CONIFÈRES
mille , qui ue comprend aucune plante herbacée. Nous avons fait connaître (§ 7, fig. 33, 34) la nature particulière de leurs fibres marquées de grands pores régulièrement disposés. A l’exception de quelques trachées distribuées dans l’étui médullaire, ce sont ces fibres seules qui constituent tout le bois, et auxquelles celui d’une Conifère peut facilement se distinguer de toute autre presque sans exception. La forme des feuilles réduites, comme dans les Pins, Sapins, Mélèzes, etc., «à des lames très-étroites ou même à des sortes d’aiguilles (fig. 133) est moins caractéristique; car on les voit s’élargir davantage dans d’autres genres (Araucaria. Cuninghamia), et même tout à fait à la manière des limbes ordinaires (Dammara, Gincko). Faisons remarquer que dans plusieurs les derniers rameaux se raccourcissent assez pour que ces feuilles aciculaires se rapprochent en faisceaux et semblent partir deux ou plusieurs du même point (Pins, Mélèzes).
Les fleurs sont monoïques ou dioïques. Les mâles consistent en petits chatons (fig. 558) chargés d’anthéres éparses ou plus souvent d’écailles qui portent une ou plusieurs anthères (fig. 559). Ils se groupent souvent en une inflorescence commune, une sorte d’épi serré. Chaque anthère ou chaque écaille staminifère est considérée comme une fleur. Les femelles sont ces ovules nus dont nous avons parlé, et qui, de forme un peu diverse, sont portés au nombre d’un, de deux ou pl us sur une écaille (fg. 564, 562). Ces écailles ovulifères se groupent sur un axe commun en un cône plus ou moins allongé (fig. 430), et auquel on donne quelquefois aussi le nom de galbule, lorsqu’il est très-court et composé d’un très-petit nombre d’écail les (fg. 431). D’autres fois plusieurs écailles s’imbriquent sans porter d’ovule, mais forment ainsi une sorte d’involucre commun autour d’un seul ovule ou de deux au plus, qui alors sont en outre enveloppés plus ou moins complètement par une cupule.
C’est d’après ces diverses modifications du fruit qu’on peut partager en plusieurs tribus, ou mieux en plusieurs familles, celle des Conifères, qui doit par conséquent être plutôt considérée comme une classe. Dans les Abiétinées, les écailles nombreuses forment un cône et portent chacune soudés a leur base des ovules renversés: dans les Cupressiuées, réduites à un petit nombre, elles forment un galbule, dont chaque écaille porte des ovules libres et dressés. Une cupule entoure ou enveloppe l’ovule dans les Taxinées, dont les étamines sont nues, et dans les Gnétacées , dont les étamines offrent un petit périanthe à la base de chaque étamine, et, de plus, des tiges articulées.
La graine des Conifères [fig. 564) est remarquable en plusieurs points : d’abord par la présence de plusieurs embryons rudimentaires dans chacune, embryons disposés en verticille autour d’un seul qui se développe; cette pluralité d’embryons est au reste encore plus marquée dans les Cycadées. L’embryon développé occupe l’axe d’un gros périsperme charnu; nous avons vu que souvent il est polycotylédoné (§ 571, fig. 467), et un autre caractère encore plus exceptionnel, c’est que par l’extrémité de sa radicule il est soudé avec le périsperme environnant : ce qui n’a pas lieu dans les Cycadées.
On voit à quel degré de simplicité descendent dans ce groupe les organes de la reproduction, réduits à des anthères et des ovules, quelquefois même à leur unité. On n’en trouve pas de plus ni même d’aussi simples dans les monocotylédonées, et c’est ce qui nous a fait dire que ces deux grands embranchements des phanérogames, considérés sous ce rapport, marchent plutôt parallèlement que successivement en une série progressive.
Le bois des Conifères est employé avec avantage pour toutes sortes d’ouvrages et de constructions. Il le doit à l’abondance de la résine sécrétée dans son tissu, qui lui communique un degré plus ou moins grand d’imperméabilité à l’eau, et, par suite, une grande durée de conservation. Cette résine, liquide pendant la vie, se concrète après la mort par l’évaporation des huiles essentielles qui la tiennent en dissolution. On la trouve dans toutes les parties, mais accumulée surtout dans de grandes lacunes régulièrement distribuées dans l’écorce. Elle varie suivant diverses espèces, ou elle se mélange de principes divers, et, d’après ces différents états, prend les noms de poix, de baumes, de térébenthine. C’est aussi de là que proviennent le storax et la sandaraque. Les résines exercent sur l’économie animale un effet stimulant ou même irritant, pour lequel elles servent à la médecine, qui emploie en conséquence diverses parties ou divers produits de plusieurs espèces appartenant à la famille qui nous occupe. Les galbules du Genièvre, qu’on nomme cà tort baies, à cause de leurs écailles charnues soudées en un corps en apparence simple, servent dans la fabrication de la liqueur de ce nom, autrement gin , qui lui doit sans doute sa saveur dominante el quelques-unes de ses propriétés, mais à laquelle concourent plusieurs autres fruits indigènes sauvages, plus riches en principes sucrés. Les résineux n’existent pas encore dans l’amande de la graine ; douce et huileuse, elle se mange dans quelques espèces où elle est assez volumineuse, notamment dans le l’in pignon.
AME1NTACÉES. 591
Les Cycadées sont aussi gorgées d'un suc répandu dans tout leur tissu et accumulé dans des lacunes; mais il est d’une nature différente, mucilagineux et fade.
§ 76 i. Parmi toutes les familles diclines angiospermes, nous en citerons particulièrement quelques-unes.
Autrefois on en confondait plusieurs sous le nom d’Amentacées, toutes unies par le caractère commun de leurs fleurs mâles en cha-
565-571. Organes de la fructification d une Cupulifère , le Coudrier ou Noisetier [Cary lus avellana ).
565. Ecai le staminifère e on fleur mâle, vue séparément. — a Etamines.