‹ Cours élémentaire d'histoire naturelleChapitre 18 sur 262 · TIGE. RAYONS MÉDULLAIRES · texte numérisé non relu

TIGE. RAYONS MÉDULLAIRES

cales très-minces perpendiculaires aux rayons [fi g. 103). On voit les faisceaux, d’abord unis, diverger un peu, pour se réunir de nouveau plus bas, et laisser ainsi entre eux dans leur écartement un intervalle rempli par les cellules des rayons, dont les lames se moulent sur ces intervalles et présentent souvent ainsi un peu plus d’épaisseur vers le milieu qu’en haut et en bas.

C’est vers la périphérie du bois, et par conséquent dans la partie où ils se trouvent en rapport avec le système cortical , que les rayons offrent souvent le plus de largeur ; c’est là aussi que leur vitalité paraît le plus active. Elle paraît s'éteindre peu à peu dans le cœur du bois, à la couleur duquel leurs cellules participent et contribuent même notablement ; tandis que dans l’aubier, et surtout près de sa circonférence, ils sont remplis de fécule ou de sucs liquides, suivant la saison, et souvent colorés en vert par la chlorophylle. On peut donc les considérer comme liés plus intimement au

102. Coupe d’un rameau d’Érable commun, âgé d’un an, verticale et passant par la moelle, vue sous un fort grossissement. — On voit la lame formée par le rayon médullaire rm, étendue de la moelle m au parenchyme cortical ec, limitant dans son trajet 1° un faisceau ligneux composé de dehors en dedans par des trachées l et des fibres ligneuses fl, au milieu desquelles s'aperçoit un gros vaisseau ponctué vp, 2° un faisceau de fibres corticales fc.

103. Coupe verticale du même rameau, perpendiculaire aux rayons médullaires. — fl, fl Fibres ligneuses, formant de petits faisceaux (lexueux, qui laissent ainsi entre eux des intervalles traversés par les rayons médullaires rm.rm

système cortical qu’à la moelle, et c’est tout naturellement que nous passons de leur examen à celui de l’écorce.

§ 73. Nous savons que dans les premiers temps le système cortical ne se distingue pas du ligneux ; qu’un peu plus tard, dans chacun des faisceaux développés en cercle autour de la moelle, une mince ligne d'un tissu demi-fluide, le cambium (fig. 96 et 97 c), dessine elle-même un arc qui sépare ce faisceau en deux parties inégales, l'extérieure (fc). appartenant à l’écorce, beaucoup plus étroite que l'intérieure [fb), appartenant au bois; que toute la zone cellulaire qui est en dehors des faisceaux forme le parenchyme cor • tical, dans lequel on peut distinguer, outre l'épiderme (ep), deux modifications bien distinctes, benveloppe subéreuse (p) et l’enveloppe cellulaire (e c); qu'enfin dans cette enveloppe, et entremêlés aux faisceaux de libres corticales, circulent en général de nombreux lalicifèrcs. L’écorce, comme le système ligneux, offre donc une portion cellulaire et une portion fibro vasculaire. Mais ici il y a inversion et dans la situation et dans la proportion relative des parties ; car le parenchyme, cette sorte de moelle de l’écorce, occupe son pourtour ; et elle offre un développement plus grand, des formes plus variées que les faisceaux fibro-vasculaires, tandis qu’au contraire dans le bois nous avons vu ces faisceaux beaucoup plus développés et beaucoup moins simples que la moelle.

En conséquence de cette situation inverse des parties, nous sui- \ rons une marche inverse également dans leur examen ; nous considérerons d’abord la partie cellulaire et extérieure, qui est la première formée; puis les faisceaux et les libres, qui composent la partie intérieure de chaque couche; car nous savons (§58) que dans nos arbres de chaque année il se forme une couche d’écorce en même temps qu’une de bois. Mais de la situation inverse de la première résulte un effet qu’il était facile de prévoir. Tandis que les zones de bois restent immobiles, la nouvelle s’adaptant sur une plus ancienne qu’elle vient recouvrir, les zones d’écorce sont incessamment repoussées en dehors, pour faire place à d’autres plus jeunes, et surtout aux nouvelles couches ligneuses qui se forment au dedans d’elles. Une fois qu’elles ont atteint tout le développement dont elles sont susceptibles, ne pouvant se prêter à une extension indéfinie, elles subissent nécessairement des altérations plus ou moins graves, qui sont d’ailleurs augmentées par leur position au dehors ; (files se fendent dans divers sens, se détachent par plaques ou par

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