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Un bout de fronde chargé de conceptacles

504. Une coupe verticale d'un conceptacle c, dont on voit la surface intérieure couverte de spores. — /, Partie du tissu superficiel dans lequel le conceptacle est enfoncé. — o Ouverture ou ostiole par laquelle il communique à l’extérieur.

505. Spores, l'une sp encore enveloppée de son périspore; l'autre où le périspore p s’est vidé de la spore s contenue, qu’on voit séparée à côté. — f Filets stériles.

à cette classification qui a été long-temps suivie , nous devons préférer celle qui se fonde sur l’élude de leur structure et de leur fructification, et telle que l’a proposée M. Decaisne.

Quelques-unes, ainsi que nous l’avons dit, présentent le degré d’organisation le plus simple qu’on puisse concevoir, puisqu elles consistent en une simple vésicule; dans d autres, plusieurs vésicules s’unissent bout à bout pour former des filaments, tantôt isolés, tantôt rapprochés ou comme pelotonnés, quelquefois avec une certaine régularité telle qu’ils semblent rayonner d’un centre commun. Nous avons vu (§318) que ces filaments sont en général recouverts d’un enduit muqueux, et celui-ci forme souvent une enveloppe commune à tout le système des filaments pelotonnés de manière à constituer leur agglomération en une sorte d’individu. Ces cellules isolées ou unies bout cù bout sont remplies d’une matière verte, dont chaque grain dans les vésicules libres peut devenir un corps reproducteur. Dans certaines cellules des filaments plus composés la masse verte se sépare à une certaine époque en plusieurs (quatre ordinairement) , et chacune de ces petites masses secondaires représente une spore. Ce sont les spores de ces plantes si simples qui , échappées de la cellule qui les a produites, jouissent pendant quelque temps de mouvements analogues à ceux des animaux (§ 606, fig. 496-499). On peut donc nommer ces Algues Zoosporées (deÇwov, animal).

Dans d’autres, beaucoup moins nombreuses et qui consistent également en filaments formés de cellules unies bout à bout et remplies d’une masse verte, à une certaine époque ces cellules sur leur côté s’allongent en une sorte de poche. Les poches appartenant à deux filaments différents s’accolent par leur bout, puis se percent de manière à établir la communication d’une cellule à l’autre, et alors la masse verte de l’une passe dans l’autre, se confond avec celle qu’elle contenait déjà, et forme ainsi confondue le corps qui jouera le rôle de spore. Nous avons donc ici un plus grand degré de complication , puisque deux filaments distincts concourent à la formation d’une spore, et nous pouvons séparer ces Algues sous le nom de Synsporées (de cruv. qui indique l’union).

Nous en trouvons ensuite d’un tissu compliqué : les unes, il est vrai, consistent encore en des filaments simples, mais dans les autres ces cellules et filaments se réunissent entre eux pour former des corps plus composés, qui s’allongent en manière de tiges, ou s’aplatissent en lames; et ces expansions arrondies ou planes, qu’on appelle la fronde ( frons [fig. 502 /]), peuvent se ramifier un certain nombre de fois, souvent par dichotomie. De leurs cel-

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Iules il y en a qui font saillie à l’extérieur, souvent portées sur une sorte de pédicelle; et c’est dans celles-là c|ue la matière contenue s’organise en une spore à laquelle la membrane cellulaire forme une enveloppe ( périspore ), mais qui en outre se revêt d’une membrane propre ( épispore ), intimement unie à sa substance et continuant à la tapisser après qu’elle s’est échappée do sa membrane extérieure. On peut nommer ces A Igues A plosporées (d’a7rXooç, simple). Ce n'est pas toujours à la surface même de la fronde que se montrent les spores, mais elles se cachent souvent dans les conceptacles, ou cavités disséminées sur cette surface ( fi/j . 503), qu’elles continuent au moyen d’un petit canal ou osiiole (fig. 504) par lequel elles s’ouvrent au dehors.

Ce nom s’oppose à celui de Chorislosporées (de ywpiG-roç, séparé) par lequel on désigne la division suivante, celle qui comprend les Algues les plus élevées en organisation. Dans celles-là, les organes reproducteurs sont de deux sortes : les uns consistent en un corps saillant à l’extérieur, assez semblable à la spore des précédentes, si ce n’est qu’il forme une masse continue et n’est pas contenu dans un périspore dont il sorte pour germer; les autres se forment dans des cellules plus profondes aux dépens d’une masse d’abord simple , mais qui plus tard se partage en quatre spores. Celles-ci, dont l’existence est générale clans les Choristosporées , méritent véritablement ce nom; les premières, quoique susceptibles de germer de môme, sont plutôt analogues à des bulbilles. La plante entière présente la forme de rameaux ou de lames, et est toujours d’une couleur rouge, très-éclatante quelquefois; couleur qui passe au vert lorsqu’elle reste exposée à l’air. Les Aplosporées, au contraire, sont vertes sous l’eau, et se décolorent, en blanchissant, lorsqu’elles en sont dehors.

Les Algues les plus simples flottent sans tenir au sol, et les plus composées peuvent vivre aussi dans cette condition, quoique plus habituellement elles se fixent aux fonds et aux rochers par des prolongements qui ressemblent à des racines ; mais ce sont de véritables crampons et non des organes d’absorption. Car toutes ces plantes absorbent par toute leur surface l’eau qui leur porte leur nourriture, et présentent souvent dans leur composition les principes inorganiques contenus dans cette eau. C’est ainsi que la soude et l’iode se trouvent en grande abondance dans les marines, qu’on exploite pour en extraire ces substances. Leur sécrétion est un mucilage qui, dans un certain nombre d’espèces, est assez organisé pour servir à la nourriture de l’homme. Les nids de certaines hirondelles, qui sont recherchés en Chine comme un mets

fort délicat, doivent ce mérite aux Fucus avec lesquels l’oiseau les construit.

§ 733. champignons ( Fungi). -Tandis que les Algues vivent dans l’eau, les Champignons vivent dans la terre ou à sa surface,

abondant surtout sur les matières animales et végétales en décomposition. Quoique dans les uns l’organisation s’élève à un degré de composition évidemment supérieur à celle des Algues, elle descend dans d’autres à un degré égal, on peut dire, au dernier degré de simplicité, comme le montrera la classification suivante, due à

506. Une touffe de Champignons de couche [Agaricus campcslris), développés à divers degrés. — p Pied. — c Chapeau. — v Vélum qui unit d’abord le pied au chapeau, et plus tard, en se rompant, forme l’anneau a. — h Lames rayonnantes sous la face inférieure du chapeau, revêtues par Y hyménium.

507. Hyménium vu en dessus, et sur lequel les spores s se laissent apercevoir rapprochées quatre à quatre.

508. Une petite portion de l'hymenium, très-grossie et vue de côté. — h Son tissu. — b Basides avec leurs spores. On en a figuré supérieurement à part une qui en porte un plus grand nombre. — c Cystides.

509. Une petite portion du chapeau en forme de treillage du Clalhrus cnncellatus, avec l’hymenium qui couvre sa face interne et s’aperçoit sur le contour des lacunes l du treillage.

510. Hyménium beaucoup plus grossi, pour montrer la forme particulière des basides b. — .< Spores.

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