CHAMPIGNONS. Ô
M. le docteur Léveillé, dont les travaux ont jeté tant île jour sur la connaissance de ces végétaux.
Il y en a, en effet, qui consistent en filaments simples ou rameux, composés d’articles qui finissent par se séparer tantôt dans toute la longueur du filament, tantôt seulement à son extrémité. Chacun de ces articles est une spore, et par conséquent le végétal ne paraît composé que d’organes de la reproduction qui se confondent donc avec ceux de la végétation. On peut nommer ces Champignons Arthrosporés (J'apOpov, article, jointure).
D’autres, qu’on peut appeler Thrichosporés ( de Opi;, Ôptyoç, poil), présentent la même forme filamenteuse, simple ou ramifiée; mais leurs spores , au lieu de former le filament par leur union bout à bout, en sont bien distinctes et s’insèrent soit à son extrémité, soit plus bas, quelquefois isolées, plus souvent plusieurs ensemble; disposées en un faisceau terminal ou en vertieilles régulièrement étagés , ou enfin dispersées sur toute la surface depuis le bas jusqu’au haut.
D’autres fois les spores ne se trouvent plus ainsi au dehors, mais sont renfermées dans des vésicules membraneuses qui terminent des fi'ets capillaires simples ou rameux , continus ou cloisonnés. Ces vésicules sont donc de véritables sporanges ($ 601), qui indiquent déjà un plus grand degré de composition; à une certaine époque , elles s’ouvrent pour laisser échapper les spores contenues. C’est ce qu’on peut observer facilement sur la moisissure commune. Nous appellerons ces Champignons Cystosporés (de xucTTtç, vessie) .
Nous trouvons ensuite des filaments simples ou rameux, chaque filet ou chaque rameau terminé par une spore isolée, ovale ou ronde, simple ou cloisonnée. Mais tous ces filaments se rattachent à un corps commun ou réceptacle, auquel on est convenu de donner le nom particulier de stroma (cxpwjxaç, lit, matelas); et de là celui de Stromalosporés , par lequel on peut désigner ces Champignons. Le stroma, tantôt charnu, s’étend en une surface plane ou concave, laissant ainsi les spores saillantes à l’extérieur; tantôt coriace ou membraneux, il se recourbe et se referme au-dessus d’elles de manière à les enfermer dans une cavité qui s’ouvre au sommet par un pore. Quelquefois les pores de plusieurs stromates, groupés en cercle, viennent aboutir au même centre, qui semble ainsi une ouverture commune à tous. Lestromate est quelquefois exhaussé sur un pied plus étroit que lui, plus ordinairement sessile.
Supposons, au lieu des filets sporifères, un sac, soit globuleux, soit allongé en massue ou en cylindre, et contenant dans son inté-
rieur 4 ou 8'spores libres, ou, en un seul mot, ce que nous avons désigné (§ 604, fig. 494) par le nom de thèque, et ces thèques insérées sur un réceptacle commun qui, comme dans le cas précédent, ou les supporte, ou les enveloppe complètement: nous aurons les Champignons Thécasporés. Ici le réceptacle , en général beaucoup plus développé , ne porte plus le nom de stroma. Dans ses rapports avec les thèques, il présente cette suite de modifications que nous avons autre part signalées (§ 209) dans l’inflorescence des phanérogames entre les Heurs et l’axe qui les porte. Ainsi le réceptacle des Thécasporés peut être chargé de thèques sur toute sa surface extérieure (comme dans le Geoglossum), ou bien seulement à son sommet ordinairement renflé (comme dans la Morille ) ; ou bien sur la surface supérieure de cette même extrémité supérieure évasée en cupule (comme dans les Pezizes); ou bien cette cupule se referme au-dessus des thèques qui se trouvent alors cachées dans une cavité intérieure qui peut ou laisser à une certaine époque échapper les spores de son sommet ouvert, ou (comme dans la Truffe) rester close et ne leur donner issue qu’en se désagrégeant par décomposition. Les thèques sont souvent entremêlées de cellules allongées et vides ou paraphyses.
Enfin nous trouvons les Champignons les plus parfaits, et parmi eux ceux dont les formes nous sont le plus familières et qu’on est le plus habitué à connaître sous ce nom. Cependant nous en observons encore ici d’analogues aux précédentes, celles de massues, de masses ovoïdes ou sphériques, de cupules; l’une des plus communes et des plus remarquables (fig. 506) est celle d’un dùme ou chapeau (c) exhaussé sur un support ou pied (p) plus ou moins étroit, plus ou moins allongé. Mais ce qui distingue éminemment tous ces Champignons, c’est la forme de leurs organes reproducteurs. Ce sont de petits corps arrondis , terminés par deux ou plus souvent quatre pointes qui supportent chacune une spore à leur extrémité. On a nommé ces corps basides ( basi dium [fig. 508 ]) , et les Champignons qui en sont pourvus Jiasidiosporés. Assez fréquemment, mais non constamment, à ces basides se trouvent entremêlés en moindre nombre d’autres corps vésiculeux ordinairement plus volumineux, transparents, remplis, à ce qu’il paraît, par un liquide, sans pointes ni spores aucunes : on les désigne par le nom de cystides (fig. 508 c). Quelques auteurs les regardent comme destinées à la fécondation des spores, et jouant relativement à elles le rôle d’étamines; mais alors il faudrait les retrouver dans tous les Basidiosporés, ce qui n’a pas lieu : elles sont probablement les analogues des paraphyses. Ces basides et cysli-