beaucoup trop générale pour qu’il ne soit pas nécessaire d’y revenir ici avec beaucoup plus de détails.
C’est l’axe qui se forme le premier, tournant une de ses extrémités vers le suspenseur et l’autre du côté opposé. Or la première
456. Premier développement de l’embryon du Draba verna. — s Suspenseur. — v Vésicule embryonaire. — e Embryon. — 1. Première époque , où l’on n’aperçoit encore que la vésicule embryonaire. — 2. Deuxième époque, où plusieurs utriculessesont formés dans cette vésicule. —3. Troisième, où l’embryon est devenu plus manifeste par la formation et l’agglomération d’un plus grand nombre d’utricules.