ORG AN ES FU N U A M ENTA UX
la portion de 1 a\e comprise sous ce nom de radicule et intérieure au cotylédon, ce n est que l’extrémité qui appartient proprement a la racine et suit une direction descendante, tandis que tout le reste suit une direction ascendante et appartient à la tige. La racine se reconnaît facilement à tous les petits filaments dont se couvre sa surface [fuj. 1 20 r, rV), et au moyen desquels elle com-
79. Germination d’un embryon monocotylédoné, celui du ZanicheUia paluslris, qui e t presque semblable à celui du Polamogelun. — m Collet, le point intermédiaire entre la tige t, et la racine r. On voit que celle-ci résulte du développement du mamelon terminal qu'on observait.yfy. 76 r , tout à fait au bas de l’embryon, au-dessous d’une dilatation qui ici se manifeste par une espèce d'épatemcnt en forme de collerette en m. — c Cotylédon. — g Gemmule dont la première feuille saillante hors de lagaîne du cotylédon cache les autres.
80. Germination d’un embryon dicotylédoné , celui d'une autre espèce d’Érable (Acer negundo). — m Collet. — r Racine. — t Tige — ce Cotylédons. — g Gemmule.
81. Partie supérieure delà même, plus développée. — c c Cotylédons. — g Gemmule dont les première- feuilles sont déjà étalées.
mence a pomper les sues de la terre. Bientôt la gemmule s’allonge aussi et se montre en repoussant le cotylédon ou les cotylédons qui la cachaient en l’embrassant. Elle étale les feuilles dont elle est composée [fig. 79 et 81 g) et dont le développement successif a toujours lieu de bas on haut sur l’axe , c’est-à-dire d’autant plus tôt qu'elles sont plus inférieures. A mesure que ces feuilles ont grandi et se sont montrées en nombre plus grand, les cotylédons se sont épuisés, maigris, affaissés, et ordinairement ils finissent par tomber. Les feuilles nouvelles diffèrent en général d’eux par leurs formes (, fig . 81) et tendent de plus en plus à prendre celles qu’elles présentent sur tout le reste de la plante bien développée. Cependant les premières, surtout celles qui sont immédiatement au-dessus des cotylédons, diffèrent souvent encore des autres.
§ 34. Lorsque le petit végétal s’est débarrassé de ses téguments devenus inutiles , lorsqu'il ne tire plus de nourriture du cotylédon atrophié ou détaché, et la puise tout entière au dehors de lui-même, on peut dire que la germination est achevée. Elle n’a pas fait apparaître de parties nouvelles n\ais elle a rendu plus évidentes, en les développant, celles qui existaient dans l’embryon , les organes fondamentaux, la tige, la racine et les feuilles. Ces organes continuent à croître, et, à mesure que l’axe s’allonge, il produit latéralement de nouvelles feuilles.
§ 35. La végétation de quelques plantes n’est que cette évolution plus ou moins long-temps continuée, et elles consistent en un seul axe chargé de feuilles diversement modifiées. Mais fort souvent, et surtout généralement dans les plantes dicotylédonées, sur certains points de la tige se montrent de petites excroissances qu’on nomme bourgeons, et qui, à leur tour, dans leur développement, reproduisent tout ce que nous avons observé dans celui de la gemmule, la production de feuilles autour d'un axe qui s’allonge. Le bourgeon et, plus tard, le rameau, qui n’en est que le développement, ne diffèrent donc de la gemmule*et de la tige chargée de feuilles qu’en ce qu ils s implantent sur la tige elle-même au heu de s’implanter sur le sol. Ce premier rameau pourra lui-même se couvrir à son tour de nouveaux bourgeons, jouant, par rapport à lui, absolument le même rôle qu’il a joué par rapport à la tige. Ce mode d’accroissement, qui peut se répéter un nombre de fois plus ou moins grand, et duquel résulte la ramification du végétal , ne fait donc que reproduire autant de fois ce que nous a fait voir l’évolution du premier axe qui existait déjà dans l’embryon, et faire l’histoire de celui-ci , c’est faire celle de tous les rameaux en même temps. Dans tous, nous ne trouverons que des feuilles sur des axes.
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d'un ordre et d'un âge différents, il est vrai, mais toujours de la même nature. Examinons donc les changements qu’a subis progressivement le premier axe dans sa structure et dans celle de ses feuilles.
§ 36. Cet examen se divisera naturellement en trois chapitres, la tige, la racine, les feuilles ; mais ces différentes parties en ont une qui leur est commune : c’est une enveloppe mince qui s’étend sur toute la surface du végétal, qu’on appelle épiderme, et que nous devons faire connaître préalablement.
ÉPIDERME
§ 37. On a long-temps cru que l’épiderme faisait partie du tissu cellulaire qu’il recouvre, qu’il n’en était que la portion la plus extérieure qui, dans l’épaisseur d'une ou plusieurs couches, se trouvait endurcie et légèrement modifiée par le contact de l’air. C’est, ce qui est vrai pour un certain nombre de végétaux d’une organisation très-simple; mais dans les autres, en général, les cellules qui forment l’épiderme sont tellement différentes de celles du tissu sous-jacent par leurs formes, leurs dimensions, leur mode de réunion, leur contenu., (^'aujourd’hui l’on s’accorde à le considérer comme un système bien distinct.
§ 38. Examinons-le d’abord sur les parties qui se trouvent en rapport avec l’air, sur les tiges et les feuilles. C’est lui qu’on détache ordinairement de la surface de ces parties jeunes, avec plus ou moins de facilité, sous la forme d’une membrane le plus souvent incolore et transparente; tantôt c’est sans qu’il y ait besoin d’aucune préparation; tantôt ce n'est qu’après une macération pinson moins prolongée, par laquelle se détruit le tissu cellulaire placé sous l’épiderme et moins résistant que lui. Si la macération dure long-temps, l’épiderme finit par être attaqué lui-même, et l’on s’assure ainsi qu’il est formé de deux parties : l’une, la plus durable et la plus extérieure, est une pellicule mince et continue <iui s’étend sur toute la surface (fig. 82 p p) ; l’autre, plusinlérieure, est l’épiderme proprement dit, composé de cellules juxtaposées (fig. 82 e e).
§ 39. En général ces cellules, de dimensions à peu près égales et de forme tabulaire, sont disposées en une couche unique, d’une épaisseur uniforme (fig. 83 ee). Elles sont presque toujours beaucoup plus grandes que celles du tissu sous-jacent, quoiqu’on trouve quelques exceptions à cette règle, par exemple, dans le Figuier élastique, dans VOrnilhugalum syh'alicum, où ('lies sont au con-
traire plus petites. Si l’on place la lame transparente d’épiderme à plat sous le microscope, ses cellules s’aperçoivent avec une grande netteté, et on voit lecontour de leur face supérieure, régulier (/fy. 82)
ou irrégulier ( fig . 84 ) , souvent circonscrit par des lignes droites, souvent aussi par des lignes très flexuouses ( fig . 85).
Dans le premier cas, le quadrilatère et l’hexagone sont les figures qu’on observe le plus fréquemment..
On peut , dans les cellules épidermiques .
considérer des parois latérales, une paroi inférieure et une supérieure.
Les parois latérales adhèrent fortement aux parois analogues des cellules voisines, et de cette union intime résultent l’absence de méats intercellulaires ainsi que la solidité de toute la membrane. Les cellules, quoique plus minces sur les côtés
82. Lambeau d'épiderme pris sur une feuille de l’Iris des jardins [Iris germa uica) et étendu horizontalement. — On voit une pellicule épidermique p p percée de ses fentes en boutonnière /, appliquée sur une portion d’épiderme proprement dit e e, à cellules longuement hexagones. — s s Stomates.
83. Tranche verticale de l’épiderme de la même feuille, montrant l’union intime des cellules épidermiques e e, et l’union lâche avec le parenchyme vert sousjacent p, qui est interrompu par des lacunes I, et des méats m. — s Stomate.
84. Lambeau d’épiderme pris sur la face supérieure d’une feuille de Renoncule aquatique venant hors de l’eau. — ce Cellules épidermiques — s s s s Stomates.
EPIDERME
qu’en haut et en bas, y présentent encore cependant en général un degré assez remarquable d’épaisseur. Leurs cavités se trouvent ainsi séparées par des zones un peu larges, zones que circonscrivent deux lignes un peu plus foncées sous le microscope; et c’est ce qui a donné lieu à l’illusion d’après laquelle certains auteurs ont autrefois admis un plexus de vaisseaux fins dans les intervalles des cellules de l’épiderme, surtout poulie cas où leur contour est flexueux (/?</. 85). Ces pré tendus vaisseaux n’étaient que les paroismèmes des cellules.
La paroi inférieure, dans <-• s
les cas ordinaires où l’épi- 85 •
derme est formé d’une couche unique, repose sur les cellules du tissu sous-jacent et lui adhère beaucoup plus faiblement. De là, et de l’adhérence des cellules épidermiques entre elles, la facilité de les détacher de ce tissu en lames plus ou moins grandes.
La paroi extérieure, celle qui est en rapport avec l'air, est souvent beaucoup plus épaisse que les autres, au point que, dans quelques cas, cette épaisseur va jusqu’à former la moitié de la cellule (/?</. 91 e). Cette paroi est généralement plane, et la surface unie de l’épiderme en est une i /
conséquence. Mais, d’autres fois, chaque cellule se bombe à son sommet, et alors la surface de l’épi- v derme, examinée à la loupe, se montre comme toute mamelonnée ou hérissée (/à/. 8(ie’). Un degré de plus
85. Lambeau d’épiderme pris sur la face inférieure d'une feuille de Garance \Rubia linclorxim) . — c Cellules épidermiques. — s Stomates.
86. Tranche horizontale de l’épiderme de la feuille du Rochna fakala. — Son épiderme e est composé de deux couches de cellules ; celles de l’extérieure u\ trèsgrosses et gonflées ; celles de l'intérieure, percées en s d’un stomate, très-petites et moindres même que le parenchyme vert sous-jacent p. — Il Lacunes dont l’une correspond A un stomate.
dans la saillie extérieure des cellules commence un poil ou autres organes analogues ( fiy . 87 p). Mais nous rejetterons plus loin leur examen détaillé, qui viendrait interrompre l’exposition plus générale qui nous occupe.
§ 40. Stomates. — La surface extérieure de l’épiderme est, dans toutes les parties exposées à l’air, marquée de distance en distance par de ' petites taches que l’examen, au moyen de grossissements suffisants, fait reconnaître pour au- I tant de solutions de continuité encadrées d’un bourrelet particulier. Qu’on en examine ainsi un petit lambeau pris sur la feuille de l’Iris commun (fig. 82), on le verra composé de cellules figurant sur la surface épidermique des hexagones allongés dans le même sens que la feuille, et disposés en séries rectilignes très-étroites dans l’autre sens. Entre les petits côtés des hexagones, qui se suivent dans une même série, viennent , à des intervalles assez rapprochés, s'interposer de petits corps (s s) de forme ovale, qui, dans leur centre, sont percés d’une fente oblongue qu’entoure leur contour saillant. Ce contour n’est pas d’une seule pièce ; il est composé lui-même de deux corps légèrement arqués, qui tournent leur concavité du côté de la fente, leur convexité en dehors, et s’unissent l’un à l’autre par leur bout. On les a comparés à des lèvres, et la fente qu’ils entourent à une bouche. De là le nom de stomates (<j-sop.a, bouche) , par lequel on s’accorde aujourd’hui à désigner ces organes, dont la forme, dans la plupart des plantes, se rapproche plus ou moins de celle que nous venons de décrire dans’l’Iris. Nous ne nous arrêterons pas ici à faire connaîtrre toutes ces petites modifications de forme dont on rencontre toutes les intermédiaires entre celle d’un rond et celle d’un ovale très-étroit et allongé. D’ailleurs on peut voir varier celle d'un même stomate en faisant varier les conditions dans lesquelles il se trouve, suivant son état d’humidité ou de sécheresse. On s’en assure en comparant, sous le microscope, deux moitiés d’un même lambequ, dont l’une est mouillée et l’autre à sec. Dans la première, les lèvres des stomates sont gonllées et laissent entre elles leur intervalle largement béant en augmentant ainsi leur arqùre ; elles sont
87. Portion d’épiderme enlevée d’une jeune racine do Garance. Plusieurs cellules p en s'allongeant ont formé des poils. D’autres e sont restées plates.
EPIDERME
rétrécies, rapprochées et contiguës dans la seconde. On conçoit donc que, pendant la vie, l'afflux des liquides tend à produire le premier de ces deux effets, à tenir les stomates ouverts et la communication ainsi libre entre l’extérieur et les parties enveloppées par l’épiderme.
§ 41. Les stomates ne s'observent pas indifféremment sur touLes les parties du végétal exposées à l’air : c’est sur les feuilles qu’ils sont le plus abondants, et ordinairement sur leur face inférieure; leur nombre varie beaucoup, suivant les plantes, et naturellement on en compte d’autant plus qu'ils sont plus petits. Citons , pour éclairer ces variations par quelques exemples, les nombres approximatifs que certains observateurs ont fait connaître pour les feuilles de certains végétaux.
Les stomates, comptés sur l’étendue d’un pouce carré de l’épiderme de la feuille, ont donné les chiffres suivants :
Face Face
supérieure, inférieure.