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NECTAIRES

§ 613. On trouve dans beaucoup de fleurs des parties qui n’offrent pas la structure et la forme de celles à l’examen desquelles nous nous sommes arrêtés, les folioles calicinales, les pétales, les étamines, les carpelles : on les a nommées parties accessoires. Nous nous en sommes occupés déjà (§ 387), et nous avons reconnu que c’étaient le plus souvent quelques-unes de ces autres parties essentielles déguisées par des dégénérescences et des transformations, mais que sous ce déguisement il était encore possible de les déterminer d’après la situation qu’elles occupent dans la fleur et leur rapport de position avec les verticilles voisins : si elles alternent avec les parties de ces verticilles, ce sont des organes transformés; si elles leur sont opposées, ce sont de simples dédoublements (§377). Les étamines surtout sont sujettes à ces transformations, et multiplient le nombre de ces parties accessoires.

Celles-ci se présentent sous des formes très-variées, sous celles de filets, de lanières, de lames vertes ou colorées, épaisses ou membraneuses, d’écailles. Aussi les décrit-on souvent sous ces différents noms, qui expriment leur apparence. Mais, très-fréquemment, c’est la forme de glandes qu’elles prennent, et alors elles en exercent plus ou moins manifestement les fonctions, devenant le siège d’une sécrétion dont le produit mielleux a reçu le nom de nectar. De là celui de nectaire ( nectarium ) par lequel beaucoup d’auteurs les désignent. Et, comme leur analogie avec les parties accessoires d’une structure différente est incontestable, on a souvent avec Linné étendu ce nom de nectaire à toutes cellesci , lors même qu’elles ne sont nullement des organes nectarifèrcs.

Mais d'une autre part ces mêmes sécrétions se remarquent souvent sur quelque point des organes de la (leur, du reste parfaitement conformés, sur de vrais pétales ou de vraies étamines; et Linné appelle aussi nectaires les sièges de ces sécrétions, de telle sorte qu’en adoptant sa terminologie on se trouve conduit à appliquer la même dénomination à des parties qui n’ont aucun rapport entre elles : par exemple à quelque portion glanduleuse d’un pétale, parce qu'elle sécrète ; et à l’ensemble de quelque filet ou quelque écaille, quoiqu’ils ne sécrètent pas.

§ 614 11 semble donc préférable de s'en tenir à l’étymologie et de réserver le nom de nectaires aux points de la fleur où se montre cette formation du nectar, quelles que soient leur position et leur

origine. C’est dans ce sens plus restreint qu’ils sont définis par la plupart des auteurs, et par Linné lui-même, qui a dit: Nectarium, pars mellifera flori propria.

La formation de cette exsudation sucrée est un fait extrêmement fréquent dans les fleurs où les abeilles viennent le recueillir pour en composer leur miel. L’afllux du sucre parait en effet nécessaire au développement des parties florales, et, s’il se forme dans beaucoup d’autres parties du végétal , c’est vers les fleurs surtout qu’il semble tendre. Ainsi, par exemple, on a remarqué récemment que la sève du Maïs est chargée d’une grande proportion de sucre, mais seulement avant la floraison; plus tard il est passé presque tout entier dans les fleurs et a disparu du reste de la plante.

§ 615. Nous savons que cesfeuillesmodifiéesqui formentles diverses parties de la fleur présentent dans leur structure des différences assez tranchées avec celle des feuilles véritables. Ces différences se montrent non-seulement dans leur propre tissu, mais dans la surface même où elles prennent leur origine et qui forme tout le fond de la fleur ou torus (§ 372) ; surface qui, au lieu de ressembler à une écorce, se revêt souvent d’une couche glanduleuse plus ou moins épaisse, surtout par places : or c’est à la base même des organes qu’on voit fréquemment ces épaississements, et, l'organe venant à avorter, l’épaississement peut n’en pas moins persister ou même se développer d’autant, plus ; de là sans doute la forme de glandes à laquelle se trouvent si fréquemment réduites les parties avortées. Cette couche glanduleuse de torus qui se multiplie nonseulement par ces saillies dont nous venons de parler,, mais aussi en s’étendant, dans beaucoup de fleurs, sur la surface de certaines parties florales qu’elle double inférieurement en les revêtant, constitue sans doute un appareil propre à modifier les sucs qui passent de la plante dans la fleur, et contribue à la formation du nectar, en général d'autant plus abondante qu’il est lui-même plus développé.

§ 616. Les appareils glanduleux , au reste, sont loin de dépendre tous du torus ; on en observe sur d’autres points des parties florales plus ou moins éloignées de leur base : sur la surface interne du périanthe ou du calice; sur celle des pétales , quelquefois à leur extrémité, et souvent à celle des étamines (comme dans beaucoup de Rutacées). Nous n’ajouterons pas plus de détails sur les formes variées de ces nectaires, qui rentrent dans celles des glandes que nous avons décrites autre part (§249). Nous nous contenterons de citer, comme exemples pour l’étude, les nectaires pédieellés à la base des étamines dans les Lauriers [fig. 316, g g) ou ceux du Parnassia [fig. 300, n), qui semblent remplacer les anthères sur

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